Ca a pris plus de temps que prévu. Ça devrait arriver entre demain et vendredi.

Et sinon, j'ai commencé un chapitre. ![]()
J'ai écrit pendant le peu de temps libre que j'avais. Je suis dessus à l'instant, d'ailleurs. ![]()
Et sinon, j'ai commencé un chapitre.

J'ai voulu faire une blague sur ce manque de ponctualité, et puis je me suis dit que ce serait malvenu. ![]()
Le 27 juin 2017 à 22:30:07 TheCody a écrit :
J'ai voulu faire une blague sur ce manque de ponctualité, et puis je me suis dit que ce serait malvenu.

Sous le regard fasciné de ses nombreux commis, Nôran Alabrok donnait leur forme finale aux nombreux pâtons qu'il venait de séparer sur son large plan de travail, dans cette tradition commune à la plupart des peuples civilisées d'utiliser la farine de céréales comme base de leur alimentation.
Dans les petites baronnies du sud de la Rougenation, les vastes champs de blés donnaient une farine d'une finesse sans égale qui était pétrie et cuite en un pain croustillant et délicat. Peu renommés pour leur traditions culinaires, les gobelins morneirois faisaient un pain d'épeautre nourrissant bien que peu agréable en bouche. Entrée de la plaque tournante commerciale qu'était Obseroche et disposant de ce fait de nombreuses recettes venues des quatre coins du continent, la ville de Lamarcande régalait ses plus fins gourmets d'un pain en forme de couronne tressée à la croûte recouverte de fines herbes. Des étendues brunes-dorées bordant ses quelques oasis, le royaume des Lances Murées tirait d'épaisses galettes d'orge que l'on garnissait à sa convenance. Le froment des cavernes des Charbons Immaculés était dilué en une pâte liquide à laquelle on ajoutait des œufs ou du lait avant de la faire cuire sur des plaques de fonte. Grands cultivateurs de maïs, les humains de la Trompe en obtenaient une farine aux usages nombreux dont ils faisaient un gruau apprécié pour son goût et sa simplicité. Peu amateurs de céréales, les elfes de Vive Forêt disposaient de fruits dont la texture n'avait rien à envier à la plus onctueuse des pâtes et qui, une fois cuits, tenaient aussi bien au ventre qu'à l'âme. Et revenus d'au-delà de la Mer Martiale, des voyageurs prétendaient avec humour qu'à chaque fois que quelqu'un tentait de décrire la gastronomie de Cérodie ou de la Roue d'Argent, un grand cri de désespoir venu d'on savait où retentissait sur tout le continent.
Le pain de Cornedebouc, cependant, ne suivait aucune recette précise. Né quelques années auparavant des mains du chef cuisinier de l'avant-poste, il n'avait de constant que la forme rustique de ses miches.
Dépendant des approvisionnements, la farine était tantôt faite de blé des cavernes, tantôt d'orge, de noix, de seigle, de châtaignes, voir de tout ça à la fois, dans des proportions aussi variables qu'imprécises et donnait une pâte épaisse et difficile à travailler que les mains immenses de Nôran pétrissaient avec force et persévérance en agrémentant le tout de nombreux jurons. Le pain en résultant était à l'image de son boulanger : fruste, imparfait, imposant, brut de décoffrage. Le genre de pain dont on pouvait tremper une tranche dans un bol de sauce pour l'en ressortir entièrement sèche. Le genre de pain qui donnait l'impression d'insulter le beurre et de passer le fromage à tabac. Le genre de pain qui semblait vous dire de baisser les yeux lorsqu'il se trouvait dans votre écuelle. Un pain de caractère.
Et pourtant, son succès ne s'était jamais démenti auprès des habitants de la forteresse. Il se conservait de nombreuses semaines et était véritablement roboratif. De par la composition aléatoire de sa farine, le goût de chaque nouvelle fournée était toujours une surprise et il était devenu une tradition de le venir le déguster en groupe afin de débattre sur sa saveur.
"Qu'est-ce que vous foutez à vous tourner le pouces ?!" lança Nôran à l'adresse de ses commis. "Retournez bosser, bande de tire-au-flanc!"
Le visage perlant de sueur, le cuisinier en chef rajouta quelques bûches de chêne dans l'imposant fourneau à pain et plaça une vingtaine de pâtons sur la grande pelle qu'il enfourna d'un geste expert.
S'essuyant le front d'un revers de manche, il se dirigea vers la large ouverture donnant sur la grande salle tandis qu'un délicat fumet de pain en train de cuire envahissait les cuisines.
"Ce sera prêt dans moins d'une heure." affirma-t-il. "Tu voulais autre chose ?
- Oh, non, ça devrait suffire.
" répondit Urist McTruman en s'essuyant les mains. "Au fait, les voies menant des cuisines au garde-manger sont réparées. Celles menant au marché sont les suivantes sur ma liste.
- Il était temps." soupira le chef cuisinier. "Ça doit bien faire trois semaines qu'on tente d'arrêter ce foutu accélérateur de chariots. Lorsqu'il s'est emballé, il a bien dû en encastrer trois dans la paroi du virage à la sortie de l'entrepôt! Le pauvre Dolek est encore à l'hôpital. Au moins, les humains ont vite appris : après quelques accidents, ils ont décidé de ne plus s'approcher à moins de dix mètres du moindre rail !
- Ah, mais la mécanique de haute précision nécessite un entretient régulier." affirma l'ingénieur avec affectation. "D'ailleurs, il faut aussi que je me charge des canalisations de la pompe à eau dans le quartier des bouchers.
- Celles qui ont pris feu spontanément ?" demanda Nôran avec circonspection.
- Ça arrive.
" répondit le mécaniste comme s'il s'agissait du plus banal des incidents. "Je devrais aller vérifier la pompe.
- Les accès aux cavernes ont été murés." l'informa le chef cuisinier.
- Oh.
" répliqua simplement McTruman. "Tiens, maintenant que j'y pense, tu ne saurais pas où je peux me fournir en lait ? Question fromage, je tourne au ralenti.
- Comme pour tout le reste, la faute à ces parasites d'humains!" s'exclama Nôran en se retournant pour surveiller son four et ses commis.
- Ennuyeux." affirma le mécaniste. "Bon, je suppose que le pain fera l'affaire pour l'instant.
"
Le rez-de-chaussée du Marcassin Hurleur baignait dans une atmosphère bruyante et une brume légère à l'odeur acre, mélange d'herbe à pipe naine et de tabac trompois. À cette heure de la journée, la quasi-totalité des tables étaient occupées, majoritairement par des soldats humains en mal de distraction. Debout derrière le comptoir tel un seigneur surveillant son domaine depuis le balcon de son château, Kogan Mastersausage suivait les allées et venues de ses travailleuses d'un œil distrait.
Ses pensées vagabondaient vers un passé qui lui semblait chaque jour plus intangible. Tel un tableau duquel on s'éloignerait peu à peu et dont les imperfections disparaîtraient avec la distance pour ne laisser que l'idée d'un portrait, le temps effaçait toutes les petites difficultés qui avaient émaillé sa jeunesse qui, ainsi considérée, lui paraissait avoir été heureuse. Peut-être n'avait-il pas su le comprendre à temps. Là était toute l'ironie de l'expérience, celle-là même qui nous permettait d'enfin saisir le sens d'une situation des années plus tard. Aurait-il été capable de soutenir le regard de Mörul et Doren si, à l'époque, il s'était lancé dans ce commerce d'âmes perdues ? Aurait-il seulement été capable de soutenir celui de son propre reflet ? Considérations absurdes. La vision romanesque qu'il avait de lui-même s'était depuis longtemps estompée. Mort, le fringuant bandit d'Obseroche, mort en même temps que ses compagnons d'infortune dans le repaire qui avait vu passer les jours heureux de leur jeunesse !
Ne restait-il qu'une coquille vide, un corps usé à la gouaille de façade, un esprit las et froidement pragmatique ? Le milieu était bel et bien venu à bout de sa fougue passée. Tel l'un de ces concasseurs dans lesquels on faisait passer les blocs d'obsidienne des carrières de sa ville natale, il avait broyé ses idéaux un à un.
