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Liste des sujets

[RP] Cornedebouc

[Usul]
[Usul]
Niveau 10
13 janvier 2017 à 17:35:27

Suivant l'exemple d'Alex, ce serait les actions des persos et éventuellement leurs relations. Ce serait à la fois assez compliqué à réaliser et potentiellement rendu obsolète à chaque chapitre. Ce n'est pas une mauvaise idée, mais le résumé contient déjà ceci (dans un format certes moins pratique) et demande déjà beaucoup de notre courageux Alex (que je suppose être la cible de ta demande cachée, vu qu'il est le seul à être assez fou pour le faire :hap:).

Quoi qu'il en soit, je ne serai certainement pas celui qui le fera. Je n'ai déjà pas le temps de terminer un chapitre que j'avais commencé fin décembre, alors ce genre de schéma est complètement hors de question. :hap:
Il le serait probablement aussi si j'avais le temps, remarque. Faire ses recherches aide à écrire un truc cohérent et n'oblige personne d'autre que soi-même à consacrer des heures entières à l'étude de l'état de l'histoire. :hap:

TheCody
TheCody
Niveau 20
13 janvier 2017 à 18:50:49

Usul a pas tort. Et puis, c'est pas si compliqué de demander à la personne responsable d'un perso les relations qu'il entretient avec un autre protagoniste. :hap:

Kait
Kait
Niveau 10
13 janvier 2017 à 20:49:21

...On est en quelle saison déjà ?
Je perds tout le temps le fil. :hap:

Il faudrait vraiment qu'on ait plus de marqueurs temporels.

Suivant l'exemple d'Alex, ce serait les actions des persos et éventuellement leurs relations.

Tss.
Bien sûr que non. Un truc qui représenterait les liens de chaque personne, chaque objet, chaque ville et chaque intrigue de merde les uns avec les autres. Un truc simple et pratique. https://image.noelshack.com/fichiers/2016/19/1462823710-murhul-b.jpg

TheCody
TheCody
Niveau 20
13 janvier 2017 à 20:56:10

Il me semblerait logique qu'on arrive vers la fin de l'hiver, début printemps. :hap:

Alex_Truman
Alex_Truman
Niveau 10
13 janvier 2017 à 21:34:01

Bien sûr que non. Un truc qui représenterait les liens de chaque personne, chaque objet, chaque ville et chaque intrigue de merde les uns avec les autres. Un truc simple et pratique. https://image.noelshack.com/fichiers/2016/19/1462823710-murhul-b.jpg

legends.xml :hap:

[Usul]
[Usul]
Niveau 10
13 janvier 2017 à 21:41:17

Voilà. Simple, pratique, et incroyablement utile à celui voulant une information. :hap:

Kait
Kait
Niveau 10
13 janvier 2017 à 21:42:16

Voilà. Simple, pratique, et incroyablement utile à celui voulant une information. :hap:

Je ne te permets pas de remettre en question la puissance du .xml, sacripant. :hap:

[Usul]
[Usul]
Niveau 10
13 janvier 2017 à 21:56:51

Je remets vivement en question la capacité du .xml à partager une information destinée à une lecture humaine. :hap:

Kait
Kait
Niveau 10
13 janvier 2017 à 21:58:21

Legend Viewer. :oui:

[Usul]
[Usul]
Niveau 10
13 janvier 2017 à 22:01:36

Sauf que dans le cas du rapport que tu demandes (dont le format .xml est une métaphore), legends viewer n'a pas d'équivalent. :hap:

Kait
Kait
Niveau 10
16 janvier 2017 à 23:00:11

J'ai fini un chapitre, je le relirais demain tranquillement et le posterais après. :oui:

Ce message est surtout pour Usul qui adore être tenu informé de la sorte, comme nous le savons tous. :hap:

Alex_Truman
Alex_Truman
Niveau 10
16 janvier 2017 à 23:24:49

Ca tombe bien, j'avais la flemme de lire. :hap:

