Au bout de deux tpb, je dois dire que la She-Hulk de Slott me paraît très bonne.
Il a repris le schéma le plus marvelien du monde, l'opposition entre l'identité secrète et la persona publique du héros, mais en l'inversant : c'est plus en tant que jen walters que l'héroïne déploie sa puissance qu'en tant que she-hulk où elle se comporte de manière capricieuse et désinvolte, et on insiste pas mal sue l'impossibilité de résoudre les problèmes par la force brute.
Dans la série, elle travaille pour un cabinet d'avocats spécialisé dans les procès impliquant des super-humains ou du surnaturel et ça donne quelques situations très originales, comme une issue qui montre un procès dans lequel la victime du meurtre témoigne comme fantôme ou un court arc dans lequel Spider-man attaque le Buggle pour le préjudice moral causé par les unes de Jonah.
Y a un bon délire aussi avec le fait que dans la diégèse les comics Marvel existent réellement - un peu comme dans le film Logan ou dans The Boys - et que ceux ayant été approuvés par la CCA peuvent servir de preuves dans un procès.
Globalement c'est un titre ultra calibré marvel, beaucoup d'intégration de la vie quotidienne dans la série, une certaine "coolitude" rattachée au personnage, de l'humour dans le traitement, de la recherche d'originalité, de créativité exhibée. C'est marrant d'ailleurs parce que c'est une série qui a bientôt quinze ans mais qui pourrait tout à fait figurer à côté de ce que l'éditeur vend aujourd'hui en comics un peu décalés - comme la silver surfer du même auteur d'ailleurs.
Ca fait deux titres de Slott que j'enchaîne sur des personnages somme toute relativement secondaires et en plus d'être excellent dessus dans les deux cas il se place explicitement dans son écriture dans une entreprise qui fait des appels de pied directs aux comics du silver age, qui apparaissent effectivement dans la diégèse dans les deux cas. Je comprends d'autant moins son taf sur spider-man du coup.
J'avais eu envie de tester à une époque, mais finalement je l'ai jamais choppé. Elle était sortie en Monster il me semble.
Est-ce que c'est comme celle de Byrne avec le perso qui brise le 4eme mur? J'avais vraiment bien aimé celle de Byrne.
Bonjour, je suis à la recherche de comics underground / "ovni" dans leurs mise en page, visuel et concept.
Pour vous donner un ordre d'idée j'ai déjà lu / aimé :
Sandman (énorme coup de coeur)
Hellblazer
Saga
Sin City
Descender
Fables
Hellboy
Transmetropolitan
Le 31 janvier 2018 à 15:15:48 salang_ a écrit :
Bonjour, je suis à la recherche de comics underground / "ovni" dans leurs mise en page, visuel et concept.
Pour vous donner un ordre d'idée j'ai déjà lu / aimé :
Sandman (énorme coup de coeur)
Hellblazer
Saga
Sin City
Descender
Fables
Hellboy
Transmetropolitan
Alors, déjà lis dieu, alias Alan Moore.
-Watchmen - Promethea - From Hell
Ensuite le diable, alias Frank Miller.
-Ronin, mais surtout Dark Knights Return.
L'artiste, Alex Ross.
- Astro City et l'incroyable et magnifique Kingdome Come( de Mark Waid)
Mark Waid.
- Trinity.
Warren Ellis ( attention chef d'oeuvre en approche)
- Black Summer - No hero - Supergod
- Planetary
- Desolation Jones (impossible à trouver complet en Vf je crois)
Grant Morrison (l'homme qui a rallumé la flamme dans mon coeur)
- Joe the Barbarian (Joe l'aventure intérieure)
- We3 (Nous3)
- Kill Your Boyfriend
- Kid Eternity
- The Filth
- The Invisibles
- Seven Soldiers of Victory
Garth Ennis.
- The Boys
- plein d'autres trucs que j'ai pas en tête.
Alan C. Martin
- Tank Girl (disponible chez Ankama en intégrale et ca c'est cool car les publications en France on était plus que chaotiques)
Mark Millar
- Pour la quasi intégralité de son oeuvre, mais bon on va dire Superior et Jupiter's Legacy
Il y en a encore plein d'autres. Je serais toi je jetterai un œil sur ce qui ce fait chez 2000 AD dont sont issu presque tous les scénaristes/dessinateurs que j'ai cité. Rien que pour Zénith et Judge Dredd ca vaut le coup.
ça marche je note pour les titres que je connais pas
merci !
