J'ai lu ça tout à l'heure, et j'ai pas été séduit. Tout d'abord les dessins sont passables mais pas fantastiques, n'en faisant clairement pas un des points forts du titre. Le décor est tout d'abord entièrement urbain, assez aseptisé et répétitif, accentué par la quasi unité de lieu du récit qui se concentre dans cette froide et anonyme barre d'immeubles, constitués d'appartements tous semblables. L'auteur abuse un peu des fonds blancs, ou de flou pour les éléments assez lointains. De manière générale on ne ressent pas un sens aigu du détail.
Pour comparer à une autre de ses oeuvres comme Prophecy, l'environnement est là aussi entièrement urbain, mais les lieux plus diversifiés, avec des cyber-cafés, appartements, locaux de police, décharge. De plus les personnages ont beaucoup plus d'aura, alors qu'ici ils ne dégagent strictement rien et sont assez plats et inintéressants, la faute aussi au format oneshot qui a pas mal de désagréments en ce domaine et permet peu je trouve de s'investir dans une histoire. Le prof et son gamin qui se défenestrent sont par exemple totalement inutiles. On peut noter aussi la sensation de passer du coq à l'âne avec des scènes rapidement expédiées.
Quant à l'histoire, le thème assez largement traité ne le rend pas pour autant inintéressant, mais malheureusement on se heurte vite à un écueil pour moi rédhibitoire. Le problème est que je ne crois pas une seule seconde en cette histoire. Une lettre dans le jeu explique que le cerveau mis face à un univers si proche de la réalité finirait par confondre les deux puisque celui ci ressent les émotions simulées virtuellement. Je n'arrive pas à y croire un instant car à moins de l'utilisation d'une technologie particulière, je vois pas comment ce phénomène serait possible.
A partir de là, difficile de trouver un quelconque intérêt à cette histoire. Comme nous sommes dans un oneshot, certains passages paraissent assez étranges, comme notre hacker qui se sauve par le balcon pour échapper à une vieille femme de ménage un peu enrobée, WTF ? De même que la découverte de la faille dans le programme seulement après avoir découvert l'identité du tueur, il ne pouvait pas le faire avant ? Enfin, on ne peut que deviner les motifs de ce grand brulé, d'abord mué par la vengeance mais devant l'ivresse du pouvoir procuré par le contrôle total des utilisateurs de son monde virtuel, vient à tuer des innocents totalement étrangers à son malheur. Assez peu impressionnant comme ennemi.
En bref, un manga plein de défauts qui ne vaut pas le coup qu'on s'y arrête, surtout quand on voit le travail de l'auteur par ailleurs sur d'autres titres.
