Non, je suis sur portable et j'ai la flemme de chercher pour réaliser (c'est certain) que j'ai tord.
Et puis je dois réviser. ![]()
Je suppose qu'en attendant l'avis d'Alex, on peut au moins s'accorder sur le fait qu'il n'y pas assez de lumière dans la ville (la partie sous la montagne) pour que des humains y voient sans torches? J'aimerais pouvoir écrire sans prendre le risque d'avoir à effacer la moitié de mon chapitre. ![]()
J'ai l'impression qu'il y a une erreur dans la liste des chapitres : le lien vers le chapitre Sur la Défensive? mène au dernier post du chapitre d'Ange L'ascension du mont Udir.
Du coup, j'ai dû chercher ce chapitre moi-même. C'est celui-là : https://www.jeuxvideo.com/chocolate_beam/forums/message/771721719 ![]()
Encore une fois, ce résumé est super utile quand on cherche un truc particulier. ![]()
Vision naine.
En ce qui me concerne, je suis pour une nyctalopie modérée, c'est à dire qu'ils verraient beaucoup mieux dans le noir que des humains, mais qu'il leur faudrait tout de même une source de lumière mineure.
Ce qui signifierait qu'avec une source de lumière trop faible pour permettre à un humain de voir quoi que ce soit, un nain y verrait comme en plein jour.
Et je considère que des mousses phosphorescentes poussent dans certains endroits des cavernes. ![]()
Erreur dans la liste des chapitres
Bien vu, je viens de corriger le fichier texte. ![]()
Du coup, quelle est l'opinion générale pour la vision? J'ai perdu le compte.
Dans tous les cas, cela n'influera pas sur mon chapitre (cela aurait été le cas s'ils avaient eu une vision semblable à celle des hommes, et je crois que nous sommes tous d'accord pour que ce ne soit pas le cas). J'aurais peut-être fini pour demain soir (vu mes horaires, cela signifie samedi matin, mais c'est pareil
).
Je crois que ça penche en faveur de la nyctalopie non-magique. ![]()
samedi à 3h du mat'
Parfait, ça me laisse le temps de commander une livraison de pop-corn.
C'est marrant, parce que tu es en fait le seul à ne rien avoir à perdre avec ce chapitre. Tout le monde n'est pas dans ce cas. Je dirais même qu'il est loin d'être joyeux. Ce qui, étonnamment, me rend joyeux. ![]()
...écris plus vite.
Vision naine
Si ça vous intéresse, mon avis définitif est que je m'en fous. ![]()
Le plus intelligent serait de prendre une décision qui contredit un minimum de chapitres existants. ![]()
C'est marrant, parce que tu es en fait le seul à ne rien avoir à perdre avec ce chapitre. Tout le monde n'est pas dans ce cas. Je dirais même qu'il est loin d'être joyeux. Ce qui, étonnamment, me rend joyeux.
Usul. Je peux pardonner bien des choses, mais ce genre de teaser trollesque maléfique te poursuivra sûrement jusque dans ta tombe. ![]()
Je peux citer des exemples d'horreurs semblables de la part de chacun de nous. Si tu veux, je peux poster une partie, c'est encore pire. ![]()
On en avait déjà parlé, mais si on devait faire une adaptation de CDB en film, quels acteurs verriez-vous pour les rôles principaux? ![]()
En ce qui me concerne :
Biyme : Bela Lugiosi. Ce mec pourrait jouer le combo Biyme / Ossog avec brio.
Scar : André Dussolier. Si vous avez vu sa performance en Staline dans "une execution ordinaire", vous saurez qu'il est le mieux placé pour jouer ce rôle.
Noran : Gérard Depardieu. Rien à ajouter, il a la carrure et la grande gueule nécessaire.
McShire : Errol Flynn, l'archétype du héros de cape et d'épée. Ca pourrait donner un résultat intéressant. ![]()
Jamal : Michael Habeck. Le mec qui joue le gros moine dans Le Nom de la Rose. C'est comme ça que j'imagine Jamal, en tout cas. ![]()
McTruman : Paul Reubens. Pour le coup, je dois admettre qu'il a la tronche de l'emploi et le jeu d'acteur qui va avec. ![]()
Morul : Kev Adams. Il représente à lui seul toute la profondeur et l'attitude du personnage.