L'évocation de ses camarades tombés lui fit réaliser qu'il n'avait jamais vraiment pris le temps de faire son deuil. Il était bien plus simple d'éviter d'y penser. Ramana, Geth, Nosîm... Des fantômes d'une époque révolue, où agir pour lui-même était une idée étrangère. Une époque plus simple. Lorsqu'il était encore Kogan le contrebandier défiant l'oligarchie des Falaises d'Obsidiennes et non Kogan le pourvoyeur d'âmes errantes. Kogan le désabusé, Kogan-en-fin-de-vie, lancé comme une flèche vers les quelques valeurs matérielles qu'il pensait encore pouvoir atteindre dans le peu de temps qui lui restait et ne voyant dans sa course effrénée qu'un monde aux formes épurées se déroulant dans un morne et infini dégradé de gris.
Ha! Il n'y avait que les naïfs et les hypocrites pour opposer des idées aussi péremptoires que le bien et le mal. Oui, ses courtisanes étaient encore des enfants. Mais étaient-elles véritablement à plaindre ? À ces orphelines il donnait un toit, des assiettes pleines et ce qui se rapprochait le plus d'une famille. Car c'était bien tout ce qui restait, au final. La famille.
"Coucou.
"
Le contrebandier sursauta légèrement, arraché à sa rêverie par le nain le fixant depuis l'autre côté du comptoir.
" 'soir, Urist." lâcha-t-il avec une ombre de surprise dans la voix. "Quand es-tu rentré ?
- Il y a peu." répondit McTruman. "Mon harnais avait lâché en plein vol et je me suis retrouvé perdu en pleine forêt. J'espère que mes aimables compagnons de voyage n'ont pas atterri trop loin de leur destination. ![]()
- Aimables, hein ?..." répéta lentement Kogan tandis que son esprit préoccupé le rappelait durement au souvenir des Dorenalod''.
- Tout de même," continua l'ingénieur, "il s'en est passé des choses depuis mon départ.
- C'est peu dire..." marmonna le contrebandier en considérant gravement sa clientèle principale.
- Tu n'as pas l'air bien loquace, aujourd'hui. Préoccupé ? ![]()
- Que puis-je faire pour toi, Urist ?" lui demanda-t-il, coupant court à toute discussion inutile.
- J'ai ouï-dire que tu proposais certains... Services.
" lui répondit le mécaniste d'un air conspirateur si flagrant qu'il leur valut un regard suspicieux de la part de Nocam depuis l'autre bout de la salle.
- Euh..." hésita-t-il un instant.
Parmi les personnes qu'il ne se serait pas attendu pas à voir débarquer dans son établissement, le chef ingénieur figurait probablement dans le trio de tête. Tout cela semblait hors de contexte.
"Enfin, oui, mais..." reprit-il avec circonspection, "tu es au courant du... fonctionnement de la chose ?
- Oh, je sais qu'il faut payer, ne t'inquiètes pas. Je peux te rétribuer à ta convenance en or, en marchandises ou en services. ![]()
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. " soupira Kogan en se massant les tempes. "Le problème est que..."
Il inspira profondément avant de finalement pointer un doigt vers sa propre ceinture.
"Ca marche encore ? ![]()
- Disons plutôt qu'en ce moment, ça roule.
" lui répondit l'ingénieur avec son habituel sourire béat.
- …
- C'est un jeu de mot." insista le mécaniste. "D'après le Grand Livre du Rire de Raz Mot, c'est de l'humour.
"
Deux pensées traversèrent alors l'esprit de Kogan. Premièrement, quelqu'un qui signait sous le pseudonyme de Raz Mot ne devrait pas être autorisé à prétendre y connaître quoi que ce soit concernant l'humour. Deuxièmement, un livre écrit par une telle personne n'aurait dû en aucun cas tomber entre les mains de l'affligeant ingénieur.
"Après tout, qui suis-je pour juger ? Jamais bœuf ne s'est gaussé d'une table." pensa-t-il avant de reprendre d'une voix lasse : "Très bien, tu n'as qu'à faire ton choix en fonction de la disponibilité.
- Il y en a... beaucoup ?
" l'interrogea l'ingénieur.
- Vu le nombre de clients, ton choix risque d'être assez restreint.
- Il m'en faut le plus possible.
- Le plus poss..." hésita Kogan. "Mais qu'est-ce que tu vas en faire ?
- Je suis assez créatif." répondit l'ingénieur.
- Ça risque de te coûter une certaine somme.
- Tu peux me faire un prix de gros ?
- Peut-être. Tu prendras une chambre, je suppose ?
- Non, j'ai déjà mon atelier.
- Je ne fais pas de formule à emporter. On consomme sur place.
- Ça risque de déranger tes clients. ![]()
- Je ne te le fais pas dire. ![]()
- Et ton personnel aussi.
- Comment-ça ?
- Il faut voir la taille du barda. ![]()
- Ah.
- Je plains celles qui vont devoir monter avec moi. Elles sont si frêles, j'ai peur qu'elles se brisent en deux.
- À ce point ? ![]()
- A vrai dire, il me faudrait quelqu'un de mieux bâti. Ton aubergiste ne pourrait-il pas les remplacer ? ![]()
- ...pardon ?!
" pâlit Lînem qui avait suivi la conversation d'une oreille distraite.
- Ce n'est normalement pas son travail, mais je suppose que s'il est d'accord..." réfléchit Kogan.
- Non mais ça va pas ?
" se révolta l'aubergiste.
- Cela faciliterait pourtant grandement les choses." insista le mécaniste. "Je serais plus tranquille avec quelqu'un de musclé comme vous.
- Je ne mange pas de ce pain-là !
" répliqua Lînem en reculant.
- Vous tourneriez le dos à ces frêles fillettes ? ![]()
- Plutôt à elles qu'à vous! ![]()
- Bon." les interrompit Kogan. "Il va falloir que tu me donnes un nombre, Urist.
- Cent kilos." répliqua l'ingénieur. "Grand minimum. ![]()
- Cen ki..." répéta le contrebandier avant de s'interrompre. "Tu les as bien regardées ? Libre à toi d'avoir des demandes particulières, mais ce n'est pas ici que tu vas les satisfaire. La plupart d'entre-elles n'ont que la peau sur les os! Et ma question concernait le nombre de filles dont tu aurais besoin!
- Vu leur carrure, une dizaine minimum. Mais tout cela ne poserait aucun problème si tes chambres n'étaient pas à l'étage ou que tu me laissais faire mon affaire dans dans mon atelier. ![]()
- Écoute-moi bien, Urist," lâcha un Kogan à court de patience, "ici, c'est moi qui fait les règles. Tout le monde doit s'y tenir, pas d'exception. Alors peu importe que tu veuilles forniquer avec la moitié de mes filles à la fois ou même avec mon aubergiste...
- Hé !
" protesta Lînem.
- ...forniquer ?" hésita l'ingénieur. "Mais je n'ai pas le temps pour ça, voyons ! ![]()
- ...pardon ?
" répliqua Kogan. " Alors pourquoi me fais-tu perdre le mien ?
- Mais c'est toi qui... ![]()
- Dis-moi simplement ce que tu veux." le coupa Kogan, à deux doigts de se rendre coupable d'un meurtre par strangulation. "Avec tes mots.
- Du fer." lui répondit l'ingénieur. "Cent kilos, grand minimum.
- Du... fer.
" répéta Kogan, légèrement incrédule.
- Les humains en réquisitionnent toutes les réserves pour en faire je-ne-sais-quoi." continua le mécaniste. "J'en ai besoin, moi aussi !
- Tu m'as pris pour ton grossiste ?
" lâcha finalement Kogan.
- Oh, je me disais qu'en tant que contrebandier, tu saurais où te fournir !
" l'encouragea McTruman avec ce même regard de comploteur si bancal qu'à des centaines de lieues de là, la totalité des membres du conseil d'Obseroche ressentirent un malaise soudain et inexplicable. "Et si tu tiens à tout prix à ce que je travaille dans une de tes chambres, il faudra que tes filles m'aident à y monter la cargaison et mon fourneau portatif, parce que dans mon état, porter quelque chose d'aussi lourd et volumineux dans les escaliers risque d'être difficile. Et le bruit risque de déranger tes clients. Je ne parle même pas du risque d'incendie.
