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Liste des sujets

[RP] Cornedebouc

Ange_Pleureur
Ange_Pleureur
Niveau 70
29 juin 2016 à 19:20:21

Entreprise Usul :

"Vous l'avez construit sur le terrain du voisin.
- Vous comprendrez dans une ou deux générations."

Rofl, voilà qui ferait un cas pratique bien chiant en droit :hap:

Kait
Kait
Niveau 10
29 juin 2016 à 20:56:58

N'y tenant plus, Morul se laissa tomber au sol, exsangue et couvert de sueur, la respiration saccadée. Doren se jeta à genoux à ses côtés et lui souleva délicatement la tête. Elle se tourna alors vivement vers McEdern, resté à côté les bras ballant, et lui hurla, affolée:

"Il faut le conduire à l'hôpital, vite !"

Le capitaine s'agita alors d'un coup. Il aperçut au loin le Grand Roi humain ressortir de la chambre du Consul, visiblement assez contrarié. Il fit quelque pas dans sa direction en agitant la main.

"Grand Roi ! héla le nain. Morul a besoin de soins, pouvons-nous le transporter à..."

Le souverain ne l'écoutait absolument pas. Il s'était approché du mur face à lui, Aubebleue à la main. Tout à coup, il l'a planta rageusement dans la roche. C'était impressionnant, mais pas franchement compliqué : l'arme était si parfaitement tranchante qu'elle traversait la pierre molle comme du papier. Le roi jura à plusieurs reprises, grogna, puis saisit le manche de la hache avant de la retirer du mur d'un coup sec. Alors, il se tourna enfin vers les trois nains, et lâcha d'un ton désabusé:

"Oh. Oui, faîtes, faîtes..."

McEdern hocha la tête avec approbation, s'assit auprès du chasseur et plaça le bras de ce dernier sur ses épaules, tout en l'agrippant par le bas du dos. Il attendit que Doren fasse de même, puis tout deux se levèrent de concert, décollant le trappeur du sol.

"Allez, encouragea-t-il, tient bon, vieux pote !"

---

Ils posèrent lentement Morul sur une table d'opération, au beau milieu de l'hôpital. Il y régnait un chaos assourdissant. L'attaque était supposée être rapide et indolore, mais que ce fût dans l'effondrement des remparts ou l'assaut du palais, de nombreux nains avaient été blessés, volontairement ou non, et gémissaient maintenant de douleur dans la salle surchargée. Les différents médecins couraient d'une table à l'autre, les bras chargés d'ustensiles, de potions ou de membres tranchés.
Doren vit avec soulagement le docteur en chef s'approcher d'eux. C'était un nain d'un physique inquiétant, vêtu d'un grand chapeau de médecin noir et d'une robe assortie. S'essuyant ses mains couvertes de sang sur sur habit, il se pencha au dessus de Morul.

"Vous avez de la chance, les rassura-t-il, c'est moi qui vais m'occuper de lui. Alors, comment on va, mon bon Nain ?
-Je... Je sens que je vais mourir... articula péniblement le chasseur, alors que la fièvre montait et qu'il suait à grosse goutte.
-In... Incroyable ! s'exclama le docteur. Ce gars a un don ! Il peut sentir la mort ! Vite, vite, faîtes le renifler tous les patients, qu'on sache dès maintenant ceux qui sont condamnés !
-Docteur ! s'indigna Doren, s'inquiétant de plus en plus pour l'état de son frère.
-Hum, hehe, pardon, humour médicale. Allez, inspectons cela de plus près."

Il jeta un rapide coup d'oeil aux blessures du nain. Il avait un trou dans le bras droit, pas joli à voir, où le sang coagulé formait des bosses et des cratères, tandis que sa jambe gauche arborait une courbure étrange.

"Hum, il va falloir tout couper, constata-t-il. Qu'on m'amène ma scie à amputation !
-Elles sont toutes en train d'être utilisées, chef ! lui informa une infirmière, qui traversait rapidement la salle tout en emballant une main tranchée dans un tissu déjà sanguinolent.
-Fichtre. Qu'on m'amène mon couteau à fromage !
-Déjà pris aussi ! fit une voix au loin, à peine audible, masquée par les hurlements inhumains d'un soldat.
-Bon bon bon, soupira le docteur. Qu'on m'amène ma cuillère à pamplem...
-Vous ne toucherez pas à mon frère ! hurla Doren avec rage en le repoussant loin de son frère.
-Oh mais vous faîtes comme vous voulez, hein ! railla-t-il en s'éloignant. Moi j'ai d'autres personnes à soigner. Vous ne viendrez pas pleurer quand il mourra d'une infection dans trois jours !"