Vncvd : Christopher Walken. Il a assez de classe et d'amplitude entre la légèreté et le solennel pour le joailler amateur de débats. ![]()
McEdern : Ron Pearlman sans barbe. Doué pour jouer les durs, il camperait un bon McEdern.
Bomrek : Jesse Ventura jeune. Si vous l'avez vu dans "Predator", rajoutez-lui une barbe et ce sera parfait.
Istam : Leonardo DiCaprio. Après sa performance dans The Revenant, on pourrait penser qu'il est plutôt adapté pour le rôle d'Istam.
Kogan : Eric Judor. "Et en fait, dans ce film, je suis un contrebandier - gentil policier du futur - plein d'autre trucs et le scénario est complètement WTF."
Sodel : ???
Doren : Diam's. Bon, ok, j'arrête. ![]()
Ethoìle : ??? (décidément, je ne m'y connais pas du tout en actrices
)
Osrast : Jack Nicholson. Parce que mine de rien, il a l'aura inquiétante qui pourrait aller avec le perso.
Le démon de brume (voix) : Snoop Dogg Benedict Cumberbatch. Il a fait un bon job pour la voix de Smaug, non?
Skrouïk-Pouïk : Andy Serkis. S'il a pu jouer Gollum, il pourra faire SKrouïk-Pouïk.
Karagzapouïk : Vernes Troyer avec des échasses. Parce que plus j'y pense, plus il conviendrait au rôle.
Le reste des hommes rats : Squeezie. Ca vient de me passer par la tête. Je sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression qu'il a l'énergie et l'attitude nécessaire.
Aganir Rougecape : Sean Connery jeune? Ou alors Mandy Patinkin jeune, je ne sais pas. ![]()
Kamuk : David Carradine. Bien dirigé, ce mec-là pouvait tout exploser.
Sharast : Michael Berryman, parce qu'avec son physique inquiétant, il serait idéal. ![]()
Osman : Franck Dubosc. Oui, je suis sérieux. Qu'on l'aime ou pas, son attitude et son côté vantard serait juste parfait pour le rôle. Si un spin-off sur les aventures d'Osman était tourné avec Franck Dubosc dans le rôle principal, je paierais pour aller le voir (contrairement à tout le reste des films où il joue).
Kasp : J'aurais été heureux de pouvoir caser un acteur célèbre pour ses rôles de "gamin énervant" pour pouvoir faussement prétendre qu'il m'insupporte afin d'embêter Ursul, mais ça ne cadre pas avec le personnage. Hum. ![]()
Icar-Deng : Rigoberta Menchu Rudy Youngblood. Il était valable dans Apocalypto.
Je serais curieux de connaître vos propositions / votre avis sur la chose.
![]()
J'aurais adoré faire ma propre liste mais j'ai pas de PC sous la main. ![]()
Je verrais presque Lee Van Cleef pour Morul.
Eli Wallach pour Kogan ça passerait bien. ![]()
Scarlett Johansson pour Sodel. ![]()
Russel Crow (pas sûr de l'orthographe) pour Edern, ça passerait crème. ![]()
Lee van Cleef
Sabata!
Cependant, il fait -à mon sens- beaucoup trop sérieux pour le rôle. ![]()
Elie Wallach
Hééé, il y a un concept à creuser. ![]()
Russel Crowe
Je ne sais pas s'il fait assez sérieux. ![]()
Scarlett Johanson
A part en tant que potiche dans un rôle inutile, meh. ![]()
Enfin, je ne crois pas avoir vu toute l'amplitude de son jeu d'acteur, donc je peux me tromper. ![]()
Quelqu'un de doué pour faire les photomontages
?
Je me débrouille.
Mais pendant que tu es là, donne aussi ton avis sur la question. ![]()
Marchant d'un pas rapide, Brudas évoluait dans les couloirs du Palais comme s'il y était chez lui. Le Cuir Noir, cousin de Scar et remplaçant Jadas après sa mort malheureuse aux mains d'un vampire, avait du mal à comprendre ce qu'il était en train de faire. Quelques minutes auparavant, il était occupé à remotiver les moins fidèles des Cuirs Noirs, puis Scar était arrivé à toute vitesse et lui avait donné rendez-vous dans le Palais. Refusant de répondre à ses questions sous le prétexte qu'ils n'avaient pas le temps, il était immédiatement reparti après lui avoir demandé où étaient leurs cousins.