- ...je réfléchirai à la question." répliqua Kogan après un long silence. "Mais en ce moment, je n'ai pas vraiment le temps pour ces conneries.
- Oh?" fit un McTruman légèrement déçu avant de sembler se souvenir de quelque chose. "...et je suppose que tu ne peux pas aussi me fournir en lait ? Quelques hectolitres par semaine suffi... ![]()
- Tu t'es cru dans une épicerie ?" le coupa Kogan.
- En tant que tavernier respectable, tu dois bien savoir où t'approvisionner, non ?
- Au cas où tu ne l'aurais toujours pas compris, cet endroit n'est pas vraiment une taverne respectable.
- Oh, je n'ai absolument rien contre les établissements qui servent des humains. ![]()
- Cela n'a rien à voir avec ma clientèle." répliqua patiemment Kogan. "Maintenant, je suis quelqu'un d'assez occupé, alors si tu pouvais...
- Hé, mais ce n'est pas la petite Etóm qui porte des boissons, là-bas ?" remarqua le chef ingénieur. "Nôran l'avait surpris en train de voler dans les cuisines il y a quelques mois de cela. Elle travaille ici, maintenant ?
- Oui." fit Kogan sans ajouter plus de détails.
- Je ne vois pas comment un établissement donnant un toit et un travail à des gamines abandonnées pourrait prétendre ne pas être respectable." affirma le mécaniste. "C'est en quelque sorte un orphelinat autofinancé ? ![]()
- Non." répondit simplement Kogan. "Et cette conversation n'a que trop dur...
- Comme quoi, mon cousin s'est complètement trompé sur ton compte !" insista McTruman. "Lui qui disait que tu n'étais qu'un escroc et un scélérat de mange poussière ! Bon d'un côté, il dit ça de tous les Obserochiens. Je lui ai bien soutenu que tu étais un une personne au grand cœur et éprise de justice, mais...
- Urist...
- ...un orphelinat ! Voilà qui devrait taire ses accusations !" approuva le mécaniste avant de sembler remarquer quelque chose. "Tiens, la petite Etóm semble être très proche de ce soldat humain. Tu mets en place un programme d'adoption ? ![]()
- Pas du tout.
- Et pourquoi il... ![]()
- …
- Oh." fit finalement le mécaniste d'un ton monocorde.
- Voilà.
" répliqua Kogan.
Un silence pesant suivit, à l'issue duquel l'ingénieur baissa les yeux au sol et affirma :
"Je me suis trompé, les enfants. Ce n'est pas une taverne, mais un bordel. ![]()
- UN BORDEL!
" répliqua un concert de voix enthousiastes.
Surpris, Kogan se pencha par-dessus le comptoir et écarquilla les yeux en découvrant une dizaine de petites silhouettes encapuchonnées qui lui rendirent un regard strabique empli de curiosité.
"Enfin, le terme exact est clapoire." corrigea l'ingénieur en hochant la tête.
- UN CLAPOIRE!
" répliquèrent les enfants-rats avec exaltation.
Portant chacun un petit sac à dos chargé de livres, ils avaient en mains d'imposantes miches de pain qu'ils grignotaient avec affectation en semblant attendre que quelque chose d'intéressant se produise. Réalisant le danger de la situation, le contrebandier saisit l'ingénieur par le col et l'amena à quelques centimètres de son visage, lui faisant lâcher ses béquilles.
"Est-ce que ce sont les bestioles qui ont chargé l'armée trompoise ?" siffla-t-il à travers ses dents.
Absent de la forteresse lors des événements ayant mené à son occupation, il n'avait pas assisté personnellement à la contre-attaque suicidaire des hommes-rats mais d'après ce qu'on lui en avait dit, les humains avaient de sérieuses raisons de se montrer plus que rancuniers envers les rongeurs précités.
"Il paraît." répondit l'ingénieur sans se défaire de son expression joviale. "Enfin, probablement pas ceux-là, ils sont nés il y a quelques semaines à peine. Comme tous les adultes sont partis je-ne-sais-où, ils étaient tous seuls dans les galeries et seraient morts de faim si je n'avais pas...
- Pourquoi les as-tu ramené ici ?!" le coupa le contrebandier. "Si un seul soldat trompois s'en rend compte, ça va être un beau bordel !
- UN CLAPOIRE !
" le corrigèrent immédiatement les rongeurs.
- La ferme, bande d'encornés!
" leur ordonna Kogan.
- BANDE D’ENCORNÉS !
" répliquèrent-ils avec entrain.
- Aucun risque que les humains les reconnaissent," le rassura le mécaniste en désignant les fausses barbes faites de lambeaux de tissus complétant les robes à capuchons que portaient les enfants rats, "tu vois bien que je les ai déguisés ! Tout le monde croira que ce sont des enfants nains! ![]()
Le bruit d'une boisson que l'on recrachait violemment après l'avoir avalée de travers interrompit toute tentative de réplique de la part du contrebandier qui réalisa que Nocam se tenait maintenant juste à côté du mécaniste, un expression effarée sur les traits.
"Est-ce que ça est monstres qui chargé nous !?" cracha-t-il entre deux quintes de toux.
- Nocam!" s'exclama Kogan en lâchant l'ingénieur pour gratifier l'officier trompois d'un grand sourire. "Tu viens juste de gagner le droit d'emmener trois de mes filles en même temps et ce, absolument gratuitement !
- Que..." hésita l'humain, légèrement confus "Quoi moi fait avec trois ?
- La même chose qu'avec une, mais c'est trois fois mieux." affirma le contrebandier.
- ...et trois fois trop peu pour transporter un fourneau portatif.
" crût bon d'ajouter le mécaniste depuis le sol.
- Pas pouvoir acheter mon silence." lui répliqua Nocam en désignant les rongeurs. "Pas pour ça!
- Tu veult un paingnon ?
" lui proposa un desdits rongeurs en lui tendant sa miche de pain.
- Ils ne sont qu'une dizaine et ce sont les derniers restant dans la forteresse." l'informa Kogan.
- Anoth-Deng ordonner tuer eux tous !" affirma Nocam. "Pas désobéir !
- Ils sont inoffensifs, ce ne sont que des enfants." insista le contrebandier.
Nocam examina un instant le petit groupe de rongeur qui le fixaient avec intérêt. C'est vrai que dans ses souvenirs, ils étaient tout de même plus grands.
"...est-ce que cinq filles cinq fois mieux, oui?" demanda-t-il finalement à Kogan.
- Pas vraiment." réfléchit ce dernier. "Je crois qu'après quatre, il y a une limite de capacité.
- Quatre filles pour moi et boisson gratuite pour mes hommes cette semaine, oui ?" proposa l'officier.
- Quatre filles et boisson gratuite pour toi pendant un mois, tournée générale pour ton cheptel tout-à-l'heure." négocia Kogan.
- D'accord." céda Nocam avant de pointer les fausses barbes des rongeurs du doigt. "Eux devoir être plus discrets. Ressembler à rats en train de mâcher serpillières.
- Compris." acquiesça le contrebandier tandis que l'officier regagnait tranquillement sa table.
- ...toi sûr que quatre filles être limite ?" fit-il en se retournant.
- Bien sûr." mentit Kogan. "J'ai déjà essayé cinq, ça n'apporte rien de plus."
Essuyant tranquillement un verre pour se donner l'air d'être occupé, il attendit que l'ingénieur soit parvenu à se relever pour lui porter un regard lourd de sens.
"Tu viens de me faire perdre beaucoup d'argent, Urist." affirma-t-il simplement.
- Tu n'auras qu'à augmenter ta marge sur le fer et lait que tu me vendras.
" proposa l'ingénieur.
- Je n'ai jamais dit que j'acceptais ta demande." répliqua Kogan.
- Tu n'es pas en position de marchander.
" répliqua l'ingénieur avec assurance.
- Non, c'est moi qui suis censé dire ça." rétorqua le contrebandier. "Est-ce que tu comprends seulement le concept de négociation ?
- Le Traité sur le Commerce Itinérant de Belbez Shulmik affirme qu'il faut acculer son interlocuteur." affirma-t-il.
