C’est énorme ! Médias-participations, la holding de tête du groupe Dargaud/Lombard vient de conclure le rachat des éditions Dupuis formant ainsi l’un des plus gros conglomérats de BD au monde.
Créées en 1938 autour du journal de Spirou, les éditions Dupuis étaient depuis des années dans le groupe de tête des leaders de la BD affichant pour 2002 un chiffre d’affaire de plus de 70 millions d’euros composé essentiellement de vente d’albums de BD mais aussi d’une activité audiovisuelle ( feuilleton Largo Winch, dessins animés Spirou et Kid Paddle, etc), et très bien implantée en Flandre et en Hollande. Elle appartenait depuis le rachat à la famille Dupuis en 1985-86 à la CNP, une société contrôlée par le magnat belge des finances Albert Frère. En perte de vitesse ces dernières années, malgré un management dynamique, Dupuis avait raté notamment la vague des mangas, principal moteur de la croissance des éditeurs de BD en France ces dernières années.
De son côté, le Groupe Médias-Participations, une holding franco-belge fondée en 1984 par un actionnariat proche de la famille Michelin détenait les labels Dargaud, Lombard, Rustica et Fleurus notamment. Son activité BD est regroupée dans le groupe Dargaud qui affichait en 2002 un chiffre d’affaire de 78 millions d’euros. Depuis quelques années, cette société avait entamé une politique d’expansion, en particulier dans l’audiovisuel, rachetant notamment le catalogue de dessins animés Ellipse à Canal Plus, et dans la jeunesse en acquérant l’année dernière le label Mango. Le groupe ne cachait pas ses volontés d’expansion puisque, il s’était porté candidat pour le rachat d’Editis au groupe Lagardère pour un montant proche de 600 millions d’euros. Editis a finalement été racheté au groupe Lagardère/Hachette par Wendel Investissements, non sans quelques grincements de dents parmi les leaders de l’édition française.
Cette concentration résultant de la mondialisation de l’économie et dont le rachat de Casterman/Fluide Glacial par Rizzoli/RCS était un signe avant-coureur, consacre un nouveau leader de la BD européenne qui laisse loin derrière les outsiders français indépendants comme Glénat, Soleil et Delcourt. Il se hisse, dans le domaine strict de la BD, dans le groupe de tête des plus grosses sociétés internationales parmi lesquelles ne figurent que des Japonais ou des Américains . C’est aussi la dernière société indépendante d’édition de BD en Belgique à passer aux mains d’actionnaires étrangers, symbole d’une époque définitivement révolue.
Cette information a été confirmée par un communiqué de la CNP, qui annonce que " conformément à l’organisation habituelle du groupe Media-Participations, les différentes maisons continueront à croître dans une indépendance et une liberté éditoriale totale." Les activités de Dupuis resteraient centralisées à Marcinelle.
Le texte intégral du communiqué de presse de Media-Participations, tel qu’on peut le trouver sur le site de Dargaud.
" La CNP ( groupe Albert Frère) et Média-Participations ont annoncé aujourd’hui la signature d’un accord prévoyant la cession des Editions Dupuis. Cet accord conduit à la création du premier groupe européen de bande dessinée.
A partir de l’imprimerie créée par Jean Dupuis à Marcinelle à la fin du XIXème siècle, les Editions Dupuis ont, autour du magazine Spirou, constitué au fil des années l’un des plus beaux catalogues de bande dessinée qui a vu naître, outre Spirou, de nombreux héros mythiques comme Boule et Bill, Les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, Lucky Luke... ou plus récemment Cédric, Les Tuniques bleues, Kid Paddle, Le petit Spirou ou Largo Winch.
Par cette acquisition Média-Participations ( Dargaud, Fleurus, Rustica, Mango, Chronique...) renforce ses activités dans la bande dessinée dont elle était déjà un acteur majeur grâce à des marques reconnues comme Dargaud, Lombard, Kana, Blake et Mortimer, Lucky Comics...
La constitution d’un leader incontestable permettra de conforter la croissance de ce secteur, l’un des plus dynamiques de l’édition francophone. La richesse du nouveau catalogue du groupe ainsi constitué favorisera le développement de l’ensemble des activités sur lesquelles les deux maisons sont déjà présentes aujourd’hui : diffusion, magazine jeunesse, vente par correspondance, production de dessins animés, édition vidéo...etc.