[Usul]
[Usul]
Niveau 10
17 janvier 2017 à 00:06:35

Va crever. :hap:
Es-tu sûr qu'attirer mon hostilité de cette façon est ce que tu veux avant de poster un chapitre dont tu n'es pas sûr de la légalité? :hap:

Bon, et sinon j'aimerais vraiment avoir le temps de finir le chapitre que j'avais commencé pendant les dernières vacances. Un jour, je ne désespère pas. :hap:

Kait
Kait
Niveau 10
17 janvier 2017 à 00:38:25

Es-tu sûr qu'attirer mon hostilité de cette façon est ce que tu veux avant de poster un chapitre dont tu n'es pas sûr de la légalité? :hap:

De toute façon je te blacklisterais pendant cinq jours histoire de laisser passer la tornade, je me fais pas trop de soucis. :hap:

[Usul]
[Usul]
Niveau 10
17 janvier 2017 à 08:41:33

Je suis patient. :hap:

TheCody
TheCody
Niveau 20
17 janvier 2017 à 18:34:40

Bon il vient ce chapitre?

Kait
Kait
Niveau 10
17 janvier 2017 à 18:39:08

Je suis patient. :hap:

Tu auras aussi intérêt à être concis parce que tu seras re-blacklisté aussitôt que je verrais un message trop long. :hap:

Les chapitres ne comptent évidemment p... oh, quoique. :hap:

Bon il vient ce chapitre?

Je viens à peine de rentrer chez moi, suis le modèle de ton VDD. :oui:

TheCody
TheCody
Niveau 20
17 janvier 2017 à 18:55:22

D'accord.

"Va crever. :hap:"

Kait
Kait
Niveau 10
17 janvier 2017 à 22:47:04

  La légère brise caverneuse caressait avec tendresse les cheveux ébouriffés du jeune héros. Il était heureux après tout. Tout allait bien. Il avait de la nourriture à foison, des gardes du corps dévoués et un endroit sûr pour oublier tous les petits tracas de la vie. Non, vraiment, il n'y avait aucun problème.
  Si on excluait bien sûr toutes les familles de miasmes omniprésentes qui glapissaient sans cesse :  « Coucou, dîtes, on pourrait s'installer dans votre bras ?

  Morul remit sa toque en place et poussa un autre gémissement douloureux. La douleur... Elle était insurmontable. Si les nerfs de sa jambe gauche avaient fini par arrêter les messages au cerveau toute les trois secondes pour annoncer que « attention boss, on a un truc qui cloche ici ! », son bras droit lui donnait toujours le sentiment d'avoir une cruelle envie d'aller voir du pays dès que la simple idée d'esquisser un mouvement avec traversait son esprit.
  Il épongea son front suant à l'aide de sa veste roulée en boule dans sa main et se cala le dos contre l'énorme pierre qui trônait au milieu la pièce, si tant est qu'on pouvait qualifier l'espèce de trou comme creusé à la dent à même la roche de pièce.
  Morul songea à la mort. Ça ne l'avait jusque là jamais vraiment empêché de dormir, mais maintenant qu'elle semblait toute proche, il voyait les choses sous un angle tout nouveau. Il pensait à toutes les choses qu'il aurait voulu faire avec de mourir lamentablement de maladie au fin fond d'un trou qui sentait le caca de rat. Chasser avec sa sœur, frapper son cousin très fort dans l'arrière-train pour la fameuse histoire de la crème de marron, peut-être tuer un ou deux gobelin, dompter un lion...

  Dans le folklore populaire obserochois, on raconte qu'à l'heure fatidique, la Mort en personne vient chercher l'âme du défunt, pour l'emmener dans les profondeurs de la terre. Là, si elle est pure, elle s'incarnere en diamant ou en rubis. Si elle a appartenu à un grand guerrier, plutôt un filon d'hématite ou de malachite. Si elle est vile et corrompue, sûrement un caillou moche ou un bloc de craie.
  Morul n'avait jamais été un nain particulièrement pieux, aussi avait-il toujours ignoré ces idioties. Quand on mourrait, on était mort et c'est tout.
  ...Mais alors qu'elle était cette étrange forme dans l'obsc...