Brudas s'était donc dirigé vers le point de rendez-vous sans poser de questions, décidant de faire confiance à Scar, dont l'intellect particulier avait si bien servi sa famille et ses intérêts jusqu'à présent. Il ne lui fallu pas longtemps pour arriver en vue des nains qui gardaient l'endroit. Il traversa le groupe sans accorder d'attention particulière à quiconque, et ne s'arrêta que lorsque qu'il vit le commandant McShire et le garde du corps de Scar. Les saluant d'un vague mouvement de tête, il s'adressa à McShire.
"-Il vous a aussi dit de l'attendre ici ?
-Vous l'avez vu ?"demanda le commandant d'un air étonné"Mais il est entré dans cette pièce et n'en est pas ressorti !
-Euh, étrange"fit Brudas"je l'ai croisé plus bas, il m'a dit de le rejoindre au Palais.
-C'est certainement peu commun"dit Thorek en arborant un air pensif "Bah, cela fait parti de son plan, c'est certain. Il nous a dit que vous ne tarderiez pas. Vous savez ce qu'il a en tête ?
-Je n'ai aucune idée de ce qu'il prépare, mais je suppose qu'on peut lui faire confiance pour que cela soit dans l'intérêt de notre camp. Je vais l'attendre dans sa suite, si vous n'avez rien d'autre à me dire."
Le Cuir Noir reprit sa marche en direction de la porte que tant de nains défendaient. Il l'ouvrait lorsqu'une secousse terrible accompagnée d'un fracas monumental se firent sentir. Perdant l'équilibre, Brudas se rattrapa au battant de la porte et regarda autour de lui. A peine avait-il reprit contenance que la secousse prenait fin, ne laissant que l'écho puissant dans ses oreilles. Encore secoué par ce qu'il venait de se passer, il fit demi-tour et s'adressa à McShire.
"-McShire !"hurla-t-il les oreilles encore pleines du bruit"Qu'est-ce que c'était ?
-Je crois que c'est une partie du plan de Scar"dit ce dernier
-Il veut détruire la ville ? C'est ça son plan ?"
-Non, seulement l'entrée. Il a dit avoir besoin de temps.
-D'accord, je peux comprendre. Mais par les ongles d'Egul, qu'est-ce que c'était ?
-Une des œuvres de notre cher ingénieur.
-Oh"murmura Brudas."Pour une fois que ses créations n'explosent pas sur nous."Il continua plus fort."Et vous pensez que cela nous donnera combien de temps ?
-Il faudrait remonter pour le savoir avec précision"fit McShire en secouant la tête"mais nous devrions avoir au minimum quelques minutes, beaucoup plus si le tunnel s'est effondré trop loin pour que leurs éléphant les aident.
-Ha, ils n'auraient pas dû sous-estimer les nains de Cornedebouc ! Ils finiront par regretter de nous avoir attaqué !
-Ce qui est sûr"rétorqua McShire plus calmement"c'est que je n'aimerais pas être en haut en ce moment."
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Au niveau de l'entrée de la forteresse, le chaos était complet. Les cris de douleur des humains pris dans l'éboulement n'étaient dépassés en puissance que par le barrissement terrifié de l'éléphant de tête, dont le corps avait été broyé par la chute d'un des piliers longeant le chemin. Lorsque la bête s'était aventurée dans le tunnel, il n'avait pas fallu longtemps avant qu'une sorte de grincement se fasse entendre, comme si un mécanisme s'était coincé quelque part dans les murs. Le maître de l'éléphant avait le premier donné l'alerte, puis tout le monde s'était arrêté pour tenter de découvrir la source du bruit. Peu de temps après, alors qu'ils cherchaient en vain, le sol s'était soulevé et les murs avaient explosés, éventrant le tunnel et tuant la plupart des hommes regroupés autour de l'animal tout en assourdissant le reste de l'avant-garde.
