Le terme " manga" signifie littéralement image dérisoire. Le sens concret de cette image est d´aller droit au but afin d´être comprise par tout le monde. Cette valeur accessible place donc les mangas au premier rang de l´imagerie populaire. Son synonyme anglo-saxon est le cartoon. Le terme est devenu polycémique au fil du temps pour finalement englober la bande-dessinée, les caricatures de presse et les dessins animés. Les jeux vidéo, le cinéma, la radio et les CD assurent la longévité des mangas imprimés, lus par le public. Le terme de " mangaka" définit l´auteur de mangas, en tant que scénariste ou animateur comme je l´ai précisé au premier message.
Au Japon, toute image dessinée est un manga et peut s´adresser aux hommes et aux femmes aussi bien qu´à leurs parents ou à leurs enfants, je parle bien évidement de l´actualité. Pour continuer, dans cette optique les mangas ne se résume pas à des combats sauvages et futuristes soit-disant réservés à la gente masculine...non!
Voilà maintenant les dates importantes :
1814 - première apparition du terme(Hokusaï manga) signé Katsuhika Hokusaï
1862 - Parution de " The Japan Punch", mélange de BD et articles satiriques.
1914 - 1er magazine illustré pour la jeunesse(éditeur Kôdansha)
1923 - 1ère apparition dans une BD des phylactères ( Shô-Chan Nô Bôken)
1932 - Fondation de la 1ère association des auteurs de mangas ( aujourd´hui 600 membres).
1947 - La Nouvelle île au Trésor, de Tezuka.
1955 - Naissance des Kashibon manga ( 30.000 librairies spécialisées). Et prolifération des BD pour adultes.
1957 - Nouvelle forme de BD d´aventures réalistes : le gekiga.
1970 - Trop de sexe, trop de violence : des commissions de protection de la jeunesse intentent des procès contre les mangas.
1975 - Goldorak envahit les TV du monde entier.
1982 - Akira, de Katsuhiro Otomo. Premier hit manga.
1997 - Princesse Mononoke devient le plus grand hit du cinéma au Japon.
1999 - Nombreux longs métrages mangas sur grand écran. Pokémon numéro 1 au BO américain.
Ce sont les dates réèlent du mot " manga" de nos jours. Mais l´historique n´est point évoqué. IL faut comprendre que les ancêtres graphiques du manga [ Avant même le Moyen-Age], il existait un genre pictural où s´associaient codes graphiques et codes textuels. De façon plus précise, les paysans, alors à peine lettrés, portaient sur eux des carnets de voyages qu´ils gardaient toute leur vie et qui étaient essentiellement composés de dessins. Les livres du XVIème et au XVIIème siècle ont subi les influences bouddhistes des chinois et les oeuvres illustraient surtout des superstitions et connaissances ésotériques liées à l´astrologie et à la démonologie. Les origines du manga ont une trace - graphique et spirituelle - dans trois outils picturaux issus de trois époques différentes(car c´est de ça que l´on ignoré la cause):
Du XVIIème au XIXème siècle, avec les Ukiyohe, estampes qui ont inspiré Gustave Klimt, Henri Toulouse-Lautrec et Vincent Van Gogh. Ce terme bouddhique renvoie à la nature éphémère de la vie. Jusqu´au XVIIIème siècle, son sens véhiculait surtout l´image d´un monde transitoire, ou de misère. A partir d´Edo, l´éphémère est appliqué au plaisir et à l´érotisme et les Ukiyohe deviennent des oeuvres divertissantes et accessibles. Les artistes répondaient à une demande populaire tout en la poussant vers l´avenir.
Au XIème siècle, les Tobayohe, dessins d´un genre satirique, ont été crées par le moine Toba Sojo. Ces représentations mettaient en scène des animaux regroupés dans des actions ou des attitudes humaines, à la manière des fables de La Fontaine.
Au XIIème siècle, les chinois ont introduit les Emakimono, manuscrits faits de textes et de dessins. Ces rouleaux de peinture narrative décrivaient des scènes de société à vocation socio-historique et leur découpage était quasi cinématographique. Leur longueur était telle que le spectateur ne pouvait en découvrir le récit dans son ensemble et ne s´attachait alors qu´au présent, notion fondamentale dans la relation au temps chez les japonais.
Ce fut un historique surprenant mais n´appartenant pas à ce que l´actualité est dès la fin du moyen-age.