- Ca ne marche pas quand c'est toi qui dois de l'argent." l'informa Kogan.
- Oh. ![]()
- Venons-en au fait." affirma Kogan. "Les armes qu'utilisaient les Dorenalod...
- ...les ? ![]()
- Les personnes sympathiques qui t'ont gracieusement emmené pour un voyage dans les airs." précisa Kogan en s'efforçant de ne pas faire transparaître une seule once d'agressivité dans sa voix.
- Oh, tu parles des armes à poudre ?
- Oui. Vu la somme que tu m'as fait perdre, je pense que tu pourrais m'en procurer quelques unes, non ?
- Aucune idée." répliqua l'ingénieur. "Sodel m'avait dit que la valeur de la poudre seule était inestimable. Et puis, tout dépend de la valeur que tu attaches à tes mains.
- ...mes mains ?" hésita le contrebandier.
- Ces armes ont une fâcheuse tendance à exploser" l'informa le mécaniste. "À moins de grandement sous-doser la poudre, ce qui en réduit tout autant la puissance."
Kogan réfléchit à toute vitesse. Il pourrait toujours payer des hommes de mains -terme ironiquement approprié- pour les manier à sa place, mais si ce qu'avait prétendu l'ingénieur sur la valeur de la poudre était vrai, il ne pourrait jamais les payer assez cher pour les empêcher d'aller vendre les armes au plus offrant. Il lui faudrait donc des subordonnés remplaçables et d'une loyauté absolue.
"...dis-moi Urist," demanda-t-il soudain, "tes bestioles, elles sont fidèles ?
- Incapables de trahir, si c'est ce que tu veux savoir." affirma McTruman.
- Et elles grandissent vite ?
- Ils auront atteint leur taille adulte dans moins de deux semaines.
- ...que dirais-tu si je te proposais d'en adopter ?"
L'ingénieur se gratta brièvement la barbe avant de se tourner vers la troupe d'enfants-rats.
"Les enfants, maintenant, c'est Kogan qui va s'occuper de vous!
" leur affirma-t-il.
- Non att...
- TONTON KOGAN!
" s'exclamèrent les enfants-rats avec ferveur.
- ...et merde." soupira le contrebandier.
- Non, non, le terme exact est onscle.
" les corrigea l'ingénieur.
- ONSCLE KOGAN !
" reprirent les rongeurs.
- Non, à vrai dire, je comptais n'en prendre que deux." affirma Kogan. "Les plus imposants, de préférence.
- ONSCLE DÉMISSIONNAIRE !
" l'accusèrent les rongeurs.
- Patacouïk, Gropouïk!" appela l'ingénieur. "Vous êtes maintenant sous la responsabilité de Kogan. Soyez sage et passez rendre vos livres quand vous aurez fini de les lire !
- Oui-da, Précepteur !
" répondirent les deux rongeurs les plus hauts et larges du groupe en s'avançant de quelques pas.
- Bien." affirma Kogan. "Ces deux rongeurs plus deux armes à poudre et nous seront quittes.
- Deux rongeurs, une arme à poudre et tu me donnes tes chaussures." tenta de marchander McTruman.
- Laisse-tomber la négociation, t'as de l'obsidienne dans les yeux." fit Kogan en se massant les tempes. "Fais-moi prévenir quand les armes seront prêtes. Quoique non, viens me prévenir toi-même. Tu serais capable d'envoyer un rat."
Regardant l'ingénieur zigzaguer vers la sortie en expliquant le fonctionnement d'une maison de passe à des rongeurs captivés, Kogan se servit un grand verre de rhum nain qu'il bût cul sec. Le mal de crâne qu'il avait attrapé au cours de cette discussion sans queue ni tête avait réussi l'exploit de lui faire momentanément oublier tous ses problèmes de souffle.
Il n'avait pas fait de marchandage aussi décousu depuis la Presque Crise d'Obseroche lorsque, cinq ans auparavant, un désordre général dans l'arrivée des pigeons voyageurs avait virtuellement mis en faillite l'économie entière de la ville pendant quelques heures. Apprenant la nouvelle, le soldat gardant sa cellule avait alors tenté de lui revendre tout l'obsichalque qu'il possédait contre le morceau de pain rassis qu'il avait dans sa gamelle. Et réalisant la soudaine prise valeur de son capital céréalier, Kogan avait bien sûr fait monter les enchères et se serait retrouvé propriétaire d'une maison plus cinq tonneaux de vin, une vache, dix poulets et une quantité conséquente d'obsichalque si l'économie n'était pas revenu à son état normal quelques minutes avant que le marché soit conclu.
"Ouais. Ça avait vraiment été un printemps bizarre." marmonna-t-il pour lui-même.
- - - -
"Quel flacon ?" demanda Hurrist McDurrist en parcourant la rangée d'étagères du regard.
- Celui avec marqué essence de fleurs d'oranger dessus." lui répondit son cousin en prenant place sur son trône roulant.
Revenant avec le récipient demandé, McDurrist porta un regard mi-fasciné mi-dégoûté sur la prothèse en léger état de décomposition que son nécromancien de cousin utilisait en guise de bras droit.
"Voilà qui devrait masquer tout début d'odeur." approuva McTruman en débouchant le flacon pour en verser l'intégralité du contenu sur le bras cadavérique.
Dans violent grésillement accompagné d'une fumée épaisse, le liquide passa à travers le membre puis à travers la table pour former une flaque bouillonnante au sol.
"Quel flacon m'as-tu passé ?" fit l'ingénieur en contemplant avec une légère surprise ce qui restait de la prothèse.
- Les étiquettes étaient illisibles." l'informa McDurrist avec détachement. "Alors j'en ai pris un au pif.
- Ennuyeux.
" répliqua l'ingénieur en dirigeant par à-coups son trône roulant vers le coffre qu'il gardait au fond de la salle.
De son unique bras libre, il délogea une de ses béquilles de son support et poussa le crochet qui maintenait fermé le coffre précité. Le couvercle de ce dernier s'ouvrit à la volé et une foule de mains en jaillirent, tentant d'échapper à leur captivité.
"Couchés!
" leur intima l'ingénieur en les gratifiant d'une pluie de coups de béquille.
Quand les membres se furent calmés, il saisit celui qui se rapprochait le plus de son bras gauche en volume et en longueur et le fixa au support attaché à son moignon. Semblant satisfait, il referma le coffre, déroula sa manche et enfila son gant afin de masquer nature de son appendice de substitution.
"Donc, que me disais-tu avant cette interruption ?" lança-t-il à son cousin.
- Que le fer est expédié directement au palais." l'informa McDurrist. "Les kes ïngiz y ont réuni tous les artisans de valeur afin qu'ils travaillent à équiper leur armée comme les traîtres qu'ils sont.
- Heureusement qu'ils ne sont pas au fait de ma présence, alors.
" affirma l'ingénieur.
- Pas pour les raisons auxquelles tu penses, d'après ce que j'ai entendu." répondit son cousin.
Un mouvement au niveau de la porte attira le regard du mécaniste qui réalisa qu'un gros chat roux venait d'entrer.
"Oh, ce ne serait pas le chat de Vncvd ?
" remarqua-t-il en lui faisant signe d'approcher.
- Qui ?" fit Hurrist en levant le sourcil.
- Un maître joaillier de mes amis." lui répondit McTruman avant de reporter son attention au chat.
"Où est ton maître, minou ?
- S'il est si bon que ça dans son métier, il doit être au palais avec les autres." supposa McDurrist.
- Voilà qui me fait une raison supplémentaire de m'y rendre." réfléchit le mécaniste en se dirigeant vers le tunnel menant à l'artère principale, la trajectoire de son trône roulant rendue légèrement erratique par le manque de précision de sa prothèse nécromantique.
- Pas des bons animaux, ça, les chats." grommela son cousin. "Des putains de traîtres. Tout comme les chiens. Et les furets. Et les perroquets. Et les chevaux. Et les...
- Ne l'écoute pas, mon matou." conseilla McTruman au félin allongé sur ses genoux. "Tu m'as l'air d'être un animal particulièrement intelligent. ![]()
- Miahu ?
" répondit le chat.
"Couc...