Jeté à terre lorsque l'éléphant du Roi-Dieu avait paniqué, Morul luttait pour rester conscient en dépit de la blessure qu'il semblait avoir reçu en touchant le sol. S'appuyant de son mieux sur un débris, il essaya de se lever, puis poussa un cri dont il aurait eu honte s'il n'avait pas eu aussi mal. Posant une main couverte de sueur et de poussière sur sa cuisse, il s'accorda une pause qu'il mit à profit pour observer les alentours.
Un épais nuage de poussière l'empêchait de véritablement prendre connaissance de la situation, mais les bruits qu'il percevait laissait croire qu'au moins quelques-uns des éclaireurs étaient encore en vie. Peu sensible à leurs souffrances alors que lui-même devait serrer les dents pour ne pas se joindre à leurs lamentations et qu'il ne voyait sa sœur nulle part, le chasseur se demanda ce qui avait pu causer cet éboulement. Quelle qu'en ait été la cause, il pouvait voir alors que les choses se calmaient que cela ne suffirait pas à stopper la Trompe. Le gros de l'éboulement avait en effet eu lieu tout près de l'entrée, là où il serait possible aux éléphants géants de les débarrasser des débris, et l'instinct de nain de Morul lui laissait penser que seule une partie du tunnel avait subit les effets de ce piège. Il connaissait en effet assez les environs, et s'il ne se trompait pas, il aurait été impossible de faire beaucoup plus de dégâts sans faire s'effondrer un pan entier de la voûte de l'immense caverne contenant le centre de la ville, ce qui aurait probablement secoué la montagne entière.
Le contact d'une substance humide avec sa main le tira de ces pensées. Levant le bras jusqu'à son visage, il s'aperçut que celle-ci était teintée d'un liquide rouge qu'il ne pouvait identifier que comme du sang. Le sien, probablement. Ok, j'ai vraiment merdé. Voyons ce que j'ai.
Il commença à pencher sa tête vers sa jambe gauche avec appréhension, mais s'interrompit, certain d'avoir entendu un bruit tout proche. C'était derrière moi.
Grimaçant sous l'effort, il se leva à moitié, prenant appui sur les débris alentours pour supporter son poids. Il tournait la tête vers l'origine du son lorsque quelque chose heurta sa jambe valide, le faisant s'écrouler dans un cri. Quelque chose de lourd fut posé sur sa jambe blessée, et il perdit conscience du monde qui l'entourait. Il hurlait, une voix s'adressait à lui, mais la douleur occultait tout le reste et il ne comprenait pas ce qu'elle disait. Après un certain temps durant lequel il avait oublié jusqu'à l'existence de la ville dans laquelle il se trouvait et alors que la pression sur sa jambe faiblissait, il parvint peu à peu à se concentrer sur la silhouette qui le toisait et lui parlait d'un ton haineux. Un effort lui permit d'identifier Icar-Deng, couvert de poussière et d'entailles et aux yeux si pleins de rage qu'ils lui firent oublier sa blessure.
"… quatorze hommes, rats de montagne, quatorze hommes et un éléphant."cracha le Roi-Dieu tout en appuyant un peu plus sur la jambe de Morul avec son pied."Dans. Combien. De pièges. ME MÈNERAS-TU?!"hurla-t-il d'un ton dément en augmentant la pression à chaque mot.
"-Je..."balbutia le nain."Je...
"-Silence !"l'interrompit Icar-Deng"Ne prononce plus un mot."Se calmant légèrement, il reprit d'une voix si basse que Morul l'entendait à peine."J'ai encore besoin de toi, Morul, pour nous guider jusqu'au Palais de ton Consul. Là, je lui ferai payer cette bataille ridicule. Je veux que tu te lèves et que tu ouvres la marche jusqu'à ce que nous y soyons, et je te promet que je raserai cette ville si nous tombons dans un autre piège. Lorsque j'y serai, toi et ta sœur disparaîtraient de ma vue. Compris ?"
