Euh... oui si on veut. Sauf que Miyazaki père a bossé pendant de longues années auparavant dans l´animation, gravissant les échelons au fur et à mesure, en partant de simple animateur, puis animateur clé, etc... Sa première réalisation (le château de Cagliostro) est arrivée alors qu´il avait déjà une grosse expérience dans le métier. Son fils a un diplôme en architecture/paysagisme (un truc dans le genre) et il a été directeur du musée Ghibli. Bref, il n´a jamais travaillé dans l´animation, de près ou de loin, jusqu´à ce qu´un beau matin il se réveille en se disant "et si je faisais comme papa". C´est plus la démarche de Toshio Suzuki (directeur du studio Ghibli) qui m´étonne, de confier une réalisation aussi importante à un novice complet, pour laquelle il s´en tire d´ailleurs plus qu´honorablement (malgré des conditions très difficiles: budget réduit, temps très court de production et beaucoup de sous-traitance; il suffit de voir les story-boards originaux pour constater que le projet était beaucoup plus ambitieux à la base). Néanmoins l´adaptation souffre quand même de nombreux problèmes et le film est surtout sauvé par ses décors qui sont le produit de l´expérience de tous les artistes du studio. C´est plutôt le signe de la nouvelle politique du studio, qui est de réaliser plus de films dans des délais plus brefs et à la fois la recherche de plus en plus pressante du successeur de Miyazaki père (qui a déjà pris sa retraite après Princesse Mononoké et a été contraint de rempiler après le décés de son successeur le plus probable, Yoshifumi Kondô, qui avait réalisé Mimi wo Sumaseba ("Si tu tends l´oreille", pas encore sorti en France)). Suzuki a dû penser que le nom de Miyazaki allait permettre un accueil favorable au film je suppose, ce qui a produit l´effet inverse puisque la presse japonaise a descendu le film en flammes d´une manière plus qu´outrancière.
Ensuite je ne suis pas d´accord du tout pour dire que les films de Miyazaki et de Takahata sont "quasiment pareils". Les deux réalisateurs ont une approche bien souvent diamétralement opposée (à commencer par le fait que Miyazaki affectionne le fantastique et le merveilleux alors que Takahata imprègne toujours ses films d´un profond réalisme social; même Pompoko qui traite d´animaux doués de parole se rattache à tout un ensemble de traditions du folklore japonais qui rendent cet élément beaucoup moins fantastique aux yeux du public nippon, et le film est traité avec une approche quasi sociologique). On peut encore parler de ces différences pendant des heures donc je ne vais pas insister là dessus ^^.
Et par rapport au fait que Miyazaki a été directeur artistique et a fait le scénario sur le Royaume des Chats, cela n´empêche pas moins que le film appartienne totalement à son réalisateur, Hiroyuki Morita. Dans la même veine, on peut aussi voir que Mimi wo Sumaseba, pour lequel Miyazaki s´est énormément investi (il a même dessiné les story-boards), n´est pas du tout "miyazakien" et Kondô a pu facilement y imposer sa patte.