La naine serra de toutes ses forces sa tête entre ses mains, le visage crispé. Se calmant légèrement, elle se tourna vers le capitaine et demanda, les yeux humides, d'une voix presque suppliante:

"Il n'y a personne d'autre pour l'aider ?
-Il parait, répondit Edern. Un vieux prêtre, là-dessous dans la crypte. Il soigne les gens. Je n'y suis jamais allé, je n'ai aucune idée de ce que ça vaut.
-N'importe où serait mieux pour lui qu'ici. Allons-y !"

---

Les serviteurs finirent enfin d'installer des torches dans la salle du Conseil. Icar-Deng s'assit dans le trône consulaire, plutôt confortable, et inspecta minutieusement les moindres détails de la somptueuse Aubebleue, tandis que ses conseillers prenaient place un à un.
Complètement hypnotisé, il mit un long moment à s’apercevoir que tout le monde l'observait en silence. Il posa alors la hache sur la table et prit la parole:

"Eh bien, cette conquête se révèle être bien plus utile que je ne le pensais. Parfait. Mais maintenant, nous avons du travail. Dressez un camp devant les portes. Construisez des palissades. Que les fidèles oisifs s'affairent à labourer la terre en vue de plantations, en cas de pénurie. Nous sommes bien loin de chez nous, tout peut arriver. Également, envoyez chasser, la forêt a l'air de regorger de vie. Soignez les blessées, rendez hommage au mort, enfin, je n'ai pas besoin de vous informer de tout ça.
Aussi, placer un maximum d'hommes à l'intérieur de la ville. Surveillez l'entrée des cavernes, surveillez la population et les mouvements de révoltes, surveillez tout. Et puisse que j'y pense, éclairez cette foutue ville. Chaque pièce, chaque couloir. Je veux que nos hommes puissent y voir comme en plein jour. Des questions ?
-Combien de temps resteront-nous, Roi-Divin ? demanda Nashra.
-Aussi longtemps qu'il faudra pour que les forgerons de cette ville nous fabriquent des armures en quantité suffisante. Nous avons vu comment ces protections de métal peuvent changer le cours d'une bataille. Il nous en faut.
-Et quel sera notre prochain mouvement ?
-J'aimerais pousser les Lances Murées à nous déclarer la guerre, expliqua le Roi. Ainsi, nous pourrons les prendre en étau, l'armée de mon frère étant toujours prête à intervenir. A ce propos, quelles sont les nouvelles de chez nous ?
-Tout va pour le mieux, déclara Mastrosp. Les clans sont calmes, ils ont tous foi en vous et vos exploits. La Trompe n'a jamais été aussi paisible.
-Bien, bien, parfait. Au fait, Mastrosp, j'aurais besoin que tu m'écrives un discours pour ce soir. Je veux faire comprendre aux habitants de cette cité que ma venue est bénéfique, et qu'ils ont tout à gagner à nous aider du mieux qu'ils peuvent. Fais intervenir les deux nains qui nous ont annoncé la réédition, cela donnera plus de poids aux propos.
-Ce sera fait, ô Roi Divin.
-Tout est absolument parfait, je..."

Il fut interrompu par un beuglement déchirant, qui fit presque trembler les murs.

"Lodicar... se rappela tristement le souverain. Je l'avais oublié. Que des soldats restent près de lui en permanence. Que nos meilleurs médecins le soignent, il faut tout faire pour permettre sa guérison. Et puisqu'on en parle..."

Il s'arrêta là. Mastrosp l'incita à poursuivre:

-Que voulez-vous dire, mon Roi ?
-Puisqu'on en parle, termina-t-il, il faut que je cherche des coupables..."