  « Coucou ! :hap:
  – WHOARH !»

  Le chasseur poussa un glapissement de terreur digne des plus grandes héroïnes tragiques et sursauta si haut que les braves petits nerfs de sa jambe s'affolèrent à nouveau à l’atterrissage.
  Flottant nonchalamment face à lui un visage livide, glauque, translucide et éthéré, bref... en fin de compte, c'était bien moins terrible que ce à quoi il s'attendait voir après une telle phrase d'accroche. Non, c'était un fantôme. Un bon fantôme bien hanté.

  « Je vous regardais depuis un moment, expliqua joyeusement le spectre, mais j'osais pas déranger.
  – Oh mais euh, ah ah, pas du tout, » bégaya Morul entre deux respirations paniquées.

  Vraiment, les fantômes, c'était sain, ça n'avait rien de surnaturel. Celui là n'avait pas l'air méchant du tout qui plus est. Vêtu de haillons déprimants tout aussi translucides que le reste de son corps, il était comme assis sur du rien à quelques dizaines de centimètres de Morul.

  « Je.. je peux vous aider ? tenta ce dernier.
  – Oh non, non non non, affirma le spectre de sa voix – sans surprise – d'outre-tombe. Je venais juste chercher un peu de compagnie. Vous savez, c'est long la mort dans un endroit comme ça.
  – Oui je... je suppose. Et, hem, vous êtes mort comment, si ce n'est trop indiscret ?
  – Oh un accident tout bête vraiment. Il y avait de la saleté sous le broyeur à ordure, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller y passer un coup de plumeau et puis...
  – Un idiot a tiré sur le levier à cet instant précis, termina le chasseur.
  – Exactement, acquiesça le fantôme. Enfin, ce sont des choses qui arrivent. Toujours est-il qu'il n'y avait plus grand chose à enterrer après, vous voyez...
  – Mais, eh, pourquoi on ne vous a pas fait une jolie stèle ? C'est ce qu'on fait normalement quand y'a plus de corps, non ?
  – Ils ont voulu, mais le problème c'est que personne ne se rappelait de mon nom. :hap:
  – Ah merde.
  – Oui, j'ai toujours été un peu introverti. :hap: 
  – Et depuis vous viv... vous mourrez ici ?
  – Tout à fait, mais ces dernier temps on s’ennuie un peu. Avant il y avait les hommes-rats, ils mettaient un peu d'ambiance euh.
  – Je suppose oui.
  – Oh, ils étaient très gentils. Certains ont même essayé de me manger une ou deux fois, c'était très amusant.»

  Morul sentit un long filet de sueur lui couler dans le dos. Son débardeur moite se retrouva collé à la pierre froide par l'humidité. Ce n'était pas le fantôme qui l'effrayait pourtant. Il devait être plus mal en point qu'il ne voulait l'admettre.
  Une pensée lui traversa l'esprit.

  « Mais pourquoi ne jamais avoir dit votre nom à quelqu'un ? s'étonna-t-il en fronçant les sourcils. Comme ça c'est réglé non ? Vous apparaissez, vous dîtes votre nom et voilà.
  – Mais grands dieux, non ! s'indigna le spectre. Nous autres fantômes, nous avons des règles à respecter vous savez !
  – Ah ?
  – Oui, par exemple, déjà, on ne peut apparaître qu'aux gens qu'on a bien connu, et aux personnes proches de la mort !
  – Je vois, tout s'explique. Du coup vous ne pouvez p... eh mais attendez une minute !
  – Tu parles à quelqu'un ? »

  Le fantôme se volatilisa instantanément, ne laissant derrière lui qu'une volute d'éther flou, lorsque Sodel passa l'angle du rocher et fit tomber aux pieds de Morul un gros tas de copeaux non identifiés.