"
Exécutant un arc de cercle presque parfait, le marteau manié d'une main experte passa en sifflant au-dessus du crâne de McTruman qui parvint au dernier moment à rentrer sa tête entre ses épaules dans un mouvement d'esquive inédit -ou seulement décrit dans un obscur ouvrage sur le pugilat rédigé par un homme-tortue peu au fait des particularités anatomiques des autres espèces humanoïdes-.
Comme étonné par sa propre réaction, Istam Thirzuntîr considéra tour à tout l'outil qu'il tenait en main et l'individu qui le regardait avec l'air légèrement endolori de qui réalise que la catégorie de vertébrés à laquelle est réservée la configuration que viennent de prendre ses cervicales n'inclut probablement pas pas les nains normalement constitués.
"...Urist McTruman ?" se souvint finalement le forgeron.
- Aïe.
" grinça l'ingénieur pour toute réponse.
- Pardonnez ma réaction. J'étais autant absorbé par mon travail que par mes pensées et vous m'avez surpris. " se justifia-t-il en désignant le morceau de métal rougissant sur les braises du fourneau.
- Il n'y a pas de mal." articula McTruman en s'étirant la nuque dans un craquement sonore. "Vous m'avez l'air légèrement sur la défensive, cependant. Vous ne prépareriez pas un mauvais coup, par hasard ?
"
Bien qu'apparemment lâchée sur le ton de la plaisanterie, la question fit hausser un sourcil au forgeron. Mastersausage avait-il été trop bavard ? A moins que le mécaniste soit un messager envoyé par ses soins ? Tout à ses suppositions, il réalisa soudain qu'il manquait un détail d'importance.
"...que faites-vous ici ?" demanda-t-il, surpris. "Les trompois ne vous ont tout de même pas recruté ?
- Pas encore, non." répondit l'ingénieur sans saisir le sens légèrement blessant de la question. "Mais ça ne saurait tarder, à mon avis. S'ils veulent les artisans les plus talentueux, nul doute que je...
-...comment êtes-vous entré, alors ?" le coupa Istam, légèrement incrédule.
- Par la porte, voyons.
" répondit le mécaniste comme s'il s'agissait de la logique la plus élémentaire.
Le forgeron jeta un regard aux quelques gardes qui surveillaient la vaste salle avec leur apathie habituelle, puis revint à l'ingénieur et son imposant trône roulant.
"Ils vous ont laissé passer ?" douta-t-il.
- Ils n'ont rien dit, en tout cas." répondit McTruman.
Istam resta un instant silencieux. S'il aurait préféré se trancher les veines plutôt que de trahir son royaume pour l'ennemi, il n'en allait pas de même pour tout le monde, surtout dans ces contrés à la moralité souvent plus douteuse. Ainsi, la possibilité que le mécaniste travaille pour les humains n'était pas à écarter. Après tout, il aurait fallu qu'Icar-Deng soit un souverain bien peu avisé pour laisser les membres d'un peuple occupé se réunir sans surveillance. Mais dans ce cas, pourquoi l'ingénieur avait-il prétendu ne pas avoir été recruté ? Il aurait été tellement plus facile de surveiller les artisans du palais en faisant partie de leur groupe. A moins qu'il ne soit là que pour détourner l'attention d'un véritable espion qui lui, aurait été la depuis le déb... Non, tout cela était ridicule. Mais ce cheminement de pensée lui prouvait bien une chose : il était en effet sur la défensive.
"C'est un véritable talent que vous avez-là." fit-il sur un ton qu'il s'efforça de rendre détaché.
- Pardon ?" demanda l'ingénieur.
- Vous semblez avoir vos accès dans les endroits les mieux gardés de la ville." insista prudemment Istam.
- Oh.
" répondit laconiquement l'ingénieur.
- Et... " reprit le forgeron en voyant que son interlocuteur ne semblait pas avoir l'intention de développer, "que nous vaut le plaisir de votre visite ?
- Ah, oui, notre visite!" sembla se souvenir l'ingénieur. "Mon ami Skrouïk-Pouïk m'avait dit que vous recherchiez certains... ouvrages récents concernant entre autres les royaumes étrangers et il se trouve justement que parmi ceux apportés par la dernière caravane écarloise..."
Il fouilla brièvement dans un compartiment de son trône roulant pour en ressortir un imposant manuscrit qu'il tendit au forgeron.
"...voilà." conclut-il. "En espérant qu'il vous plaira.
"
Istam jeta un rapide coup d’œil à la couverture. "Trois Mille Coques : Une Revue de la Marine Cérodienne Moderne" par Arros Uzol Ziril. Ce n'était pas vraiment ce qu'il espérait.
"Merci." fit-il par pure politesse avant de reporter son attention au morceau d'acier se trouvant dans le fourneau.
Lâchant un juron, il saisit une pince et l'en retira prestement avant de le jeter dans une bassine remplie d'eau qui se mit à bouillonner. Cette conversation venait de lui faire perdre plusieurs heures de travail.
"Oh, c'est vrai, vous êtes forgeron!" sembla se souvenir l'ingénieur. "Je suis moi-même un adepte de la discipline, dans laquelle je suis, je dois dire, assez prolifique ! Tenez, regardez, il m'arrive souvent de forger moi-même mes outils !"
Istam recula instinctivement à la vue de la pince difforme que l'ingénieur venait de sortir de sa barbe. Du point de vue d'un connaisseur, même le mot "immonde" était un qualificatif trop faible pour décrire cette... chose. Décidant de réagir le plus diplomatiquement possible à cette offense faite à son art, il posa une main amicale sur l'épaule du mécaniste et lui affirma calmement :
"Cette horreur ne mérite même pas le nom d'outil. C'est une véritable abomination, une insulte au métal qui a été utilisé pour la forger, à l'enclume qui l'a soutenue et au marteau qui a servi à la façonner, à moins que ledit marteau n'ait aussi été forgé par vos soins. Si vous êtes incapable de mieux, tenez-vous simplement éloigné des forges à tout jamais.
- ...c'est vrai qu'à l'époque où je l'ai forgée, je ne disposais pas vraiment de minerai de qualité." réfléchit le mécaniste sans se démonter le moins du monde. "Cependant, j'ai aussi réalisé ce tournevi...
- Je ne veux pas le voir." le coupa Istam. "Mes yeux ont contemplé de nombreuses atrocités, mais aucune n'avait encore souillé la vision que j'ai de mon art. J'en viens même à en vouloir aux gardes de ne pas vous avoir arrêté quand vous avez pénétré dans cette salle.
- Je ne prétends pas disposer d'une pratique parfaite," se justifia le mécaniste, "et je suis toujours preneur question conseils, surtout venant d'une personne ayant votre réputation ! ![]()
- Le seul conseil que j'ai à vous donner est de vous abstenir de pratiquer." répondit le forgeron. "Là d'où je viens, certains de mes pairs les plus conservateurs auraient demandé à ce que l'on vous brise les mains pour vous empêcher de commettre à nouveau de telles monstruosités.
- Hé, je sais bien qu'il fait de la merde, mais pas besoin d'être blessant !" fit une voix dans son dos.
Sursautant à nouveau, Istam se retourna instantanément en résistant à l'envie d'accompagner son mouvement d'un second coup de marteau pour se retrouver face à un visage rosé au yeux porcins.
"Salut-salut..." fit nonchalamment McDurrist de sa voix grasse et râpeuse.
- Et vous êtes... ?" hésita Istam.
- Hurrist McDurrist." se présenta le nouveau venu.
- J'ai l'impression de vous avoir déjà vu quelque part." affirma le forgeron.
- Bah." répliqua Hurrist. "On a tous trois sosies en ce bas monde, comme on dit.
- Je ne sais pas qui est ce on, parce que je n'ai jamais entendu dire ça.
" avoua McTruman.
- - - -
À l'autre bout du continent, Rorul Paddlersausage rajusta la plaque de bronze polie lui servant de miroir et fouilla dans sa malle à vêtements afin de se préparer pour la journée.
"Voyons..." réfléchit-il.
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"...absolument parfait." se décida-t-il avant de se tourner vers son chien de chasse. "Allez Baballe, on y va !"
- - - -
"Hurrist est mon cousin.:hap:" affirma fièrement McTruman.