______________

Morul ouvrit péniblement un œil. Le plafond. Un plafond de roche grise, lisse. C'est ce qu'il voyait. Il resta là, à fixer le plafond, un long moment, sans oser bouger. Il ressentait des élancements de douleur dans tout son corps, mais c'était bien moins intense qu'auparavant.
En tournant la tête à gauche et à droite, il se représenta mieux la pièce dans laquelle il se trouvait. Une petite salle carrée. En face de lui, enfin, en face de son lit se trouvait une basse porte en granite. Morul ne savait pas trop où elle menait. Cela ne ressemblait pas à l'hôpital, c'était certain.
A sa droite, contre le mur, une petite table de chevet, où trônait une minuscule chandelle éclairant la pièce, ainsi que sa toque. A sa gauche, un autre lit. Un nain y dormait, une lingette imbibée de sang sur le front.
Il fit bouger ses doigts et ses orteils, un par un. Bien. Il avait encore tous ses membres. C'est ce qu'il craignait le plus, Morul. L'amputation. Les plaies s'infectaient si souvent, et quand faut couper... Pourtant il n'y avait pas un seul de ses membres sans lequel il pouvait s'imaginer vivre. Une amputation, pour sûr, ça le tuerait.
Il attendit encore. Au bout d'une dizaine de minutes, un grand nain à la longue barbe grisonante, tout de noir vêtu, entra dans la pièce.
Il avait une expression sévère, qui se changea rapidement en sourire en voyant son patient éveillé.

"Content de vous voir en vie, Morul," se réjouit-il d'une voix douce.

Le chasseur finit par identifier qui était cette personne. Il s'agissait de Kamuk, le prêtre de Rash. Il ne l'avait croisé que quelques fois, les temples n'étant pas les lieux de prédilection du personnage. Oui, il voyait bien qui c'était maintenant.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé ? articula péniblement le nain, la mâchoire encore engourdie.
-Votre sœur et le capitaine McEdern vous ont amené ici, expliqua le vieux nain en s'asseyant sur un tabouret, à ses côtés. Vous étiez dans un sale état. Vous avez bien failli y passer.
-Arfh. Où sont-ils, maintenant ?
-Le capitaine a dû repartir au bout de quelques heures. Votre sœur, elle, est restée à votre chevet presque tout le temps. J'ai dû employer la force pour la faire sortir, lorsqu'il a fallu opérer."

Morul perdait le fil. Cela faisait beaucoup d'informations à la fois.

"Tout ce temps ? demanda-t-il. J'ai dormi combien de temps ?
-Oh, cela doit faire trois jours, maintenant, répondit le prêtre en se grattant la barbe.
-J'ai reçu de la visite, sinon ?
-Oui, hier ou tout à l'heure, je ne sais plus, le capitaine est revenu, pour tenir compagnie à votre sœur. Puis peu après est arrivé un cousin à vous, dont le nom m'échappe...
-Kogan ?
-Oui, ça devait être ça. Il vous a apporté un cadeau, est resté quelques heures puis est reparti avec Doren, il me semble que c'est son nom. Le capitaine avait l'air déçu.
-Un cadeau ? s'étonna Morul avec intérêt. Je peux voir ?
-Oui, bien sûr," lui assura Kamuk en se levant.

Il s'approcha de la table de chevet, souleva la toque de Morul et saisit un beau saucisson qu'il montra à ce dernier.

"Sacré Kogan, sourit le chasseur. Ça le fait plais..." Il se redressa subitement. "Attendez, comment ça, déçu ? Mais je vais le défoncer ce petit f... WOUARGH !"

Il eut l'impression que quelqu'un donnait des coups de couteaux chauffés à blanc sur son biceps droit. Il se lança choir à nouveau sur le matelas en gémissant de douleur.

"Oui, vous aviez déjà un sacré trou dans le bras, expliqua Kamuk, mais j'ai dû en plus retirer les tissus susceptibles de s'infecter. Vous devriez éviter de bouger un moment. D'ailleurs je crois que je ferais mieux de vous mettre un plâtre.
-Et... ça se répare ? grinça des dents Morul entre deux gémissements. Je pourrais réutiliser mon bras, un jour ?
-Oh, vous savez, ce n'est que du muscle. Mangez de la viande et la brèche devrait se colmater d'ici... Allez, six bons mois."

C'était beaucoup trop long. Six mois à ne pas pouvoir bouger le bras. Plus la rééducation. Tout ce temps à ne pas pouvoir tirer, à être inutile...
Il osa:

"Et pour ma jambe ?
-Ce n'est qu'un os brisé, dédramatisa le prêtre. Cela fait mal, évidemment, mais un gaillard comme vous a dû voir bien pire."

