Allez un ptit chapitre pour le plaisir, histoire d'élargir la palette de personnages
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Tosid Rirnöltobot, l'employé de bureau du Comité, sortit de son bureau. Enfin libre ! Cela faisait plus de 16 heures qu'il était resté enfermé dans ce coin sombre sans rien voir d'autre que d'obscures archives. Une fois que sa liste fut rendue au patron, Zattud, il remonta les escaliers quatre à quatre, courant vers les champs de plump helmets où travaillait Sedil Mafol, sa chère et tendre.
Il l'aperçu au loin, accroupie sur une plantation et cria son nom. Elle se retourna, le vit et couru vers lui. Elle était à la limite de lui sauter dessus quand elle l'attrapa et l'enlaça.
- Ça faisait tellement longtemps, lui dit-elle.
- Je sais, mon ange, je sais. J'avais du travail, mais j'ai réussi à le finir.
Elle retira sa tête du creux de son épaule, plaça son visage en face du sien et lui sourit.
- Tu travailles trop, déclara-t-elle en riant. Tu sais j'ai cru pendant un moment que je devrais annuler le dîner de ce soir avec mes parents et mon grand-père.
- Quoi ? Mais non voyons pour rien au monde je ne raterais ça
!
- Oh aller, tu caches trop mal tes sentiments
, je sais que tu es mort d'inquiétude pour la première rencontre avec eux... mais ne t'inquiète pas, ce sont des gens très bien je suis sûr qu'ils t'adoreront au moins autant que je t'aime.
- Oui... j'ai juste un peu peur que ça aille de travers. Mais bon ça fait déjà cinq mois, il me faut bien rencontrer la belle famille à un moment ou à un autre !
Une vieille naine adressa la parole à Sedil.
- Allez les tourtereaux, vous vous verrez plus tard... on a beaucoup de travail Sedil, le fertilisant doit être appliqué dans les deux jours sur tout le champ !
- J'arrive madame !
Puis s'adressant encore à son bien aimé:
- Je vais devoir te laisser, on se revoit ce soir chez mes parents, ça marche ? Repose toi un peu en attendant tu as l'air mort !
- Je vais essayer, promis. Je t'aime.
- Roh aller... je t'aime aussi mon acharné du boulot
.
Elle l'embrassa rapidement et retourna aux champs. Il resta là encore quelques instants à la regarder marcher, puis s'en alla vers chez lui.
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Toc toc toc
Sedil se précipita à la porte pour ouvrir.
- Tu es un peu en retard, dit elle avec un sourire en coin.
- Oui je sais, tu m'as dit à gauche de la statue du Roi puis à droite de la statue de Scar, mais comme je suis tombé sur deux statues du Consul j'ai pas su quoi faire... mais bon me voilà !
- Sedil, ton amoureux est enfin arrivé ?
Un vieillard, une naine et un nain d'âge moyen se tenaient derrière Sodel. Tous trois déjà à table, ils disposaient d'une chope chacun.
- Alors tout le monde, je vous présente Tosid. Ça fait déjà cinq mois et... je tenais à vous le présenter. Donc Tosid, de droite à gauche: mon grand-père Urist, mon père Urist également...
- Mais tu peux m'appeler Junior, garçon ! Tout le monde fait ça.
- Oui, donc mon père, Urist Jr. et enfin ma mère, Dumat.
- C'est un plaisir vraiment, dit alors Dumat. Elle nous a beaucoup parlé de vous. En bien je vous rassure !
- Ha... hé bien... merci pour cet accueil ! Je suis un peu, euh, nerveux, désolé si je bute sur certains mots.
- Oh, y a pas de mal ! dit Junior. Mais prenez une chaise, installez-vous ! On a plein de choses à raconter !
Le dîner se déroula sans encombre, les inquiétudes de Tosid furent dépassées. Au moment de servir le fromage, les deux naines s'en vont en chercher chez le fromager d'en face, faute d'en avoir chez elles. Les nains se retrouvent entre eux.
- Alors, dit Urist Senior... ma petite-fille, elle en a dans la malachite, hein !
- Papa, dit Junior... tu sais qu'il est nerveux...
- Mais y a pas de mal, renchérit le grand-père. Tu sais, moi à ton âge petit j'en voyais chaque semaine une autre ! Et y a pas de mal si c'est que la malachite ! En revanche pour ce qui est de lui farfouiller l'obisidienne...
- Papa !
- Rho aller les filles nous laissent on peut discuter non ?
- Sauf que c'est ma fille, et en plus son couple... un peu de respect, que Byime !
Tosid les calma.
- Non il n'y a pas de mal je vous rassure. Si vous connaissiez ma famille, quand les femmes nous laissent ça n'est pas mieux, j'ai l'habitude
!
Les naines revinrent avec le fromage sorti tout droit de chez le fermier. Un régal selon lui, préparé selon la technique ultra secrète qu'Urist McTruman donne à qui veut l'entendre.
- Et donc, commença Urist Jr., vous travaillez où exactement ?
- Oh, euh...
... dans, dans l'administration.
- Depuis celle du Consul ou déjà depuis celle de l'ancien maire ?