Conformément à l’organisation habituelle du groupe Média-Participations, les différentes maisons continueront à croître dans une indépendance et une liberté éditoriale totale. Dans cette perspective, l’ensemble des activités de Dupuis continuera a être assuré à partir du siège actuel à Marcinelle."
Premier développement du rachat de Dupuis par Média-Participations : l’annonce de la démission de du directeur général de l’éditeur de Marcinelle, Jean Deneumostier. Il sera remplacé par le PDG de Dargaud, Claude de Saint-Vincent. Par ailleurs, nous disposons de plus d’informations qui racontent les conditions du rachat.
Le communiqué de Dargaud daté d’hier était muet sur la question, mais le quotidien Le Monde daté de dimanche 27/Lundi 28 juin 2004, sous la signature de Yves-Marie Labé et Alain Salles, le confirme : le directeur général des Editions Dupuis, Jean Deneumostier a présenté sa démission. Présent dès les premières heures de la reprise de Dupuis par Albert Frère en 1985, cet homme venu de la grande distribution avait mené l’éditeur belge avec prudence et mesure aux portes du 21ème siècle, diversifiant son activité dans la production de télévision avec Dupuis Audiovisuel, mais aussi en se positionnant à la place de N°2 en Hollande et en Flandre, derrière le groupe Standaard.
Il quitte le navire Dupuis moins d’un an après le départ de l’ancien directeur général Philippe Buck ( voir notre article « Big Bang à la tête des Editions Dupuis »), preuve que la défiance de l’actionnaire vis-à-vis de son management était de mise. A l’époque, nous nous interrogions : « Est-ce là la conséquence de la décision d’un actionnaire, Albert Frère, dont la stratégie consiste -on le voit avec Suez- à se séparer de tous ses actifs liés à la communication ? Est-ce annonciateur d’un changement majeur dans l’actionnariat de l’éditeur belge, leader du marché de la bande dessinée ? » Nous avons aujourd’hui la réponse, le départ de Jean Deneumostier étant dû, selon nos sources, surtout au fait que la négociation ait été faite entièrement dans son dos. Le communiqué de Dargaud fait immédiatement taire les rumeurs en assurant à Dupuis, selon ses termes, « une indépendance et une liberté éditoriales totales. »
La fin d’une vieille rivalité
Le Monde rapporte une anecdote savoureuse racontée par Vincent Montagne, le PDG de Média-Participations : En 1987, l’éditeur Georges Dargaud avait fait le chemin de Marcinelle pour vendre le groupe Dargaud à Dupuis, mais il s’est ravisé : « . ..il s’arrête pour prendre de l’essence et téléphone à un dirigeant de Média-Participations pour lui proposer une association avec le Lombard, qui débouchera, un an plus tard, par l’entrée de Dargaud dans le groupe franco-belge. » Les débuts de Dargaud sont peu connus. On ignore que Georges Dargaud doit son essor en tant que capitaine d’industrie à Raymond Leblanc, le fondateur des éditions du Lombard, et à un mentor commun : Albert De Smael, le tout-puissant magnat de la presse flamande, PDG du groupe Standaard, tombé en déconfiture en 1968. A l’époque, Dargaud a eu la chance de rebondir sur le phénomène Astérix. La concurrence entre les éditeurs belges et l’éditeur parisien était alors féroce et s’est traduit par le passage chez Dargaud des séries Lucky Luke puis, plus tard de Boule & Bill et enfin, une fois le Lombard et Dargaud fusionnés, des Schtroumpfs, le symbole-même de la réussite de l’éditeur de Marcinelle.