Il y avait du vrai.
Alors que la douleur diminuait peu à peu, elle revint soudain sans crier gare, et le pauvre nain rugit une nouvelle fois de souffrance. Voyant cela, Kamuk ouvrit le tiroir de la table de chevet et en tira une petite fiole, qu'il approcha des lèvres de Morul.

"Qu'est-ce que c'est ? se méfia ce dernier.
-Du venin d'araignée géante. En grande quantité, cela provoque une paralysie totale, mais à la bonne dose et correctement dilué, c'est un puissant anti-douleur. Buvez."

Il hésita quelque seconde, puis saisit la fiole de sa main gauche et la vida d'une traite. Rapidement, son esprit s'engourdit, se laissa dériver dans un état de tranquillité oisive, tandis que la douleur se dissipait.

---

"Voilà, se réjouit Kamuk comme on se réjouit devant la tâche accomplie, c'est fini. Vous voilà pansé, recousu, plâtré. Je ne peux plus rien faire pour vous, désormais."

Morul reprenait peu à peu ses esprits. Il se frotta les yeux, tourna la tête et remarqua que depuis qu'il était là jamais Kamuk ne s'était occupé de son voisin de chambre.

"Et lui, qu'est ce qu'il lui est arrivé ? demanda-t-il d'un ton las.
-Il est mort, expliqua gravement le prêtre. Je n'ai rien pu faire, il s'est pris un coup de lance dans la tête, le crâne fracturé. Si on l'avait reçu rapidement, on aurait pu faire quelque chose, mais il était dans les cavernes et... Enfin, je ne peux le porter tout seul, j'attends la visite de deux fidèles qui doivent l'emmener à la crypte."

Morul se demanda s'il n'était pas indirectement responsable de la mort de ce mineur, qu'il ne connaissait pas mais qui avait l'air franc et gentil. Il n'avait eu jusque là pas le temps de réfléchir à toutes les conséquences de ses actes. Mais il était encore trop tôt. Il n'en avait pas envie, pas maintenant.

"Je vais me lever, si vous voulez bien, déclara-t-il.
-Vous êtes sûr ? Vous devriez encore prendre quelques jours de repos, histoire de..."

Ne prêtant aucune attention au prêtre, il s'assit sur le rebord de son lit, prit appui sur sa nouvelle béquille et se releva fièrement, non sans effort toutefois.

"Ok, ça a l'air de tenir, en conclut-il. Maintenant, je vais marcher un peu. Rester au lit ne m'a jamais aidé à guérir...."

Alors qu'il s'apprêtait à franchir le pas de la porte, Kamuk le pris par l'épaule.

"Attendez, j'ai encore quelque chose pour vous. Votre sœur l'avait avec elle."

Il lui tendit alors son arbalète, que Morul prit tant bien que mal dans sa main gauche. Il constata tristement qu'elle était dans un sale état. Outre la corde détachée, la crosse était complètement tordue, brisée, presque cassée en deux, ne tenant qu'à quelques minces fibres de bois. Le reste ne valait guère mieux.

"Mince, soupira le chasseur. Vous connaissez quelqu'un qui pourrait m'arranger ça ? Nous pas que ça urge...
-Hum..." Le prêtre s'accorda quelques secondes de réflexion. "Oui. Oui, je pense que je connais quelqu'un."

Kait
Kait
Niveau 10
29 juin 2016 à 20:58:47

"Tu aurais dû rester, articula la mécaniste entre deux respirations saccadées. Tu te mets en danger en fuyant, et en plus tu es lent !
-Je connais la ville et les cavernes bien mieux que toi ! protesta Morul, le visage crispé. Et ces galeries doivent mener à l'un ou l'autre."