  « J'ai trouvé du bois ! annonça-t-elle avec fierté. Enfin, si on peut appeler ça du bois. Ça a l'air de brûler en tout cas.»

  Elle se frotta les mains et balaya du regard les quatre coins de la pièce.

  «...Où sont passés les hommes-rats ? demanda-t-elle, de l'espoir plein la voix.
  – Je leur ai demandé d'aller me rapporter les cornes d'un "grognarf à bec pointu", expliqua Morul avec un large sourire. Ça devrait les occuper un moment. Et bien joué pour le bois.»

  Sodel s’accroupit à ses côtés et observa son visage, une mine désolée accrochée au sien. Même dans l'obscurité de la caverne, elle voyait qu'il n'avait pas l'air d'aller bien mieux. Blême, suant, la plupart des corps de la crypte avait meilleure allure.
  Certes, sa présence était d'une inutilité à toute épreuve, mais elle ne pouvait oublier le fait qu'il s'était mis dans un sacré pétrin pour l'aider. Comme on dit : « c'est la volonté qui compte ». Cela faisait presque deux jours qu'ils étaient ensembles, maintenant, et ils avaient finis par bien s'entendre (car durant les premières heures le brouhaha des hommes-rats ne le permettait pas). S'ils n'avaient tous deux pas tant que ça en commun, ils ne manquaient pas d'histoires à raconter sur leur professions respectives, et les heures avaient filé sans qu'ils ne s'en rendent compte.
  Morul avait d'ailleurs fait de grands efforts pour ne pas être aussi insupportable que son corps lui suggérait, et il avait pris sur lui malgré la douleur, en partie parce qu'il avait le sentiment que s'il se mettait à geindre comme un enfant de cinq ans, Sodel l'égorgerait bien avant que la maladie ne l'emporte. Ce qui d'ailleurs risquait fort d'arriver.

  « Tu as essayé de dormir ? s'inquiéta-t-elle. Tu sais, ma grand-mère disait qu'une bonne sieste guérit tous les maux.
  – Oh ? Et elle a va comment, ta grand-mère ? demanda Morul avec un cynisme à peine masqué.
  – Elle est morte il y a longtemps. Son bras a été arraché par un mécanisme et elle a préféré aller se coucher plutôt que de courir à l'hôpital.»

  Le chasseur l'observa quelques instants avec des yeux ronds. Ses joues se gonflèrent alors stupidement et il éclata d'un rire sincère et incontrôlable. Sodel esquissa un sourire, fière d'avoir réussi à détendre l'ambiance, mais il disparut aussitôt lorsque Morul se courba violemment et qu'un épais filet de sang lui sortit de la bouche.

  « Ça... ça va aller, articula-t-il en s'essuyant le menton avec le mouchoir que la mécaniste lui tendit. Honnêtement, j'ai connu pire.
  – Tu trembles, constata-t-elle d'une voix pleine de pitié. Je vais allumer ce feu.
  – Attends, j'ai un briquet dans ma poche, je te le sWARGH!»

  Ce n'était pas ce bras là qu'il voulait bouger...

---

  Bientôt, la douce chaleur du feu rudimentaire se lova sur leur visages fatigués. Le silence pesait dans la caverne, lourd comme l'air d'été, troublé uniquement par les respirations saccadés de Morul. Ils passèrent un long moment à se regarder sans rien dire. Finalement, le chasseur prit la parole d'une voix rauque :

  « Ça ne mène à rien. Tu devrais me laisser là et partir. Il me faudra des mois avant que je ne guérisse, si je guéris. Les hommes-rats s'occuperont de moi, tu sais. »

  Sodel l'observa sans rien dire. Il n'avait pas tort, au fond. Mais d'une part, la dernière chose dont elle avait envie à l'instant présent, c'était de se retrouver toute seule, qui plus est dans les cavernes. Elle savait trop bien ce qui pouvait se cacher dans les cavernes. D'autre part, elle ne pouvait se résoudre à laisser un blessé derrière elle, alors qu'il y avait sûrement une autre solution. Frout frout

  « Ne dis pas n'importe quoi,» soupira-t-elle simplement.