- Votre cousin..." répéta Istam, voyant se dessiner une sorte de constante. "...et je suppose que personne ne s'est donné la peine de le prévenir que cet endroit était inaccessible car bien gardé ?
- Pff," souffla Hurrist d'un air méprisant, "comme si ces gardes risquaient d'arrêter qui que ce soit."
Joignant le geste à la parole, il adressa un salut de la main à l'un desdits gardes qui le lui rendit avec un sourire confus.
"J'ai l'impression que pour eux, on se ressemble tous." continua-t-il. "C'est honteux."
- Ce n'est qu'une question d'habitude." fit Urist Vncvd en se joignant à la conversation. "Un être physionomiste se base sur les traits qui différencient le plus l'autre de lui-même. D'où une confusion temporaire face à une groupe partageant l'un des traits différenciateurs en question. Ce qui ne semble bien sûr pas expliquer propension de certains d'entre-nous au... déplacement universel ? Bonjour messieurs et bienvenue dans notre humble lieu de travail !
- Oh Vncvd, je te cherchais justement !
" se réjouit l'ingénieur.
- McTruman !" se réjouit le maître joaillier. "Je me disais bien que j'avais reconnu ce trône roulant. Heureux de te voir de retour parmi nous ! Donc, tu me cherchais pour...?
- ...te ramener ton chat!" compléta l'ingénieur en lui tendant le félin se reposant à l'arrière de son véhicule. "Il traînait dans l'atelier. Je l'ai tout de suite reconnu à son air futé. Tel maître, tel animal !"
Vncvd regarda tour à tour le chat puis l'ingénieur qui le lui tendait d'un air satisfait.
"Ce n'est pas mon chat." affirma-t-il.
- Tu es sûr ?" insista McTruman.
- Il ne lui ressemble même pas !" s'exclama le joailler.
- Miahu.
" ajouta le chat.
- Oh ? J'aurais cru, pourtant." douta le mécaniste.
- Tu l'as bien regardé ?!" s'indigna Vncvd tandis que le félin partait se balader en quête de nourriture.
- Tant pis.
" fit McTruman en haussant les épaules.
- Tel maître, tel animal...?" grommela le joaillier en repartant vers son atelier. "C'en est presque vexant.
- C'est la première fois que je vois Vncvd s'en aller ainsi." s'étonna Istam. "D'habitude, il tient toujours à avoir le dernier mot.
- Alors comme ça, vous êtes forgeron ?" constata Hurrist en admirant les lames d'épées soigneusement alignées sur la table de travail.
- Si vous me dites que vous aussi..." soupira Istam, s'attendant à une étalage d'incompétence similaire à celle du premier cousin.
- Oh, non," le rassura Hurrist, "c'est loin d'être mon domaine, mais je dois m'avouer impressionné par votre travail. D'après ce qu'on dit sur vous, il fait honneur à notre race toute entière.
- Merci." fit le forgeron, légèrement surpris.
- En tant que nains, nous nous devons d'honorer nos traditions," approuva McDurrist, "et l'art de la forge en est une des plus anciennes !
- Nous sommes d'accord sur ces deux points." reconnut Istam avec une ombre de fierté dans la voix.
- Vous m'avez l'air d'être un nain aux convictions solides." le félicita Hurrist. "Avec un talent comme le vôtre, je me demande pourquoi vous êtes venu vous installer dans ce trou. Vous auriez pu faire fortune en restant à la capitale !
- Je n'y ai jamais habité." l'informa Istam.
- Bah, il y a pire pour un forgeron que de ne pas être né à la capitale!" affirma son interlocuteur.
- Vraiment ?" fit Istam sur un ton mi-ironique, mi-curieux.
- Ouais, vous auriez pu être un de ces cons prétentieux de rotargentais!" se réjouit Hurrist en lui envoyant une grande claque dans le dos.
- - - -
"Qu'est-ce qui s'est passé...?" articula Hurrist en reprenant connaissances.
- Istam semble ne pas avoir apprécié tes affirmations sur le supposé manque de modestie de son peuple." l'informa McTruman. "D'un point de vue objectif, c'était un crochet magnifique. Ta tête s'est presque retrouvée à angle droit avec le reste de ton corps. ![]()
- Ah, le biban gatiz ! " marmonna l'imposant nain en massant sa mâchoire endolorie. "Foutu rotargentais! Si j'avais su! Ce sont des vicieux! Comme les Obserochois ! Et les...
- Ah bon ?" fit distraitement McTruman en allant chercher un pot de pommade sur l'une de ses étagères. "La plupart de ceux que j'ai rencontré m'ont pourtant paru très corrects. ![]()
- Crois-en mon expérience, ce sont des..." insista McDurrist en tentant de se relever. "Des... Au fait, on est où, là ?
- A l'atelier." affirma son cousin en passant sa main devant ses yeux. "Je t'y ai ramené. Dis-moi, tu m'as l'air encore sacrément sonné. Tu devrais rester allongé."
- Pourquoi t'es allé voir cet abruti, déjà ?" râla McDurrist.
- - - -
Maniant rageusement sa pelle, Istam rajouta une dose conséquente de charbon dans son fourneau et actionna le soufflet avec force. Les deux cousins étaient presque parvenus à lui gâcher sa journée. Tendant la main vers la caisse où étaient entassées les barres de fer qu'il utilisait, il fut surpris de ne rien y trouver.
Arrêtez de parler de bouffe dans vos chapitres putain. ![]()
Et revenus d'au-delà de la Mer Martiale, des voyageurs prétendaient avec humour qu'à chaque fois que quelqu'un tentait de décrire la gastronomie de Cérodie ou de la Roue d'Argent, un grand cri de désespoir venu d'on savait où retentissait sur tout le continent.
![]()
Le genre de pain qui semblait vous dire de baisser les yeux lorsqu'il se trouvait dans votre écuelle.
Ah bah la voilà la gastronomie de la Roue d'Argent. ![]()
... Oh, ça parle de Kogan ?! ![]()
Debout derrière le comptoir tel un seigneur surveillant son domaine depuis le balcon de son château
![]()
Lorsqu'il était encore Kogan le contrebandier défiant l'oligarchie des Falaises d'Obsidiennes et non Kogan le pourvoyeur d'âmes errantes. Kogan le désabusé, Kogan-en-fin-de-vie
... ![]()
On a vu plus élogieux.
À ces orphelines il donnait un toit, des assiettes pleines et ce qui se rapprochait le plus d'une famille.
*regard entendu vers Usul*
"Coucou.
"
Merde. ![]()
- J'ai ouï-dire que tu proposais certains... Services.
Ho mon dieu... ![]()
Il inspira profondément avant de finalement pointer un doigt vers sa propre ceinture.
"Ca marche encore ?
HO MON DIEU ! ![]()
Jamais bœuf ne s'est gaussé d'une table.
WTF !
![]()
- Il m'en faut le plus possible.
- Le plus poss..." hésita Kogan. "Mais qu'est-ce que tu vas en faire ?
- Je suis assez créatif." répondit l'ingénieur.
À ce moment là, t'imagines même pas à quel point je suis impatient de connaître la chute ! ![]()
le paragraphe suivant bourré de sous-entendus
La tête de Kogan doit être priceless ! ![]()
C'est génial putain ! ![]()
Du fer.
Mais il a entendu ça où, lui ? ![]()
- Je ne vois pas comment un établissement donnant un toit et un travail à des gamines abandonnées pourrait prétendre ne pas être respectable." affirma le mécaniste. "C'est en quelque sorte un orphelinat autofinancé ?
J'apprécie cette vision des choses. ![]()
"Tiens, la petite Etóm semble être très proche de ce soldat humain. Tu mets en place un programme d'adoption ?
- Pas du tout.
- Et pourquoi il...
- …
- Oh." fit finalement le mécaniste d'un ton monocorde.
En général on a des chambres pour ça mais soit ! ![]()
les hommes-rats chez Kogan
Je la sens mal, je sais pas pourquoi ! ![]()
"Est-ce que ce sont les bestioles qui ont chargé l'armée trompoise ?" siffla-t-il à travers ses dents.