Le 31 janvier 2018 à 14:03:38 Titanium3819 a écrit :
J'avais eu envie de tester à une époque, mais finalement je l'ai jamais choppé. Elle était sortie en Monster il me semble.Est-ce que c'est comme celle de Byrne avec le perso qui brise le 4eme mur? J'avais vraiment bien aimé celle de Byrne.
Jusque là je n'ai pas vu ça non. Comme souvent chez Marvel, y a des blagues reposant sur une rationalisation trop forte de l'univers - Walkyrie qui doit obtenir un permis pour son cheval volant, Hercule attaqué par Constrictor parce qu'il lui a démonté la gueule -, des éléments de réels directement intégrés - Howard the duck se plaignant qu'on ait pas fait d'autres films sur lui - et ce principe que j'ai évoqué dans mon message selon lequel les comics Marvel existent vraiment dans la série et peuvent servir de preuve durant les procès mais pas de quatrième mur dans les deux premiers tpb.
Après je peux guère t'en dire plus pour comparer les ambiances parce que bien qu'adorant le gars j'ai pas lu celle de Byrne.
Quelqu'un a des news sur le probable transfuge de Jonathan Hickman chez DC?
Pour moi la She-Hulk de Byrne à été les prémices (en moins lourd) de ce qu'est devenu Deadpool ensuite. Un scénario loufoque avec un personnage qui sait qu'il faut partie d'un comics et qui brise régulièrement le 4ème mur pour s'adresser au lecteur ou, plus souvent, à son auteur/dessinateur pour commenter ce que ce dernier lui fait subir. C'est clairement une série humoristique avant tout.
J'avoue que la surutilisation de cette technique dans différents médias - et notamment dans les produits estampillés Deadpool - m'a un peu cassé les couilles ces derniers temps mais chez Byrne ça doit être sympa, je testerai à l'occase je savais pas qu'il avait gratté sur le perso.
Le 31 janvier 2018 à 16:33:50 salang_ a écrit :
ça marche je note pour les titres que je connais pasmerci !
J'ai oublié, Punk Rock Jésus de Sean Murphy. Ce type est fou et ce one shot est dingue.
Ouais Punk Rock Jesus c'est un must have
J'ai commandé les deux TPB de midnighter des new 52 pour découvrir le personnage et
je m'attendais pas du tout à ça une grosse claque j'ai adoré ça vaut vraiment le coup d'œil !
Dommage que ça ne sorte pas en France.
Le 02 février 2018 à 14:18:50 Vincentfer66 a écrit :
J'ai commandé les deux TPB de midnighter des new 52 pour découvrir le personnage etje m'attendais pas du tout à ça une grosse claque j'ai adoré ça vaut vraiment le coup d'œil !
Dommage que ça ne sorte pas en France.
Si tu veux vraiment lire du Midnighter en français Urban a publié l'integrale de Stormwatch et The Authority, là tu vas prendre très cher. C'est juste cultissime et si Stormwatch tourne en rond The Authority est un chef d'oeuvre, juste pour te situer le truc première partie de The Authority, Warren Ellis - Bryan Hitch, seconde partie, Mark Millar - Frank Quitely.
Perso j'ai pas accroché du tout à The Authority.
Je peux concevoir que pour quelqu'un qui l'a découvert à l'époque de sa sortie ça ait été novateur et que ça ait marqué les esprits en conséquence. Mais aujourd'hui ça m'apparaît franchement brouillon en terme de scénar et le dessin ne surprend plus autant qu'à l'époque. Pour la peine, et ça m'étonne presque de le dire, j'ai préféré la partie de Millar à celle de Warren Ellis, qui m'a semblé au moins raconter quelque chose d'un peu intéressant.
Mais je dois avoir un truc contre le style Warren Ellis parce que même Planetary m'a moyen conquis (mais pour le coup je reconnais sans peine que c'est un travail de qualité, j'ai juste pas été emballé par la façon dont il gère sa narration).
Warren Ellis c'est la vie.Transmetropolitan m'a mis une claque à l'époque et a changé ma vision des comics.
Je viens de finir Patience de Clowes, que je faisais traîner en le lisant par petits morceaux.
J'ai acheté le truc d'occase sans trop savoir ce que c'était, et ayant lu le gars jusque là que sur du récit plus ou moins tranche de vie ou autobiographique, j'ai été vaguement surpris de voir que l'on s'orientait vers une intrigue de voyage dans le temps, même si les obsessions de l'auteur sur la question de l'identité et du couple restent au premier plan.