Le brave nain marchait désormais lamentablement, aidé par une Sodel croulant sous son poids. Bien loin du héros chevaleresque d'il y a quelques minutes. Ils s'étaient retrouvés dans le domaine des hommes-rats. Si l'atelier avait un aspect malsain, comment définir alors ces couloirs sombres et répugnants ? Une odeur épouvantable y régnait. Le vomi et les excréments se mêlaient à la chair en décomposition. Des cadavres mi-rongés traînant partout. Les couloirs étaient vides, pour la plupart. Prévus pour des dizaines de milliers de ratons, la population, réduite à une petite centaine, peinait à occuper l'espace. Un calme inhabituel régnait donc. Un calme terrifiant. Parfois, on voyait un homme-rat agonisant, le ventre ouvert, les bras coupés, les jambes déchirés, poussant son dernier soupir.
Aussi vrai qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs, on ne fait pas d'homme-rat sans manger de l'homme-rat. Il était ainsi aisé pour les "bonnes rategens" de trouver de la nourriture, leur mortalité extrêmement élevée ne les faisait pas manquer de cadavres.
Ainsi, les tunnels obscurs du second peuple de Cornedebouc faisaient véritablement froid dans le dos. Morul et Sodel faisaient de leur mieux pour ne pas vomir lorsqu'ils arrivèrent dans une salle plus grande que les autres. Ils firent un dernier effort, gagnèrent le milieu de la place et se laissèrent tomber au sol, trempés de sueurs. Des dizaines de petits hommes rats s'avancèrent avec curiosité. Étonnamment, c'était à cet âge là qu'ils étaient le moins stupides. Enfin, qu'ils semblaient le moins stupides. L'absence de parole y était pour beaucoup. Les pauvres avaient souffert des derniers jours. Sans mères pour les allaiter, les plus jeunes - et les plus stupides - avaient péris.

Maintenant qu'ils étaient à peu près hors de danger, les deux nains se permirent de réfléchir.

"On aurait pas dû abandonner Istam, se lamenta Sodel. Tu penses qu'il va bien ?
-J'en suis sûr, la rassura Morul. Il a fait le bon choix. Icar-Deng ne lui fera rien."

"Ou du moins j'espère." Enfin, il avait la conviction que jamais le Dieu-Roi ne s'en prendrait au créateur d'Aubebleue, quand bien même eut-il zigouillé une dizaine de ses soldats.

"Et maintenant, que fait-on ?" s'inquiéta alors l'ingénieure en se redressant.

Il était pris de court. Il n'en avait aucune idée. Il n'y avait pas réfléchi. Il n'avait réfléchi à rien. Et la pauvre mécaniste commençait à paniquer. Morul ne le savait pas, mais les derniers mois avait été les plus difficiles de sa vie, et être bousculée à nouveau n'arrangeait rien.
Il n'avait aucune idée de la marche à suivre. Cependant, il fallait qu'il trouve quelque chose, et vite, ou bien... Ou bien il ne savait pas du tout comme elle allait réagir. "Tant pis, on comble les vides."
Il ouvrit la bouche pour parler quand il les attendit approcher.

"Oh non, grinça-t-il, pas eux.
-Les Trompois ? demanda Sodel, terrifiée.
-Pire, bien pire..."

C'était les dernières personnes qu'il avait envie de voir. Lorsque la mécaniste les reconnut, elle fut partagée entre le soulagement et le désespoir.

"Hardis compagnons ! Nous perdîmes une bataille, mais nous gagnâmes la ripaille ! Ce soir encore les bonnes rategens festoieront !
-LA BONNE BOUSTIFAILLE ! :fou:
-Oncques ne vit-on pareil festin !
-DU GRAS JUSQU'AU TRÉPAS ! :fou:
-Car nous aultres n'avons... SACREBLEU ! :malade:"

Voyant son père-nourricier étalé au milieu du grand hall, le sang de Skrouïk-Pouïk ne fit qu'un tour. Il jeta par dessus son épaule la cuisse d'homme-rat qu'il tenait et clama:

"Braves rategens, armez les bastons crache-feu, pointez vers cavalerie ! Abanissons nostre Père ! Formez le dernier carré !"

Dans un désordre absolu, les hommes-rats se placèrent en carr... en cer... enfin, autour des deux nains, arquebuses pointées vers l'extérieur, pour la plupart du moins.

"Icelui qui pointera arme vers Morul le maistre de l'arbalestrie subira la malemort et la désentripaille ! continua le chef des rats, inarrêtable.
-NON, PAS LA DÉSENTRIPAILLE ! :snif2:" supplia un rongeur.

Morul essaya de se redresser. "Vite, trouver quelque chose de dur pour fracasser leur petits crânes chétifs.." Le rat à l'air un peu moins bête quitta alors le cercle et se précipita vers lui.