  Morul n'avait pas la force de protester de toute façon. Il s’emmitoufla un peu plus dans sa couverture de fortune en grelottant. Ainsi donc tout allait se finir ici. Morul Dabblersausage le Grand, mort tué par des déjections d'hommes-rats dans une caverne pleine de pisse, en tentant de sauver une demoiselle en détresse qui n'avait au final absolument pas besoin d'aide. Cling

  « Dis, Sodel... souffla-t-il avec peine. J'aimerais te demander un service. Tu sais, si je venais à ne pas m'en sor... quelque chose approche.»

  La mécaniste se leva aussitôt et saisit le poignard qu'elle avait à la ceinture, scrutant l'obscurité, les cinq sens en éveil.

  « Qu'est ce que... commença-t-elle.
  – Milu in rushan ! fit une voix au loin.
  – Merde ! »

  Elle courut auprès de Morul et passa son épaule sur son dos.

  « Allez, on doit filer ! lui intima-t-elle.
  – Laisse moi là ! protesta le nain presque avec rage en la repoussant. Je ne peux aller nul part ! Toi file ! »

  Sodel le dévisagea quelques instants, horrifiée. Puis elle réfléchit. Elle était déchirée entre son cœur qui lui disait de ne laisser personne derrière, et son instinct qui lui hurlait « BORDEL COURS ON VA CREVER LÀ !». Elle resta figée pendant ce qui sembla une éternité.
  … Mais on sait bien que quand le nain est menacé, il n'obéit qu'à ses réflexes les plus primitifs. Elle fila.

  Morul la regarda disparaître au détour d'une galerie, puis saisit la "lance" d'homme-rat qui lui servait de béquille et se mit debout en grognant, toujours emballé dans sa couverture. Il aurait voulu mourir l'arbalète à la main, mais il l'avait laissé dans l'atelier. Tant pis.
  Il était situé légèrement en surplomb, aussi eut-il un point de vue optimal sur la scène. Il plissa les yeux lorsque une dizaine de torches percèrent la noirceur de la caverne, dessinant des formes sinistres contre les parois rocheuses, et qu'une demi-douzaine d'humains se placèrent en arc de cercle face à lui, de longs arcs braqués dans sa direction, et escortés de leur serviteurs qui éclairaient la pièce.
  Ils avaient des vêtements bien plus élégants que l'ordinaire. Sûrement des nobliaux tout content de trouver de quoi s'occuper en participant à une partie de chasse dans les cavernes. Morul souffla un grand coup, et clama :

  « Passez votre chemin, ou vous subirez le courroux de Morul le Destructeur, celui qui par mille fois massacra sans pitié précisément une demi-douzaine de piètres personnages dont les arcs funestes étaient pointés vers lui ! Car jamais il ne, euh...»

  Le malaise s'installa au centre de la pièce avec un sourire amusé, tandis que les Trompois échangeaient des regards confus et embarrassés.

  «Oh, merde, j'oubliais, se rappela brutalement Morul. Euh, mastro... mastro datog, datog etrol... mas... Comment on dit ça déjà ? 
  – Levez vos mains en l'air et il ne vous sera fait aucun mal, dit l'un des archers en trompois d'un ton si cassant qu'il brisa la barrière de la langue.
  – C'est... c'est à dire que je veux bien, bredouilla le nain dans sa langue natale, mais euh, comment dire...
  – LES MAINS !
  – Ok, ok. »

  Et il leva les mains en l'air. Et s'étala par terre.

