Sano
Certes mais si je puis me permettre je vais fortement parler pour ne rien dire mais c´est selon l´emploi de ce forum assoiffé dans l´inutilité du language. Et puis sachez que celui qui de vante trop haut de ses succèes, aiguise déjà l´instrument de sa perte. Et réciproquement, rien au monde n´abrège la vie comme les pas perdus, les paroles oiseuses et les pensés inneptes. Qui que nous soyons, chaque épreuve est un seuil à passer, source de perte, prix à payer pour aller un peu plus loin sur la route, un peu plus au fond de soi, là où il nous faut trouver les mots pour vivre: «A onze ans je ne parlais déjà plus à personne/ pourtant une langue naissait dans ma bouche.» En quelque vingt ans, Amina Saïd a publié une dizaine de livres de poèmes et des contes de tradition tunisienne. Et la poésie est devenue cette parole qui passe et vit de bouche en bouche. Une respiration, oppressée parfois, mais une respiration partagée. Maintenant, les bonnes paroles pénètrent jusqu´au coeur du sage; ils ne font que traverser des méchants.