Un silence se fit l'espace d'un instant.
- Il ne reste plus de membre de l'administration de l'ancien maire. Hormis les milices et la police, les autres ont été déclarés suspects de facto.
- Oui je le sais.
Le ton n'était plus le même qu'avant. Plus froid, plus direct. Plus déterminé surtout.
- Et dans quel domaine vous êtes nommé exactement ?
- Oh, hé bien, c'est pas grand chose... je fais du tri, je synthétise à droite à gauche ce qu'on me donne à faire.... travail de bureau, rien d'important
.
Junior s'adossa à nouveau dans son fauteuil. Son regard se fit plus doux.
- Aaaah. J'ai eu peur. Pendant un instant j'ai cru que vous étiez du CSS
! Parce que vous savez... je vais vous dire, moi, c'que j'en pense de ce mec qui nous dirige. C'est un pourri ! Et je suis pas le seul à le penser, y a aussi Catten le voisin qui travaille à la boucherie... on est nombreux, faut pas croire. On va pas se laisser faire par un gars comme ça, qui s'impose à nous en revenant et qui frappe sa tête sur toutes les monnaies, nom de Rash ! Je vous le cache pas, avec Catten on a trinqué jusqu'à l'aube quand il a dû fuir.
- Papa, tu m'avais promis de ne pas entrer dans ces conversations...
- Ta fille a raison, dit Dumat. Tu as trop bu, Junior.
- Ouaiiiis mais quand même !
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Le repas achevé, Tosid rentra chez lui, accompagnant sa bien aimée dans son propre appartement. Chacun avait le sien, nul besoin selon eux d'en prendre un pour le couple.
- Tu sais Tosid, je suis désolée que mon père se soit comporté ainsi. Il a toujours été... réfractaire à l'autorité. Surtout quand il abu.
- Ce n'est pas grave. Ça ne change rien pour nous tu sais.
Elle lui prit sa main et la serra fort.
- Merci d'être comme tu es mon coeur.
- Tu sais que je ne peux pas faire autrement
.
- Oui, hélas
!
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Réunion du Comité de Surveillance pour la Société, horizons de midi, le lendemain:
- Bien, je remercie tous les collaborateurs d'être venu pour cette réunion importante, déclara Zuttad ClercMarteau. J'ai eu des échos de la part de l'Administrateur, et sachez que le Consul est très satisfait de notre travail. Par contre nous sommes tous conscients qu'une bonne partie du travail reste à faire. Il va falloir redoubler d'efforts ! Maintenant que les dossiers ont été épluchés, on ne peut plus rien en tirer. Ordre émanant du Consul lui-même: le Comité doit mener l'enquête sur le terrain. Ce qui veut signifie qu'on accepte les déclarations d'un nain sur un autre, qu'on tend l'oreille dans les tavernes, qu'on n'hésite pas à recourir à la force si jamais on a besoin d'une information. Maintenant, fini les papiers à lire qui n'en finissent plus, place à l'investigation. Des questions ? Non ? Bien, alors passons à l'ordre du jour...
Tosid Rirnöltobot, assis sur sa chaise dans le bureau du directeur, n'entendait plus ce qui se disait. Son esprit n'était plus qu'un champ de bataille opposant son coeur à sa raison. Lorsqu'il vit ses collaborateurs se lever, il décida qu'il était temps pour lui de sortir également. Au pas de la porte, une apostrophe lancée à son encontre lui glaça les sangs.
- Oh, et Tosid ?
- Oui, monsieur le directeur ?
- Votre liste. C'est de l'excellent boulot. Deux fois plus longue que celles des autres, des détails précis... c'est du joli. Le coup de l'ingénieure engagée pour remplacer un fondateur avant sa "suppression", c'est du très bon travail.
- Euhm, merci monsieur le directeur.
- Sachez que l'Administrateur vous a à la bonne maintenant. Je lui en ai parlé. Continuez ainsi et vous irez loin. Vous n'avez paz vocation à rester un simple employé toute votre vie. Un jour, votre nom sera connu du Consul mon garçon, et là vous serez propulsé vers le haut !
- Merci monsieur le directeur. Je ne pensais pas que ce serait bon à ce point.
- Continuez ainsi. Vous pouvez disposer.
De retour à sa table et à sa chaise. Il croisa les bras sur son bureau et laissa choir sa tête d'un geste brusque dessus.
Que faire, que faire ? Ce n'est pas... moral de dénoncer ainsi mon beau-père... je ne peux pas, je ne dois pas. Que dira Sedil si elle l'apprend ?
D'un autre côté... c'est mon travail, j'ai des directives que je dois respecter. Le directeur est fier de moi, je ne veuc pas le décevoir. Et puis c'est une question de sécurité. Je dois le faire. Pour le Bien de Tous.
Quand bien même... ce ne sera jamais rien de plus qu'un nom sur un papier...
Il saisit une plume et de quoi écrire. D'une calligraphie naine dont cette race seule a le secret, il nota "Urist Jr. Mafol: propos calomniateurs et complotisme envers le Consul; complicité de Catten X le boucher".
Ce ne sera jamais qu'un nom sur un bout de papier...