Le prix de l’acquisition
On connaît maintenant le prix officiel de l’acquisition : 102.100.000 d’euros, un sacrée somme qui valorise le prix du marché de la BD à l’aune de la part de Dupuis sur ce segment ( environ 15%). C’est environ un sixième de ce que Média-Partitcipations s’apprêtait à décaisser pour le rachat du groupe Editis, finalement vendu par Lagardère à Wendel Investissements. Claude de Saint-Vincent, le PDG de Dargaud, annonce au Monde que son groupe achète une « société bénéficiaire » dont le chiffre d’affaire est de l’ordre de 70 millions d’euros avec une rentabilité de 2 à 3 millions d’euros, hors audiovisuel. Dargaud, quant à lui, réalise 80 millions d’euros de chiffre d’affaire. L’un et l’autre créent le premier acteur européen de la BD adossé à un groupe qui, selon le communiqué de Dargaud, « dépassera les 300 millions d’euros » de chiffre d’affaire. Des chiffres qui ne sont pas suffisamment importants pour faire invalider ce rachat par le Conseil de la Concurrence.
Deux éditeurs qui se ressemblent mais qui s’assemblent.
Les forums chauffent sur internet depuis quelques heures. Les auteurs s’inquiètent de la répercussion de cette acquisition sur leur avenir. Le rachat de Dupuis par Dargaud/Lombard resserre les centres de décision, réduit les possibilités de mise en concurrence des éditeurs en terme de prix à la planche notamment. Certains, parmi lesquels le scénariste Arleston, soulignent les origines idéologiques du groupe Média-Participations dont le fondateur Rémy Montagne, aujourd’hui décédé et père de l’actuel PDG du groupe Vincent Montagne, était un politicien conservateur connu pour avoir battu Mendès-France dans sa circonscription et familialement lié à la dynastie Michelin. Il avait proclamé au début des années 80 qu’il fallait « moraliser la BD . » A l’époque, Bilal avait quitté le groupe avec précipitation pour rejoindre les Humanos. Depuis, on peut constater que les BD partouzardes de Lauzier n’ont pas été retirées du catalogue et que les auteurs jouissent d’une notable liberté, dans la mesure où la ligne du catalogue n’est pas d’investir dans la BD politiquement militante, ni dans la pornographie. Le catalogue Dupuis est d’ailleurs parfaitement en phase avec cette ligne éditoriale.
Des conséquences commerciales et industrielles ?
En revanche, c’est au niveau commercial et industriel que cette fusion aura des conséquences. Les équipes commerciales font doublon et devront harmoniser leurs forces. Des changements sont à attendre de ce côté. Par ailleurs, Dupuis est distribué par Hachette/Lagardère alors que Dargaud dispose de sa propre distribution. Il est probable que le distributeur de Maurepas ( qui distribue aussi Albert-René, Glénat, Soleil, Delcourt, les Humanoïdes Associés) va avoir de sérieuses discussions avec le nouveau groupe. Cette nouvelle donne va d’ailleurs dans le sens d’un rééquilibrage qui donnait à Hachette une situation de quasi monopole dans la distribution de la BD en France, argument-clé pour une autorisation du Conseil de la Concurrence.
Mais c’est, par ailleurs, une alliance profitable pour les deux groupes. Dans l’audiovisuel, Dargaud dispose d’un catalogue étendu ( Tintin, Blake et Mortimer, Bob Morane, Corto Maltese,... provenant d’Ellipsanime), d’un éditeur de vidéo leader sur la jeunesse, si l’on excepte Disney ( Citel) et d’une société de production ( Dargaud-Marina) qui pourra allier ses forces avec Dupuis Audiovisuel qui jouit d’une bonne expérience dans la télé ( Largo Winch, Kid Paddle, Spirou...).
Dupuis n’a jamais quitté le domaine de la presse et détient le seul hebdomadaire de BD franco-belge, Spirou magaziiine, publié continument depuis 1938 en français et en néerlandais simultanément. Là aussi, des synergies vont pouvoir s’opérer.
Née en 1898, Dupuis fut d’abord une imprimerie avant de devenir l’un des pionniers de la bande dessinée avec le lancement du magazine Spirou en 1938.
C’est en 1898 que Jean Dupuis fonde son imprimerie à Marcinelle, près de Charleroi. Un village minier que rien ne prédestinait à devenir le berceau de la bande dessinée belge.