Kait
Kait
Niveau 10
17 janvier 2017 à 22:47:41

  Sodel réfléchissait à toute vitesse. Bon peut-être pas. Elle courait à toute vitesse, et réfléchissait un peu. Elle se demandait par exemple s'il y avait un intérêt quelconque à courir droit devant soi en espérant arriver quelque part, et si finir dévoré par un troglodyte était vraiment un sort plus enviable à celui de finir entre les mains des humains qui étaient après tout bien plus civilisés. Puis elle songea à son séjour au Kastologîk et aux merveilles de la civilisation, et en arriva à la conclusion qu'au moins le troglodyte ne savait pas vraiment ce qu'il faisait.
  Sodel entendit des pas lourds résonner sur le sol de roche. On l'a suivait. Elle plongea dans une galerie qu'elle traversa en quelques foulées rapides et déboucha dans une salle plus vaste. Est-ce qu'elle n'était pas déjà passé par ici ? Tant pis, il ne fallait pas s'arrêter de courir. Elle sauta à pied joints sur un rocher en contrebas, glissa le long de son flanc, et continua sa course quelques mètres. Merde, elle avait tourné en rond, elle se rappelait de cette salle. En principe, en tournant à gauche maintenant, elle pourrait... Les pas se faisaient plus fort.
  Elle prit une grande inspiration et sprinta dans une direction au hasard. De toute façon elle était complètement perdue alors quelle importance cela av– elle perçut un mouvement vif dans le noir, comme celui d'un objet extrêmement lourd déplaçant l'air dans sa course, et un tronc d'arbre la percuta.
  Sodel se sentit propulsée dans les airs et perdu tous ses repères. Elle serra les dents en appréhendant le choc avec le sol, mais il ne vint pas. Seulement une pression sur sa nuque. Elle plissa les yeux et parvint finalement plus ou moins à comprendre ce qu'il lui arrivait : ce n'était pas un trou d'arbre mais un gigantesque bras, au bout d'une silhouette massive, et qui la tenait par la peau du cou, comme on ferait avec un chaton qui se serait enfuit.
  Elle tenta de se débattre, mais cela ne résulta qu'en de petits moulinets dans les airs qui n'eurent pour effet que de lui donner l'air encore plus ridicule. Bon sang, comment cette chose avait réussi à l'attraper dans le noir alors qu'elle-même ne discernait que des formes floues ?
  Le monstre finit par hausser les épaules et cala Sodel sous son bras pour retourner tranquillement sur ses pas. Il lui aurait tapoté la tête en chuchotant « Ouh, vilaine petite » que l'effet en aurait été le même.

---

  Le noble trompois, du doux nom de Nasñok, en arriva à la conclusion qu'il était complètement inutile de ligoter Morul. Il s'assit plutôt face à lui et entama un fastidieux dialogue. Le nain comprenait bien sa langue, mais la baragouinait si mal que ça en faisait mal au cœur.

  « Bon, où sont-ils ? soupira Nasñok avec patience.
  – Qué ? bredouilla Morul d'une voix faible.
  – Les affreux rongeurs des cavernes.
  – La rognor ?
  – Oui, voilà. Ils sont où ?
  – Ah, ap... apeu patou.
  – C'est à dire... ?
  – Vo assi su un par ehemple.
  –Ewww ! s'indigna le noble en jetant le crâne au loin. Bon, et, euh, les vivants, ils sont où ?
  – Le vivian ?
  – Oui, les vivants.
  – Que... Que ne sé. Eh bouge toujours.»

  Nasñok soupira de plus belle. Des interprètes vraiment compétents, voilà ce qu'il manquait. Il fut sauver de justesse d'une autre épuisante conversation avec le nain lorsque Bemehring pénétra dans la pièce.
  Morul tourna la tête et vit la lueur des torches se déposer sur la silhouette gigantesque de ce qui serait sûrement un taureau s'il ne se tenait pas sur deux pattes. Sous l’aisselle, il tenait nonchalamment une espèce de gros chat en colère qui se débattait comme si on l'emmenait prendre son bain et... ah tiens, non, c'était Sodel.

  « Bon bah tant pis, songea Morul tristement. Dommage pour elle. Plus rien ne pourra la sauver maintenant. »

  Soudain, un cri résonna dans toute la caverne, un cri d'une telle conviction qu'il fit vibrer les murs.

