Je me suis tapé une relecture, mini-critique à chaud, qui j'espère vous donnera envie de lire ce manga (bordel) :
Ce manga c'est l'exemple parfait de manga "niche" qui pourrait plaire à un grand public mais qui restera underground pour on ne sait quelles raisons (manque de visibilité, éditeur peu connu, dessin atypique ?).
Avec Dorohedoro, vous avez le meilleur traitement de personnages réalisé par un (ici une) mangaka. Mis à part les grands antagonistes de la série arrivant tard dans l'histoire, il n'y a pas de "vrais" gentils ou méchants, on a une galerie de personnages allant des charismatiques aux clowns, des badass aux powerless, mais tous ont une histoire et une destinée s'entremêlant dans une intrigue épaisse et magnifique.
Un récit à la fois sombre atténué par un humour super frais, une profondeur de scénario couplé à une légèreté des passages de vie quotidienne. Q-Hayashida a crée un univers à la Gunnm, avec un monde où vivent les magiciens et un monde où vit "le reste du monde", le tout s'entrechoquant à merveille. Des clans se bataillent sans relâche tout en subsistant grâce à leurs propres moyens, un homme cherche son existence à travers le combat, une femme rêve d'oublier son passé à travers une échoppe de gyoza, l'homme le plus influent est terrorisé par un fantôme entouré de mystère et les souffre-douleurs sans pouvoirs rayonnent de bonne humeur et survivent parmi tous ses fous furieux aux pouvoirs déments et aux techniques de combat aguerries.
Vous ajoutez à tout ça un dessin personnel "sale" proche du brouillon mais avec cette part d'originalité qui fait mouche allant de paire avec la dualité de tout cet univers, une intrigue rondement menée aux multiples ramifications qui fait énormément réfléchir nous obligeant à nous projeter, vous avez là un absolu must-read.