Editeur de presse ( le " Moustique", d’abord destiné aux programmes radio, qui deviendrait par la suite " Télé-Moustique", son équivalent néerlandophone " Humo", " Bonnes soirées", journal féminin, et bien sûr, " Spirou", toujours en pleine santé aujourd’hui), il ne deviendra éditeur d’albums qu’en 1940, avec son premier titre, " Bibor et Tribar", de Rob-Vel
Il faut attendre les années 70 pour que l’édition d’albums décolle vraiment ( avec des best-sellers tels que Gaston Lagaffe, Spirou, Lucky Luke, Boule et Bill, les Tuniques Bleues, Yoko Tsuno...)... en même temps que s’affaiblit la presse de bande dessinée et, donc, le magazine Spirou.
Au début des années 60, Dupuis ajoute à ses activités d’éditeur la production de dessins animés, avec son studio T.V.A., puis avec la S.E.P.P., en 1981, à qui l’on doit l’impressionnante série des " Schtroumpfs chez Hanna-Barbera ( 278 épisodes d’une demi-heure ! ).
En 1985, la famille Dupuis vend son entreprise, dans un climat mi-crise, mi-vaudeville, changeant d’acquéreurs en cours de route. C’est finalement les Editions Mondiales, Hachette et Albert Frères, qui peuvent acquérir la société, les premières emportant les magazines TV et Bonnes Soirées, les deux derniers s’emparant de l’imprimerie, de l’édition d’albums et du magazine Spirou.
Une première restructuration importante a lieu en 1987, avec le renouvellement du management, puis l’arrivée de celui qui va redynamiser les Editions Dupuis et en faire, pendant 15 ans, le leader de l’édition de bande dessinée, Jean Deneumostier. Philippe Vandooren, rédacteur en chef de Spirou, devenant Directeur Editorial. Spirou est recentré sur le public des 8-12 ans et devient un magazine à part entière, avec des rubriques d’informations sur l’écologie, les loisirs, les jeux vidéo, etc.
Le catalogue est entièrement repensé, dépoussiéré. En 1988, arrive la première collection de prestige en bande dessinée : " Aire Libre" puis, en 1989, " Repérages", clairement identifiée " ados-adultes" - changement radical pour un éditeur principalement connu pour ses BD " tous publics". C’est là que naît l’une des séries-phares de la bande dessinée contemporaine : Largo Winch. En parallèle, de nouvelles séries " tous publics" apparaissent : le Petit Spirou, Cédric, puis Kid Paddle. En 1997, " Humour Libre" vient compléter le catalogue.
Tout se bouscule vite. En 1989, Dupuis revend la S.E.P.P., mais réinvestit dans l’audiovisuel en 1991 en créant un studio de production de dessins animés à Paris. Plusieurs séries se succèdent : " Spirou et Fantasio" ( 52 épisodes), " Papyrus" ( 52 épisodes), " Jojo" ( un " spécial" pour la Noël), " Cédric"(52 épisodes) et, enfin, " Kid Paddle" ( 52 épisodes). En 1999, elle se lance dans un ambitieux projet : la production d’une série télévisée " live" autour de la success-story " Largo Winch".
En parallèle, Dupuis rachète d’autres sociétés, qui renforcent sa position d’éditeur. D’abord Novedi, en 1991 ( dont les titres viennent nourrir le catalogue " Repérages"), puis Infotex en 2000, qui publie en Flandres le best-seller Jommeke et, finalement, Le Ballon en 2004, société de livres pour petits dans laquelle elle avait précédemment investi.
Les années 90 voient une diversification importante. Alors que le magazine Spirou fête son numéro 3000, Dupuis lance des opérations de marketing et de communication importantes, comme " la BD à 10 FF" ( 1994), rajeunit de vieilles recettes comme les recueils saisonniers de gags et de récits complets, s’installe sur Internet ( Kid Comics, en 1997, puis de nombreux sites dédiés à des univers avant le premier magazine de BD online, Spirou.com), lance des collections à prix réduit ( Kid Comics, Pirate). Elle crée aussi des clubs de marketing direct tels que le club Spirou, le club Spip ou encore, plus tard, le club Largo Winch.
En 2003, face à la crise qui commence à se faire sentir dans l’édition de bande dessinée, et Dupuis s’apercevant qu’il a pris du retard par rapport à ses concurrents, annonce de nouvelles collections " ados-adultes" elle tente de rattraper en cours de route le train du manga. Mais la CNP exige plus de rentabilité. Une restructuration emporte le Directeur Général, Philippe Buck, de même qu’une partie du personnel.