  « À la bastaille ! :fou:
  – Ciel, une embuscade ! cracha Nasñok.
  – Oh, je ne crois pas, non, » soupira Morul dans sa langue.

  Les nobles trompois bandèrent leurs arcs comme un seul homme et... les abaissèrent presque aussi tôt devant le spectacle qui s'offrait à eux.
  Une douzaine de rongeurs armés d'arquebuses les chargèrent avec rage. Enfin, pas tout à fait. Il est intéressant de noter que trois d'entre eux foncèrent droit vers un mur et s’assommèrent sur le coup, qu'un autre était bien trop occupé à grignoter ses propres orteils pour pouvoir obéir à un quelconque ordre, tandis qu'un dernier s'était carrément étouffé avec une écharde grosse comme un poing en tentant de manger sa crosse.
  Si on ajoutait à cela ceux dont l'arme avait carrément explosé au premier tir et ceux qui s'étaient fait abattre malencontreusement par leur camarade de derrière, il ne resta bientôt plus que le valeureux Skrouïk-Pouïk seul face à une rangée d'archers médusés. La sagesse de ses ancêtres lui hurla de tout aussi sages indications et, obéissant à son instinct le plus noble, il plongea dans une minuscule galerie à ses pieds et disparut sans demander son reste.

  «... c'était donc ça qu'on était censé chasser ? finit par lâcher Nasñok.
  – Y sont pu michan ave bôcou, expliqua Morul avec difficulté.
  – Oh, par pitié la ferme. »

  Il ne se sentait pas la force d'un autre dialogue avec le nain. Tandis que les autres archers et leur serviteurs s'avancèrent pour achever froidement les hommes-rats restants, il se tourna vers Bemehring.

  « Je crains que l'on nous ait légèrement... survendu le projet, général Bemehring. Et dire que ces choses ont mis notre armée en déroute.
  – Une sauterelle seule ne représente aucun danger, Nasñok, mais une nuée peut venir à bout du plus puissant des hommes, fit camement le colosse. Dîtes moi, vous pourriez demander à votre nain d'expliquer à son amie qu'on ne va lui faire aucun mal et qu'il est complètement vain de vouloir me mordre les doigts ? »

  Nasñok se tourna vers Morul, mais celui-ci le prit de court :

  « On est cuit, Sodel, dit-il en nain avec un sourire tout sauf joyeux. Cesse de gigoter, ça ne va faire que l'énerver.»

  Elle ne répondit pas, mais finit par s'apaiser. Bemehring la reposa alors délicatement sur le sol, d'une façon qui lui fit comprendre qu'elle serait rattrapée aussitôt aurait-elle esquissé le premier pas pour s'enfuir.

  « Bien, conclut le général. Il semblerait qu'on en ait fini ici plus vite que prévu. Rappelez vos confères, nous nous dirigeons vers la sortie. »

  Il resta silencieux un instant, puis finit par ajouter :

  « C'est moi ou ce nain est en train de suinter ? »

---

  Bemehring et ses hommes ratissèrent (hehe) la zone une dernière fois puis finir par prendre le chemin du retour. À la grande surprise de Morul, une fois arrivé à l'atelier, le colosse laissa humblement partir Sodel, la poussant délicatement du bout du doigt, comme un enfant qu'on ramènerait dans la cour de récré en lui disant « allez, soit sage maintenant ».
  « Au moins on n'aura pas entièrement perdu la journée, » se dit-t-il en épongeant encore une fois son front pâle et poisseux.
  Quitte à probablement mourir, il tenta le tout pour le tout et suivit innocemment la mécaniste. Le général tiqua immédiatement. Pas un tic gentil. Plutôt un tic qui explique avec un petit sourire que la vie est déjà suffisamment courte pour ne pas en rajouter.
  Morul grogna. Il n'était pas encore tiré d'affaire.

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