Incapable de prononcer un mot, le chasseur hocha faiblement la tête. Satisfait, le Roi-Dieu retira son pied de la jambe du nain et recula. Paraissant lutter pour garder un semblant de calme, il fit demi-tour et lança des ordres à ses hommes. De son côté, Morul essayait de se relever en vain. Sa jambe qui avait déjà beaucoup souffert lors de sa chute irradiait maintenant une douleur telle qu'il en pleurait, et rien de ce qu'il pouvait essayer ne semblait arranger la situation. Il demeura ainsi quelque temps, crachant et gémissant en usant ses ongles sur la roche dans ses efforts pour se mettre debout, lorsque qu'il sentit des bras l'entourer et le tirer vers le haut. Il tourna la tête et reconnu Doren, dans un état qui, quoique peu enviable, demeurait bien meilleur que le sien.
"-Ne bouge pas"dit-elle d'une voix étrangement calme"je vais t'aider à marcher.
-Doren..."commença Morul
-Économise tes forces, il nous faut tenir jusqu'au Palais et tu es plus lourd que ce dont je me souvenais. Nous parlerons après.
-...Merci.
-Allez, essaie de marcher, ils ne nous attendrons pas.
-...J'ai vraiment merdé en fait, pas vrai ?"demanda le nain d'un ton las.
-Oui Morul"répondit sa sœur après un silence"tu as vraiment merdé."
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Aux portes du Palais, le capitaine de la garde McEdern regardait l'entrée du tunnel menant à la surface avec le visage grave de celui qui doutait de survivre aux heures à venir. La main allant et venant machinalement entre son visage et le manche de sa hache, il se demandait ce qu'il avait bien pu se passer à la surface pour qu'il l'ait entendu depuis sa position. Quoi que cela ait pu être, il doutait que cela signifie la fin de l'armée si grande dont tout le monde parlait. Soufflant bruyamment, il se demanda par quel miracle les idiots qui protégeaient la suite du Consul pensaient qu'ils avaient une chance de sauver la situation. S'il y avait une chose qu'on ne pouvait retirer à Scar, c'était qu'il savait susciter la foi aveugle chez ses adeptes, et qu'il en profitait sans vergogne ni crainte pour leurs vies. McEdern avait essayé de raisonner avec Bomrek et Thorek lorsqu'ils étaient passé devant lui suivis par cette petite armée de jeunes nains qui ne verraient probablement pas la prochaine journée, mais il aurait aussi bien pu essayer de vendre sa hache à un elfe. Si la loyauté de Bomrek envers Scar n'était rien de nouveau, il avait été étonné de voir que Thorek le soutenait dans cette entreprise. Un aparté lui avait révélé que Thorek était en fait tout aussi perdu que lui, et qu'il se raccrochait à l'idée que le talent de Scar pour résoudre ce genre de situation-qu'il était le premier à haïr-soit pour une fois utilisé pour sauver la ville.
Lorsqu'il avait compris qu'il ne pourrait les arrêter et qu'il s'était rendu compte qu'ils étaient trop nombreux pour que la garde les empêche de faire ce qu'ils projetaient et qu'il pressentait être une erreur monumentale, il avait décidé qu'il n'aurait rien à voir avec tout ça. La tâche de la Garde était et avait toujours été de protéger les habitants de cette ville et il se contenterait de faire cela. Si certains nains voulaient mourir en héros pour quelqu'un qui ne les regretterait pas, c'était leur problème.
Non, ce n'était pas la mort possible de quelques Cuirs Noirs qui inquiétait McEdern, mais la réaction probable de leurs assaillants s'ils perdaient trop de soldats en essayant de briser le moral de ces fanatiques. Il ne connaissait ni celui qui les menait ni les raisons l'ayant poussé à attaquer leur ville, mais il avait entendu parler de l'échec de l'assaut des hommes-rats et des pertes subies par les humains, qui, bien que négligeables devant leur nombre, représentaient sans doute plus que ce à quoi l'on s'attendrait en attaquant un avant-poste tel que le leur. Et s'il ne se trompait pas complètement sur l'origine de la secousse qui avait eu lieu il y a quelques minutes, le nombre d'humains morts avait grossi d'une façon qui avait dû surprendre leur dirigeant, dont le nain aurait parié qu'il était furieux en ce moment même.
Ainsi, McEdern craignait pour la vie non pas de quelques-uns, mais pour celles de chacun des habitants de cette ville. Plus il pensait à cela, plus il se disait que l'obstination des Cuirs Noirs allait leur coûter la vie, à eux et à tous les nains de Cornedebouc. Pourtant, on doit pouvoir faire quelque chose, se dit-il, il doit avoir un moyen de convaincre ces humains d'épargner la population.