"Maistre Morul, se réjouit-il, les yeux chargés d'émotions. Quelle heur de vouls revoir enfin ! Soulvenez-vouls de moi ?
-Tu es... Grouik-Sprotch ?" tenta Morul. Il avait dit le nom complètement au hasard. Comme s'il se souvenait de chacun d'eux...
"Skrouïk-Pouïk, rectifia le rongeur.
-Ah, je me souviens de toi....
-C'est... c'est vrai ? demanda Skrouïk-Pouïk, au bord des larmes.
-BIEN SÛR, TU M'AS TIRÉ DESSUS IL Y A TROIS JOURS, INCOMMENSURABLE TÂCHE DE MERDE !
-Je m'estois fourvoyez ! Les vents étaient trompeurs, la balle a dérivée ! Mes vœux étaient pourtant féaux !
-Je vais tellement te tuer...
-Mais, dianstre, que molt fort vouls estoit bleciez !
-La faute à qui, connard ?!
-De grâce, lazsiez moi panser vos bleciures !
-RECULE !
-Enfin, point d'affolements ! Je sectionne vostre dextre bras avec la scie à métaux que voilà, je cautérise par le feu et...
-RECULE, PUTAIN !
-FEU ! :fou:"

Les dix-neufs ratebusiers encore présents tirèrent de concert. Un épais nuage de fumée apparut autour d'eux. Les balles fusèrent dans toutes les directions, fauchant la plupart des jeunes rats qui s'étaient approchés. Plusieurs arquebuses explosèrent, emportant avec elles leurs audacieux utilisateurs.

La fumée se dissipa peu à peu, révélant un Morul et une Sodel crachant leur poumons, tandis que Skrouïk-Pouïk se caressant la moustache, pensif.

"Hum, c'estoit embarrassant. M'enfin, nous fûmes moins nombreux."

Morul se laissa à nouveau choir sur le dos. Il pensa subitement à toutes les conséquences de ses actes. Pourquoi avait-il joué les idiots ? Cette Sodel aurait très bien pu se débrouiller sans lui, voir même mieux. Ou peut-être pas. Il ne savait.
Trois jours. C'était le temps qu'il lui avait fallu pour se replonger dans la merde. Il pensa aux représailles, à la colère d'Icar-Deng. A sa sœur...
Il saisit une peau d'homme rat qui traînait là et y étouffa un long cri de désespoir.

"Au fait, Monseigneur désire se rassasier ? demanda courtoisement Skrouïk-Pouïk en lui tendant une cuisse de rongeur encore fraîche. C'estoit plus fameux qu'on y croit !"

Les jours à venir allaient être long...

TheCody
TheCody
Niveau 20
29 juin 2016 à 21:06:41

Est-ce que vos ouvriers viennent de tuer mon fils? :(

Kait
Kait
Niveau 10
29 juin 2016 à 21:08:28

Ptdr

Message édité le 29 juin 2016 à 21:08:47 par Kait
TheCody
TheCody
Niveau 20
29 juin 2016 à 21:11:24

Blague à part, j'lirai plus tard. :hap:

TheCody
TheCody
Niveau 20
29 juin 2016 à 21:18:35

"Allez, encouragea-t-il, tient bon, vieux pote !"

Vieux pote?

VIEUX POTE?!

C'EST UN PUTAIN DE TRAÎTRE BORDEL! :ouch:

Kait
Kait
Niveau 10
29 juin 2016 à 21:20:16

Et ça commence. Il en est pas sûr, et il va au plus urgent. Tout ce qu'il a vu, pour l'instant, c'est un Morul à moitié mort forcé d'avancer sous la menace.

TheCody
TheCody
Niveau 20
29 juin 2016 à 21:37:53

Whooo calmos vieux pote. :hap:
C'est pas parce que certains en abusent que j'ai plus le droit de faire de remarque. :hap:

Promis je vais lire entièrement avant de critiquer.

[Usul]
[Usul]
Niveau 10
29 juin 2016 à 22:09:55

J'aime bien. :oui:

Décidément, les Angeenlarmes s'acharnent sur Sodel avec une insistance remarquable. :hap:

Une remarque par contre, Istam et Morul se vouvoyaient la dernière fois qu'ils parlaient. Bien sûr, ils ont pu se rapprocher depuis.

"Vous avez entendu ? demanda le Forgeron, en levant la tête.

-Ouais, ironisa Morul, ouvrons grand les oreill... Oh merde, il est sérieux."

S'il avait fini sa phrase, Istam l'aurait frappé. Fort. :hap:
(bon, peut-être pas dans ces conditions. Mais sans les gardes, il lui aurait brisé la mâchoire)

Puis la porte s'ouvrit en grand, et un soldat humain débarqua épaule en avant dans la salle, perdit l'équilibre et s'effondra au sol.

