Les américains voudraient interdires les mangas, ça nuit à leurs compagnies de bandes dessinées.
Après les dessins animés et les jeux vidéos, les mangas: la culture pop japonaise continue à prospérer aux États-Unis, où les superhéros Spiderman ou Hulk doivent désormais cohabiter avec des samouraïs vagabonds ou de jeunes lycéennes effrontées de Tokyo.
Comme de nombreuses jeunes Américaines, Linda Pfeiffer, collégienne de 15 ans, n´a jamais accroché avec les comics traditionnels lus par son frère, qui glorifient le muscle, les super-pouvoirs et les femmes fatales plantureuses. En revanche, elle dévore les bandes dessinées japonaises parce que «je peux m´identifier aux héros, même s´ils vivent dans un pays lointain, très différent du nôtre».
«Et les mangas ne se terminent pas toujours bien, contrairement aux comics», ajoute-t-elle en fouillant dans les rayons d´une librairie spécialisée de la région de Washington.
Grâce à l´enthousiasme d´adolescentes comme Linda, les mangas représentent «l´un des secteurs les plus dynamiques de l´édition américaine», relève Milton Griepp, fondateur d´ICv2, une société d´étude du marché de l´animation. Leurs ventes ont ainsi bondi de 60 millions de dollars en 2002 à entre 110 et 140 millions l´an dernier, une année féconde avec un millier de titres publiés, selon ses estimations.
Mais cet enthousiasme a un très mauvais coté, les éditeurs de bandes dessinées traditionnelles en arrachent, et se tourne vers le gouvernement pour faire interdire les mangas aux États-Unis.
Une loi américaine permettrait d´interdire toute publication d´origine étrangère qui incite à commettre un crime, et selon certains élus, les mangas incitent à des actes criminels violents, ce qui pourrait menner à leur interdiction en sol américains.
Espérons que cela ne se produira pas.