Le capitaine était absorbé dans ces pensées lorsqu'une clameur se fit entendre quelque part dans la caverne principale. Levant la tête, McEdern tourna son regard en direction du tunnel menant à la surface. Là-bas, les ténèbres si douces aux yeux du nain étaient déchirées par une faible lueur à l'intensité croissante. Très bientôt, la lueur unique devint multitude, et les chants de guerre de centaines de soldats parvinrent à ses oreilles. Parcouru d'un frisson, il saisit sa hache dans un vain réflexe, puis laissa retomber sa main : il ne triompherai pas de cet ennemi avec une arme. Si seulement quelqu'un d'autre était là" pensa-t-il."J'ai toujours été supposé frapper des trucs, pas réfléchir pour sauver une ville.
Et enfin, alors que les lumières innombrables repoussaient l'obscurité à mesure que leurs porteurs avançaient, il eut une idée. C'était sans doute une idée bancale dont n'importe quel nain dont le travail était de penser se serait moqué, mais il n'avait qu'elle. Il allait la présenter à Thorek, et peut-être que ce dernier pourrait la faire marcher. Et si nous n'y arrivons pas, il n'y aura plus qu'à espérer que les autres n'énervent pas trop les humains.
Scarlett elle est excellente dans Her. Et j'avoue m'être basé plus sur le physique que le jeu d'acteur.
Pour les persos trop/pas assez sérieux, reste conscient tout de même que souvent les acteurs ont un rôle attaché à leur tête.
Il ne s'agit pas en général de l'acteur en lui même mais des rôles qu'on lui attribue.
A quelques centaines de mètres de là, Morul et Doren progressaient lentement, entourés par des soldats trompois aux aguets. Après l'incident du tunnel, Icar-Deng les avait fait marcher devant ses troupes, les forçant à avancer aussi vite que le faisaient ses hommes. La route n'avait pas été trop longue, mais après tant d'escaliers, Morul et sa sœur n'en pouvaient plus. Le premier était aussi pale que les bêtes des cavernes et n'avait pas parlé depuis sa blessure, et la seconde tremblait sous l'effort qu'elle avait dû fournir pour supporter le poids de son frère jusque là. Les dents serrées, tous deux se concentraient sur la distance les séparant du Palais sans plus chercher à considérer si mener la Trompe en ville était une erreur ou non. Ayant atteint leurs limites, ils titubaient vers la promesse de repos qu'incarnait le Palais telles des âmes en peine apercevant la rédemption.
Malgré l'avantage que leur vision leur conférait sur les humains, ils repérèrent les silhouettes qui venaient vers eux presque en même temps que les trompois. Alors que quelqu'un ordonnait aux inconnus de s'annoncer, ils s'arrêtèrent net pour rester debout, persuadés qu'ils ne pourraient se relever si jamais ils se laissaient aller et cherchaient un court temps de repos sur les pavés froid de la ville.
Se soutenant l'un l'autre, ils observèrent deux nains en armure s'avancer dans la lumière. L'un d'eux fit un pas et s'adressa en nanique aux hommes de la Trompe.
"-Humains d'un pays inconnu, vous êtes dans la cité naine de Cornedebouc, propriété du Roi Thikut II le Mal-Avisé usurpée par le tyran Scar Angeenlarmes, dont votre attaque nous a permis de nous libérer. Je suis Thorek McShire, le Commandant de l'armée de la ville, et le nain qui m'accompagne est Urist McEdern, Capitaine de notre Garde. Nous venons présenter notre reddition à celui qui dirige cette armée, ainsi que notre gratitude la plus profonde."
Une rumeur parcourue l'armée humaine alors que le message du nain était transmis. Après quelques secondes de ce spectacle, la foute se fendit pour laisser passer le Roi-Dieu. Fier dans sa tenue qu'il avait épousseté de son mieux, toisant les deux nains de toute sa taille, il répondit à Thorek dans son lance-murois le plus parfait.