Cela ne suffit pas à la CNP. Le 25 juin 2004, elle annonce qu’elle a vendu la société au groupe Media-Participations. Le jour même, Dupuis avait prévu d’inaugurer un immense entrepôt logistique près de Fleurus. Prêt à accueillir l’énorme catalogue du nouvel empire qu’est devenu Media-Participations ?
Trop long. ^_^
un shoukka trop long,je lirais une shmoute tous les jours^^
oué j´aurai du postez des smileys a la place ![]()
hop ^^
Je trouve ça intéressant ^^ Dupuis a toujours été, selon moi, la maison d´édition possédant le plus de valeur sûres et de séries intéressantes ( Spirou, Cédric, Jojo, Les Zappeurs, Gaston, Cupidon, Kid Paddle, Toupet...) et je n´ai jamais vraiment aimé Dargaud ( sauf pour Titeuf mais c´est Glénat et surtout Garfield ^^)...
http://www.lefigaro.fr/eco-medias/20040626.FIG0126.html
Dimitri Kennes est confirmé dans ses fonctions d’administrateur directeur et assurera la direction opérationnelle de Dupuis. Le patron des Editions du Lombard, François Pernot, Directeur Général de Dargaud-Lombard à Bruxelles, a été également nommé Directeur de Média-Participations Belgique.
Cela a été signé hier le jeudi 22 juillet 2003 et c’est rendu officiel par un communiqué de la CNP d’Albert Frère et du groupe Média-Participations : Dargaud, Lombard et Dupuis font désormais partie du même groupe.
" A la suite de cette acquisition, dit le communiqué, Claude de Saint Vincent, Directeur Général Adjoint de Média-Participations, a été nommé Administrateur Délégué [NDLR : ce qui signifie PDG en Belgique] de Dupuis en remplacement de Jean Deneumostier, démissionnaire. François Pernot, Directeur Général de Dargaud-Lombard à Bruxelles, a été également nommé Directeur de Média-Participations Belgique. Dimitri Kennes, Administrateur-Directeur de Dupuis, est confirmé dans ses fonctions et assurera la direction opérationnelle de Dupuis.
Chaque maison d’édition du nouveau pôle continuera à développer sa ligne éditoriale de manière autonome sous ses différents labels ( Dargaud, Le Lombard, Dupuis, Le Ballon, Kana...)."
Arrivé en 1991 à la direction de Dargaud, cet ancien cadre d’Air France passé auparavant par le commerce des bois tropicaux et des produits de beauté, un parcours de fonctionnaire international et deux ans sur la chaîne de télévision Arte, a su remettre la maison parisienne, considérablement affaiblie par la perte du catalogue Astérix à la suite d’un procès calamiteux qui avait duré vingt ans, dans le premier rang des producteurs de BD européens. Pour ce faire, il a multiplié les acquisitions : Les Editions Blake et Mortimer, Lucky Comics ( en joint-venture), développé ou créé des labels appartenant au groupe : Le Lombard, Kana,... Par ailleurs, il a fait de Dargaud un acteur incontournable de l’audiovisuel avec le label d’édition de DVD et de vidéos Citel, premier catalogue de dessins animés jeunesse -hors Disney- de l’hexagone avec Tintin, Blake et Mortimer, Corto Maltese, Lucky Luke,... au générique et la société de production Marina-Dargaud productrice de téléfilms. Récemment, le groupe avait fait l’acquisition de la société Ellipsanime, le studio de dessins animés de Canal +.
L’acquisition de Dupuis est un coup de maître pour Média-Participations qui avait affiché naguère son ambition en cherchant à racheter le groupe Editis. Il semble bien que son arrivée ne fera pas la révolution à Marcinelle, du moins dan un premier temps. C’est pourquoi la direction opérationnelle a été confiée à Dimitri Kennes, directeur administratif et DRH de Dupuis depuis un bon bout de temps. Mais la nouvelle filiale devra s’adapter à cette nouvelle donne afin que des synergies s’instaurent : c’est la logique des affaires. On souhaite de tout coeur qu’elle ne se fasse pas au détriment de la création.
c vraiment trop long . .. a 4 heure du mat