Ou comment rater son entrée. :hap:

Istam avança d'un pas, attrapa à sa ceinture sa hache, fabriquée quelques semaines plutôt pour la garde mais qu'il avait finalement gardé au cas où, et la brandit en avant.

Je pense qu'il aurait plutôt sortit une dague (il a toujours celle qu'on lui avait donnée lorsqu'il a tenté de sauver sa famille, et elle serait bien meilleure que n'importe quelle hache qu'il pourrait forger). C'est son réflexe lorsque lui et Kamuk sont surpris par le retour de Sodel. Bien sûr, c'est un détail, et il pourrait avoir trouvé plus simple de brandir la hache pour une raison ou une autre et puis, tout le monde a oublié ces chapitres depuis le temps.

Concernant Morul et sa culpabilité, je crois que seuls quelques nains (Scar, Istam maintenant, peut-être Bomrek, sans doute McEdern) savent réellement ce qu'il a fait (évidemment, cela ne durera pas s'il le dit à tout le monde :hap:). Il ne devrait pas avoir de problèmes pour l'instant.

Message édité le 29 juin 2016 à 22:11:08 par [Usul]
[Usul]
[Usul]
Niveau 10
29 juin 2016 à 22:19:44

Par contre, je suppose que je suis bon pour refaire un chapitre après tout ça. Je vais avoir du mal à en faire un par semaine. :hap:

Alex_Truman
Alex_Truman
Niveau 10
29 juin 2016 à 23:02:34

Et bien, question style d'écriture, c'est ton meilleur chapitre jusque-là. Et je ne peux que hocher la tête au vu du nombre de personnages utilisés. :bravo:
J'ai ri à de nombreux passages (DrUrist, le coupable pour le balistonagre, le dialogue entre Morul et Istam, Skrouik-Pouik...), et bravo pour Becca, même si j'aurais cru que les hommes-rats seraient capable de distinguer un animal d'un être doué de "raison" (entre guillemets). Ce qui ouvre même plus de possibilités que je ne le croyais. :hap:

Pour ce qui est de la ville, cette occupation présente de plus en plus de potentiel. :hap:

Ange_Pleureur
Ange_Pleureur
Niveau 70
29 juin 2016 à 23:27:37

C'tait bien, Kait :oui:

Bon.
Sinon.
Le groupe de Scar, faudrait que je raconte leurs péripéties à un moment :noel:

[Usul]
[Usul]
Niveau 10
29 juin 2016 à 23:46:39

Du coup, je suppose que je vais me charger de raconter ce qui va arriver à mon perso (que Kait a mis dans une situation légèrement délicate mine de rien). Quelqu'un prévoit-il un chapitre concernant la ville (et se passant après l'arrivée de la Trompe )?

Alex_Truman
Alex_Truman
Niveau 10
29 juin 2016 à 23:54:08

J'aviserai après le tien. :hap:

Kait
Kait
Niveau 10
29 juin 2016 à 23:56:47

Ce qui ouvre même plus de possibilités que je ne le croyais. :hap:

Ça en "valait la peine" du coup ? :hap:

Alex_Truman
Alex_Truman
Niveau 10
30 juin 2016 à 00:16:48

Disons qu'après avoir réfléchi plusieurs minutes à la question, j'en suis à nouveau arrivé à la conclusion que dans l'absolu, rien n'a d'importance. :hap:

Kait
Kait
Niveau 10
30 juin 2016 à 00:42:03

Quoi, j'ai encore fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?

Kait
Kait
Niveau 10
30 juin 2016 à 00:46:26

et bravo pour Becca, même si j'aurais cru que les hommes-rats seraient capable de distinguer un animal d'un être doué de "raison"

La raison du plus fort est toujours la meilleure, mon cher ami. :hap:

Alex_Truman
Alex_Truman
Niveau 10
30 juin 2016 à 01:04:03

Quoi, j'ai encore fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?

Absolument pas, il s'agissait juste d'un trait d’autodérision. Si je devais vraiment répondre à la première question, je dirais que c'était amusant et que tu n'as pas commis d'impair, donc oui. Tu pardonneras mon appréhension lorsque tu t'approches des éléments dont je compte me servir. :hap:

La raison du plus fort est toujours la meilleure, mon cher ami. :hap:

:hap:

Évite quand même l'amalgame entre raison et raisons au bac de philo, si tu ne l'as pas déjà passé. :hap:

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