"-Je suis Icar-Deng, Roi-Dieu de la Trompe, Grand Unificateur des Tribus Insoumises, Conquérant Bienveillant à la Lance Gracile, Héraut des Grands des Cieux, Dernière Défense des Gens des Peuples Libres. Parle, nain, et dis-moi pourquoi je devrais épargner ta misérable cité après la bataille d'aujourd'hui.
-Puissant Roi"commença Thorek"nous regrettons profondément les pertes que vous avez pu subir par la faute du vil Angeenlarmes. Il dirigeait la ville d'une poigne de fer jusqu'à aujourd'hui, où sa folie nous a poussé, le Capitaine et moi, à refuser de le suivre plus avant. Nous nous sommes rebellés contre son autorité, et, avec le soutien de la populace, il n'a pas eu d'autre choix que de se réfugier dans son Palais avec ses derniers fidèles. Depuis ce moment, nous attendons qu'ils se résignent et acceptent leur défaite, mais je crains que leur entêtement soit si grand qu'ils ne puissent être raisonnés. Nous vous mènerons à eux si tel est votre souhait.
-Voilà qui est...intéressant, et justifierais en effet que j'épargne votre ville. Néanmoins, nain, les exploits de tes semblables ont coûté la vie de nombreuses créatures que mon peuple tient pour sacrées, et nous n'accepteront pas que leur mort soit impunie. Si vous voulez que j'épargne votre peuple, il vous faudra m'offrir plus que des remerciements sans substance."
A ces mots, les deux nains se tournèrent l'un vers l'autre et échangèrent un regard. Entrant complètement dans la lumière des torches, McEdern avança lentement jusqu'à arriver au niveau de Thorek. Tous pouvaient voir qu'il portait un objet recouvert d'un tissu dans ses bras, et les trompois, méfiants, agitèrent leurs lances en sa direction. McShire prit la parole.
"-Nous comprenons, Grand Roi, et nous désirons vous offrir une preuve de notre bonne volonté."dit-il d'un ton grave. Faisant signe à McEdern, il poursuivit."Montre-leur."
Lentement, McEdern marcha jusqu'à arriver devant le Roi-Dieu. Si Morul et Doren avaient été attentifs, tous deux auraient aperçu ses mâchoires serrées et compris que ce qu'il allait faire lui demandait un effort certain. Baissant les yeux devant le souverain, le guerrier leva les bras alors que Thorek reprenait la parole.
"-Pour vous prouver notre gratitude et dans l'espoir de racheter la folie de nos semblables, nous vous offrons le trésor le plus sacré de notre ville. Un illustre membre de notre cité a tout sacrifié pour la conception de cet objet. Inspiré par nos dieux, il a œuvré durant des jours entiers sur les matériaux les plus rares dans le but de donner naissance à une arme qui ferait pâlir de jalousie Zuntîr en personne dans sa Forge souterraine."
Les humains faisaient maintenant silence, captivés par les mots que prononçait McShire. Icar-Deng lui-même le dévisageait avec curiosité, et Morul et Doren, bien qu'épuisés, ne pouvaient croire ce qu'ils entendaient. A ce moment, McEdern fit voler le tissu cachant l'objet, et tous tendirent la tête pour observer ce qu'il brandissait fièrement.
Devant les humains stupéfaits était l'arme la plus parfaite qu'ils avaient jamais contemplée. Sur un manche ornés de métaux assez précieux pour acheter une petite ville se tenait une lame dont la beauté les ému au-delà des mots.
"-Puissant Roi des hommes, voici Kodorùtost Ibruk-Magak Udil, Aubebleue la Menaçante, celle aux Signes Sombres et à la Lame Vierge. Nous vous l'offrons."
Dans un silence qui avait quelque chose de religieux, les hommes dévoraient du regard les motifs dessinés par l'artiste sur la lame, auxquels s'ajoutaient les reflets rougeoyants des flammes provenant des torches. Captivés par l'arme et sa grâce macabre, ils paraissaient avoir oublié jusqu'aux raisons de leur colère. Muet pour la première fois, Icar-Deng s'approcha de McEdern et tendit la main vers l'arme. Lentement, il caressa du doigt la lame, testa son tranchant. Portant la main à son visage, il contempla le sang s'écouler de sa main. Alors, il prit la parole, avec pour la première fois du respect dans la voix.