On a affaire, pour résumer, à l'histoire de deux jeunes mariés bientôt parents, deux white trash comme dans tous les bouquins de Clowes, dont la vie maritale va prendre fin brutalement lorsque la femme, Patience, se fera assassiner par un agresseur inconnu dans leur appartement. Le mari, Jack, va pourrir dans la solitude et la rancœur pendant seize ans avant de pouvoir, vieilli, mettre la main sur une machine temporelle qui lui permettra, il l'espère, de remonter dans le passé et d'empêcher ce crime pour lui garantir la vie de famille dont il a n'a jamais pu se consoler de la privation. La série dépeint ses différentes tentatives à travers les époques le long d'épisodes plus ou moins malheureux qui le mettent en contact avec le passé difficile de sa femme.
Par-delà l'exploration de la difficulté à se reconstruire après un traumatisme et à créer une intimité confiante après la maltraitance, que Clowes a déjà explorée autrement, le côté sympa de la série c'est surtout de voir comme il se fout des conventions du récit de voyage dans le temps en mettant un doigt à des règles archétypales du genre comme "ne pas trop intervenir", "ne pas croiser son double" ou autre, il exploite le bon vieux trope du type qui peut parier sur un match, et d'ailleurs l'intrigue rebondit par moments de manière presque invraisemblable - mais de façon voulue - pour souligner j'ai l'impression une relative inanité de ce genre de science-fiction.
Le revers de la médaille, c'est que tout fonctionne presque trop bien, sa boucle est trop lissée, et sur la fin ça perd non pas en spectaculaire forcément mais en viscéralité, on sent qu'on est dans un récit fait pour être pathétique et au besoin légèrement dérangeant mais il décide de conclure sur une note qui n'est pas celle-là et cette discordance m'a gêné. J'étais plus enthousiaste aux trois quart du bouquin qu'après l'avoir refermé.
C'est pas mal du tout en somme, pas aussi audacieux qu'on pourrait l'attendre d'un type comme Clowes qui entreprend la démarche intéressante de subvertir un genre très genré justement au profit d'une écriture et de questionnements qu'on pourrait dire "d'auteur" entre guillemets, mais chouette tout de même.
Sans rapport mais j'ai voulu lire Toxic de Burns à la bibliothèque, sans savoir que c'était une série en trois tomes. Dans l'édition fr que j'ai empruntée c'est pas écrit sur la tranche, c'est impossible à deviner par les titres et c'est mentionné nulle part à l'intérieur du bouquin, sans omettre le fait que c'est une série à l'univers tellement barré et dérangeant qu'on ne suppose pas forcément qu'il y a un avant quand on est largué dedans.
Du coup je me suis rendu compte de manière complètement hasardeuse que j'avais les tomes deux et trois - par chance et par hasard j'ai commencé par le second -, mais maintenant j'ai pas le un sous la main, ça me casse les couilles de le chercher pour lire le trois mais cette conscience de pas avoir le début de l'histoire me freine également, en bref c'est chiant et éditorialement ça a strictement aucun intérêt de présenter les choses comme ça.
Si quelqu'un veut se lancer dedans, faites gaffe vérifiez la page wikipédia.
De Clowes j'aimais bien le cynisme de certains strips ou histoires courtes de son recueil Eightball, voire Ghost World par certains côtés (même si je préfère le film pour le coup), mais tout le reste que j'ai lu de lui est d'un ennui effarant et me donne une image à la limite du pitoyable du bonhomme. Du coup j'ai pas tenté Patience.
Sinon, j'ai tenté la série Legion cette semaine, après en avoir entendu tant de bien. Punaise, je suis ultra déçu.
Globalement j'ai bien aimé le premier épisode pourtant (et ce même alors que je l'ai vu en VF), il y avait un petit quelque chose de sympa dedans avec ces délires visuels et ce côté un peu WTF. On se dit qu'on est parti pour un voyage un peu barré mais on espère quand même que ça aura un sens à la fin.
Et putain, qu'est-ce que je me suis fait chier avec les épisodes suivants, c'est le jour et la nuit... Dans l'ensemble je trouve le cast relativement bidon, y en a absolument aucun qui sort du lot - même sa fausse copie du pauvre de Rogue qui lui sert de copine est totalement dénuée de charisme. Le seul qui est un minimum intéressant c'est le black mais au bout de 2 épisodes, pouf on l'oublie. Le reste est soit inexistant (la vieille, le méchant avec sa sale gueule), soit plutôt ridicule à mon avis (la meuf qui fait que se battre, le mari de la vieille). Et y a d'ailleurs quelques scènes que je trouve assez malaisantes où les scénaristes ont dû essayer de faire un truc qui sort du lot "histoire de", mais ça marche pas pour moi. (l'intro avec le mec qui monologue dans son glaçon, la danse du shadow king, le mec qui construit son mur de lettres sur de la musique classique pour essayer de protéger le couple des balles,...)