Voilà ! ![]()
Absent de la forteresse lors des événements ayant mené à son occupation
Il était présent physiquement mais il était bourré donc on va rien dire. ![]()
"Est-ce que ça est monstres qui chargé nous !?" cracha-t-il entre deux quintes de toux.
- Nocam!" s'exclama Kogan en lâchant l'ingénieur pour gratifier l'officier trompois d'un grand sourire. "Tu viens juste de gagner le droit d'emmener trois de mes filles en même temps et ce, absolument gratuitement !
- Que..." hésita l'humain, légèrement confus "Quoi moi fait avec trois ?
- La même chose qu'avec une, mais c'est trois fois mieux." affirma le contrebandier.
Mais pourquoi je te donne pas juste Kogan et l'auberge et je te regarde faire ?!
![]()
- Bien sûr." mentit Kogan. "J'ai déjà essayé cinq, ça n'apporte rien de plus."
Pas avec sa marchandise en tout cas. ![]()
- Je n'ai jamais dit que j'acceptais ta demande." répliqua Kogan.
- Tu n'es pas en position de marchander.
" répliqua l'ingénieur avec assurance.
Je veux engager Urist tout de suite ! ![]()
"...dis-moi Urist," demanda-t-il soudain, "tes bestioles, elles sont fidèles ?
Les grands esprits se rencontrent, on dirait. Par contre tu viens de faire sauter une partie déjà écrite de mon chapitre. Ça m'apprendra à mettre trop de temps à poster. ![]()
"Les enfants, maintenant, c'est Kogan qui va s'occuper de vous! " leur affirma-t-il.
Je parie qu'Urist est précoce. ![]()
- Deux rongeurs, une arme à poudre et tu me donnes tes chaussures." tenta de marchander McTruman.
JE L'ENGAGE ! ![]()
Hurrist McDurrist
Ho yes. ![]()
L'ingénieur est une veritable épave maintenant en fait. ![]()
Comme étonné par sa propre réaction, Istam Thirzuntîr
Je m'y attendais pas. ![]()
Istam et Urist ? Ça promet.
*sort plus de pop-corn*
"Ils vous ont laissé passer ?" douta-t-il.
- Ils n'ont rien dit, en tout cas." répondit McTruman.
Mc Truman est OP. ![]()
"C'est un véritable talent que vous avez-là." fit-il sur un ton qu'il s'efforça de rendre détaché.
- Pardon ?" demanda l'ingénieur.
- Vous semblez avoir vos accès dans les endroits les mieux gardés de la ville."
T'inquiète Tatam, il est déjà avec nous. ![]()
Décidant de réagir le plus diplomatiquement possible à cette offense faite à son art, il posa une main amicale sur l'épaule du mécaniste et lui affirma calmement :
"Cette horreur ne mérite même pas le nom d'outil.
"Diplomatiquement" ![]()
Je trouve que Mc Truman sublime tous les autres personnages. ![]()
- Hé, je sais bien qu'il fait de la merde, mais pas besoin d'être blessant !" fit une voix dans son dos.
Yeeeees ! ![]()
À l'autre bout du continent, Rorul Paddlersausage rajusta la plaque de bronze polie lui servant de miroir et fouilla dans sa malle à vêtements afin de se préparer pour la journée.
JE LES SAUVEGARDE TOUS !!!
![]()
Alex a pris de la drogue ! ![]()
- Ouais, vous auriez pu être un de ces cons prétentieux de rotargentais!" se réjouit Hurrist en lui envoyant une grande claque dans le dos.
Je sens que... ![]()
"Qu'est-ce qui s'est passé...?" articula Hurrist en reprenant connaissances.
Voilà ! ![]()
(Vu le caractère de ces deux personnages, une telle scène devait être écrite un jour ou l'autre.
)
Tendant la main vers la caisse où étaient entassées les barres de fer qu'il utilisait, il fut surpris de ne rien y trouver.
Ho genre. ![]()
Mon offre d'emploi est maintenue.
J'ai adoré ce chapitre, tu arrives encore à me surprendre. C'est impressionnant d'arriver à faire avancer l'histoire logiquement tout en étant drôle. ![]()
J'ai déjà vu cette tournure de phrase quelque part.

Oui, là. ![]()
Un chapitre! ![]()
Peu renommés pour leur traditions culinaires, les gobelins morneirois faisaient un pain d'épeautre
C'est peu dire, vu qu'ils n'ont pas besoin de manger. ![]()
des voyageurs prétendaient avec humour qu'à chaque fois que quelqu'un tentait de décrire la gastronomie de Cérodie ou de la Roue d'Argent, un grand cri de désespoir venu d'on savait où retentissait sur tout le continent.
Eh. ![]()
Le genre de pain qui semblait vous dire de baisser les yeux lorsqu'il se trouvait dans votre écuelle. Un pain de caractère.
Un pain de nain. ![]()
- J'ai ouï-dire que tu proposais certains... Services.
Ce passage était parfait. ![]()
Il lui faudrait donc des subordonnés remplaçables et d'une loyauté absolue.
Il serait bien qu'ils soient capable de toucher une cible, aussi. ![]()
Décidant de réagir le plus diplomatiquement possible à cette offense faite à son art, il posa une main amicale sur l'épaule du mécaniste et lui affirma calmement :
Je comprend que le décalage entre cette phrase et sa réaction est à l'origine de l'humour recherché, mais pour moi Istam n'aurait pas agit comme ça, surtout envers Urist qu'il considère comme quelqu'un d'un peu simple d'esprit. Ou alors, il faisait de même quand sa fille gâchait des morceaux de métal pour l'imiter, ce qui ferait de lui un très mauvais père. ![]()
"...absolument parfait." se décida-t-il avant de se tourner vers son chien de chasse. "Allez Baballe, on y va !"

- Istam semble ne pas avoir apprécié tes affirmations sur le supposé manque de modestie de son peuple." l'informa McTruman. "D'un point de vue objectif, c'était un crochet magnifique. Ta tête s'est presque retrouvée à angle droit avec le reste de ton corps.
La encore, la réaction est drôle mais j'aurais imaginé moins de violence, ou plutôt une violence plus verbale qui aurait éventuellement pu escalader. Il n'a pas frappé Vncvd. ![]()
Maniant rageusement sa pelle, Istam rajouta une dose conséquente de charbon dans son fourneau et actionna le soufflet avec force. Les deux cousins étaient presque parvenus à lui gâcher sa journée. Tendant la main vers la caisse où étaient entassées les barres de fer qu'il utilisait, il fut surpris de ne rien y trouver.

Mc Truman est OP.
N'est-ce pas? Nos deux personnages ont besoin de plusieurs semaines de préparations et d'une vingtaine d'hommes de mains pour finalement parvenir à un plan frisant le suicide collectif, et ce pour espérer avoir une chance de s'introduire dans le palais et récupérer un objet. McTruman entre par la porte principale avec un chat dans les bras et les poches pleines d'objets pouvant être utilisés comme armes et passe. ![]()
Voilà qui va alimenter la légende du personnage.
Heureusement car on verrait sûrement Istam débarquer instantanément avec un de ses tonneaux de poudre pour faire sauter la taverne et la moitié du quartier des fumées avec !
Quels tonneaux? Sodel (et pas Istam) a quelques sacs dont la plupart ont été utilisés pour extraire l'adamantine du mur de slade. ![]()
Si ce talent faciliterait la récupération d'une certaine hache, il ne faut pas oublier qu'il ne voudra probablement aucune implication de près ou de loin avec quoi que ce soit fait à base de barba-papa. Donc utile, mais inutile.
J'ai du mal à trouver une justification pour ne pas l'employer, en fait. En dehors d'un refus de ta part. ![]()
Personne n'est à l'abri d'un coup de blues pseudo introspectif, en effet.
Kogan oscille entre cet état d'esprit et des phases de joie d'avoir retrouvé un semblant d'activité et de réussite. ![]()
DAMMIT ! Je me suis craqué question chronologie. Honte sur moi, je corrigerai ça dans la version .PDF
Personne ne peut t'en vouloir, cette époque était confuse. ![]()
Voilà, c'était l'objectif que je pensais que nous avions en commun.
