En règle générale c'est ce qui fait l'intérêt du comics de toute façon. La confrontation de bases avec des regards relecteurs.
Je suis dans la littérature perso comme vous le savez, et plusieurs immenses écrivains ont avancé l'idée que de toute façon on écrivait jamais rien de foncièrement neuf depuis certains récits fondateurs et incontournables de l'Antiquité. Seul changeait le regard dont on pouvait habiller des grands sentiments humains et des grandes passions qui paraissent universels. C'est évoqué par exemple dans un texte magnifique de Borges intitulé "L'Autre", dans Le Livre de sable, où l'auteur réutilise brillamment le motif de la rencontre du vieux avec sa propre version jeune du passé.
Le comics de super fondamentalement c'est ça, il naît de la confrontation d'une vieille culture - essentiellement juive et italienne - émigrée avec les attraits et les défauts du nouveau monde. En ça c'est un genre qui est éminemment classique et c'est pour ça que c'est passionnant.
C'est la réconciliation de la tension constante entre l'éternel et le passager. C'est pas étonnant d'ailleurs que le comics de super se soit toujours montré historiquement assez progressiste quant aux normes sociales mais conservateur dans la structure de ses récits.