D'ailleurs de manière générale j'ai trouvé les dialogues plats et y a de longs passages où je me suis vraiment fait chier du coup. A la limite, ça remonte un peu lors des 2 derniers épisodes parce qu'il y a un travail de forme un peu plus poussé que sur le milieu de l'intrigue (même si pour ma part j'ai pas bien compris l'intérêt de certains délires visuels / narratifs) et parce que certains éléments abandonnés du premier épisode refont surface. Mais dans l'ensemble ça m'a vraiment pas emballé. C'est bien parce que c'est le shadow king (ennemi emblématique du prof Xavier) que je me suis accroché, mais sinon on a même pas l'impression qu'il s'agit d'une série sur les mutants.
Bref. ![]()
Je viens de me lire un tpb VO de Captain America par Mark Waid & Ron Garney : To Serve and Protect. Trouvé dans le rayon VO de ma bibliothèque, ce tpb rassemble les 7 premiers épisodes de la série version Heroes Return, la renaissance des héros Marvel après leur mort aux mains d'Onslaught dans les années 90 et après l'opération foireuse Heroes Reborn où les Image Boys avaient massacré les classiques (pour Cap ce n'est pas moins que Rob Liefeld qui nous a offert une horreur qui se trouve être - heureux hasard? - la seule série Heroes Reborn que j'aie lue quand j'ai démarré les comics il y a plusieurs années). Ces épisodes ont également été publiés en VF dans le premier Best Comics centré sur le personnage.
Je dois dire que j'ai trouvé ça très bon, vraiment. En même temps Mark Waid n'a plus vraiment besoin de prouver sa valeur en tant que scénariste, mais j'avoue que j'appréhendais un peu car j'ai toujours été entre deux eaux concernant Cap. J'aime bien le personnage mais son côté ultra américain, à la limite de la propagande, m'a toujours un peu effrayé.
Ici Waid joue intelligemment avec l'aspect iconique du personnage justement, car celui ci ayant disparu pendant un an, le voici sujet à une véritable cap-mania qui s'est développée alors que tout le monde le croit encore mort. Cap se réveille au Japon dans une atmosphère tendue car des terroristes locaux menacent de forcer dans un bain de sang le retour des traditions qui s'effacent devant la culture occidentale mercantile. J'ai trouvé le traitement du sujet assez fin car Cap lui même se rend compte que le fait de voir partout des panneaux publicitaires pour Marlboro ou Coca-cola dans un pays qu'il a connu et admiré pour son visage traditionnel à l'époque de la WW2 n'a rien d'une victoire culturelle en soi.
Et le constat se poursuit en Amérique car dès son retour sur le sol natal, Cap (alors privé de son fidèle bouclier) est confronté de multiples fois à l'Hydra et chacun de ses succès déchaîne les foules populaires. Une passion du public dont il se passerait volontiers et qui conduit dans les derniers numéros à une petit retournement de situation assez bien amené et qui, sans trop spoilers, préfigure totalement les évènements de la Secret Invasion de Bendis qui viendra bien des années plus tard chambouler l'univers Marvel. À l'issue des 7 numéros, le personnage fait un bilan de ce qu'il représente et le discours sonne juste, sans trop de patriotisme exacerbé qui m'aurait dérangé.
En somme, un bon cru pour ce Captain America de Mark Waid qui utilise intelligemment son personnage pour livrer une histoire simple mais néanmoins intéressante à plus d'un titre.
Aux dessins, Ron Garney n'avait pas encore totalement affirmé le style qu'on lui connaît aujourd'hui (sur Wolverine ou Men of Wrath par exemple) mais il livre une bonne prestation quand même. À l'image de nombreux artistes qui ont commencé dans les années 90, comme Chris Bachalo par exemple, c'est assez étonnant de voir l'évolution (enfin plutôt la rétro-évolution) de son style, qui paraissait alors beaucoup plus académique que maintenant.
Je conseille la lecture à ceux qui veulent lire autre chose que du Brubaker ou Nick Spencer sur le personnage.
Rectification, le Best Comics ne contient que les 4 premiers épisodes semble-t-il, du coup c'est dommage car les 7 font un ensemble cohérent et je ne comprends donc pas bien la façon dont Panini à choisi de découper. D'autant plus que les Best Comics suivants ne prennent pas la suite directe du premier.