J'avais aussi pensé à un moment où Kogan engage S-P. ![]()
Si ce talent faciliterait la récupération d'une certaine hache, il ne faut pas oublier qu'il ne voudra probablement aucune implication de près ou de loin avec quoi que ce soit fait à base de barba-papa. Donc utile, mais inutile.
Il a pas besoin d'être au courant. ![]()
Bah non puisque c'est une auberge respectable. Pour une taverne respectable, il faut aller au Bélier Torché. Ne confondons pas auberge et taverne, c'est un amalgame très dangereux que vous me faites là.
...oups.
Kogan lui-même ne sait pas trop ce que c'est, à vrai dire. ![]()
OH NON, LES PSEUDO-FÉMINISTES ÉCO+ VONT DÉBARQUER !
*heavy breathing* 
Ho, voilà qui répond à la question de Kait. ![]()
Le forgeron tourna vers le nouvel arrivant un regard méfiant.
"Ah, maître Mastersausage.
Yes !
Décidément, on est gaté aujourd'hui.
Sodel reposa immédiatement le sac de poudre, soufflant son mépris à cette idée.
![]()
C'était obligé. Mais j'ai toujours de la place pour elle si tu veux. ![]()
"Ses essais à la métallurgie étaient certes... intéressants, mais..."
Si Mc Truman commence à équiper nos complices, on récupérera jamais cette hache ! ![]()
Istam et les humains
Mon dieu ! ![]()
Je veux que Kait fasse un dessin de cette scène. ![]()
la suite
Hé, ça faisait longtemps qu'on avait pas vu de sang dans cette série, même si je m'attendais pas à ce que ce soit lui qui en fasse les frais. ![]()
Très bon chapitre Usul, comme d'habitude. Bien plus court que ce à quoi tu nous as habitué, mais avec quand même son lot de rebondissements. Tu t'essaies à l'humour trumanesque ? ![]()
Va falloir que je bosse sur la suite moi du coup. ![]()
Wait. Pourquoi tu l'as supprimé ? ![]()
Tu connais cette histoire Cody ?
C'est très instructif tu sais. ![]()
Je quitte ce forum. ![]()
Ou le truc immangeable que prépare n'importe quel parent qui a acheté une machine à pain pour essayer.
![]()
Je peux témoigner. ![]()
Mc Truman OP
. Le problème, et la formulation d'Usul le montre bien, c'est que là on a un repère de difficulté. Par exemple, quand Mc Truman fait une machine de siège monstrueuse ou bien se propulse à une vitesse ridiculement élevée, c'est comique mais... c'est peu ou pas important ! On comprend bien que l'aspect comique l'emporte sur le sérieux du récit. Envoyer des cailloux de plusieurs tonnes à l'autre bout du continent, personne ne cherchait à le faire, donc Mc Truman n'est pas si OP car il ne résout aucun problème réel de manière magique. Tandis que là on a deux personnages principaux entièrement dédiés à s'infiltrer dans le Palais, qui mobilisent des ressources pour y parvenir, et à côté on a l'ingénieur qui y rentre sans aucune difficulté juste parce que c'est drôle. On a un repère, on a un contraste, et c'est inexplicable. Ça saute aux yeux. ![]()
C'est malin, en lisant ça à partir de mon tel, j'y ait cru.
Yes ! ![]()
C'est bon, je m'en occupe, ça ne me fera que trois chapitres à la suite, après tout.
J'ai déjà la suite en cours ! Laissez-moi juste un peu de temps pour rajouter du contenu aux chapitre, Alex vient d'en supprimer une partie ! C'est pas grave, il y a des scènes que j'avais envie d'écrire mais que je voulais remettre à plus tard pour une raison de rythme. Je vais faire ce que je peux. ![]()
Je suis sûr que ce détail sera corrigé dans la version 1.0 sous laquelle tourne Cornedebouc.
Je ne pense pas, puisqu'il s'agit d'un point de lore et non d'un problème technique. Les gobelins sont une espèce magique immortelle qui n'a pas besoin de manger. ![]()
Évidemment, ceci n'est qu'un ajout de point de vue et je te présente mes plus plates excuses en cas de mauvaise utilisation du personnage.
Je suis d'accord, mais Istam dispose quand même d'une certaine retenue. Il dira ce qu'il pense des talents d'un paysan si celui-ci persiste à se prendre pour un grand forgeron (mais essayera probablement au moins de le faire plus doucement avant de lui rentrer violemment dedans comme il l'a fait là), mais un roi ou un gamin par exemple auront droit à un traitement plus doux voire un simple acquiescement (le roi parce qu'Istam n'est pas fou et l'enfant parce que c'est justement un enfant). Je pense que ce que tu ne savais pas était la façon dont Istam considérait Urist, qu'il voit comme quelqu'un de très simple voire simplet (et franchement, ça me semble naturel comme jugement quand on voit la naïveté du personnage dans ses interactions avec les autres personnages).
Wait, ce n'est pas Istam qui a donné la recette à Sodel ?
Il l'avait simplement sur lui, il n'a jamais compris comment en faire et cherchait justement quelqu'un ayant les compétences pour le faire pour lui. Maintenant que Sodel a la formule, je ne suis même pas sûr qu'il en ait. Il en avait récupéré après son arrestation par les Cuirs Noirs pour aider à la faire évader mais depuis son retour elle a dû reprendre contrôle du stock. Contrairement à McTruman, elle fait très attention aux trucs qui peuvent exploser et garde un inventaire de la poudre qui lui reste (pas beaucoup, d'ailleurs). ![]()
Comme je l'ai dit -et fait- par le passé, selon ma doctrine d'utilisation du personnage, ses caractéristiques les plus extrêmes doivent être utilisées pour compliquer ou empirer une situation importante, jamais pour la résoudre.
De plus, la barba-papa semble être le seul point sur lequel l'ingénieur se montre froidement lucide et réaliste -dans une certaine limite propre au personnage, certes- et voyant qu'Istam ne dispose plus de sa hache, il fera probablement le lien entre ce qui lui est demandé et l'objectif réel. Après, libre à vous de l'utiliser dans cette optique, je vous préviens juste. ![]()
Je suis désolé, mais tout ceci n'est valable qui si Kogan lui explique la situation dans son ensemble. Sachant qu'il ment déjà à tous les autres participants, je doute que ce soit le cas. Connaissant en plus la naïveté générale de McTruman, je doute que Kogan le contrebandier soit incapable de le manipuler à sa guise (parce que bien sûr, s'il s'en sert la contribution de l'ingénieur ne sera pas "va prendre la hache bleue à la ceinture de l'humain", mais plutôt "fais ce truc complètement random dont l'effet aura des conséquences qui permettront la réalisation d'une partie obscure du plan". ![]()
Tandis que là on a deux personnages principaux entièrement dédiés à s'infiltrer dans le Palais, qui mobilisent des ressources pour y parvenir, et à côté on a l'ingénieur qui y rentre sans aucune difficulté juste parce que c'est drôle. On a un repère, on a un contraste, et c'est inexplicable. Ça saute aux yeux.
C'est exactement ce que je voulais dire. Si McTruman peut entrer aussi aisément dans le Palais, que font nos deux persos? Et aussi, que fait la garde humaine? Le Roi-Dieu vient tout juste d'échapper à une tentative d'assassinat, qu'un nain inconnu puisse juste passer est terrifiant. Je crois que tout le monde a compris ton intention (humour, drôle, mécéjustpourlelol, etc), mais la conséquence logique à tout ça est un Bemehring fou de rage lançant toute son armée à la recherche du nain dont la moitié du palais a le signalement et qui est en plus connu comme le responsable de la presque-débâcle de la prise de la ville. ![]()
parce que bien sûr, s'il s'en sert la contribution de l'ingénieur ne sera pas "va prendre la hache bleue à la ceinture de l'humain", mais plutôt "fais ce truc complètement random dont l'effet aura des conséquences qui permettront la réalisation d'une partie obscure du plan".
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Si McTruman peut entrer aussi aisément dans le Palais, que font nos deux persos?
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Istam n'est pas fou
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Plus vraiment. ![]()
Bon, on peut en débattre mais je voulais plutôt dire qu'il possédait un certain instinct de survie et un sens des convenances qui l'auraient empêché de directement et violemment contredire quelqu'un de haut placé.