"-Nains de Cornedebouc, j'accepte votre présent. Une telle offrande ne manquera pas d'apaiser nos dieux. Maintenant, montrez-moi les derniers résidus du contrôle qu'exerce votre tyran sur la ville. Il est temps que cette bataille prenne fin."
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L'armée franchit la distance la séparant du Palais dans un silence étonnant pour leur nombre. Icar-Deng menait la marche, guidé par Thorek McShire. Derrière eux, McEdern aidait Doren à porter Morul. Aucun d'eux ne parlait, aucun d'eux ne voulait parler tant que tout n'aurait pas prit fin. Et ils savaient, instinctivement, que cette journée prendrait fin dans le chaos. Le souffle court, McEdern regardait le Palais, silhouette magnifique et mystérieuse qui dominait la caverne, et s'émerveillait du calme qui les entourait. Des milliers d'humains porteurs de centaines de torches avançaient en direction de la poignée de nains trop aveugles pour comprendre qu'ils menaient la ville à sa perte, un millier de nains attendaient anxieusement de savoir s'ils survivraient aux prochaines heures, et il n'avait jamais vu la ville si calme. Le silence entourait tout, absorbait les hommes comme les nains et pesait sur eux tel un couperet sur le point de tomber pour dépecer une carcasse fraîchement abattue.
Oppressé par l'absence de son, McEdern cherchait désespérément une pensée joyeuse à laquelle se raccrocher. Les habitants de la ville survivraient, cela semblait établi. Pourtant, même cela ne parvenait pas à rallumer l'espoir et illuminer son visage. Lorsqu'il pensait au prix payé, à ses conséquences, il se sentait même plus misérable que jamais. Le Forgeron me hait désormais. Mais nous n'avions pas le choix.
McEdern savait comment cette journée finirait. L'armée du Roi-Dieu allait pénétrer dans le Palais, chargerait ceux qui gardaient la suite du Consul. Lorsqu'ils auraient brisé leurs rangs, ils entreraient et s'empareraient de Scar. Alors, ils le tueraient probablement, ainsi que la plupart de ses Cuirs Noirs encore en vie. La seule inconnue dans cela était le temps qu'il faudrait pour vaincre la résistance des gardes. Ces derniers étaient si peu nombreux et dans une position si précaire que leur défaite était inévitable, mais un nain acculé n'est pas une force à sous-estimer, et Bomrek Kazadror leur servirait d'exemple dans cette bataille. Bomrek, dont la rage seule avait une fois suffit à faire reculer la population de Cornedebouc, qui suivait Scar et le protégeait comme un loup devenu chien. Le guerrier devenait fou lorsque le sang coulait, et McEdern ne voudrait pas être à la place des humains qui lanceraient le premier assaut. Ni même de ceux qui lanceraient le second, ou ceux qui suivraient.
Enfin, ils furent assez proches du Palais pour que la lueur de leurs torches l'éclaire. Se tenant sur les marches menant à l'édifice majestueux, Icar-Deng s'adressa à Thorek.
"-Allez chercher vos civils et faites-leur quitter le bâtiment. Et menez-moi au Consul."
Hochant la tête, Thorek fit à signe à McEdern, qui entra avec Morul et Doren dans le Palais.
"-Le Capitaine McEdern se chargera des civils, Grand Roi. Si vous voulez bien me suivre, Angeenlarmes s'est réfugié plus haut.
-Êtes-vous sûr qu'il y est encore ? Il aurait été sage de fuir.
-Je doute que ce soit le cas, votre Majesté, on m'a rapporté que Brudas Angeenlarmes, un de ses cousins, était dans cette pièce. Contre toute attente, le Consul accorde beaucoup d'attention à ses cousins.
-Hmm. Soit, allons-y."
Sur ces mots, le nain se mit en marche, suivi par Icar-Deng et quelques centaines de ses hommes. Thorek les mena jusqu'à l'étage où se trouvait la suite du Consul. Il continua sur quelques mètres puis s'arrêta brusquement pour se tourner vers les humains.
"-Passé ce couloir sont les fidèles du Consul. Ils refusent d'accepter sa défaite et je n'ai aucune autorité sur eux.
-Combien sont-ils exactement ?"demanda Icar-Deng songeur.
-C'est difficile à dire. Pas moins de cinquante, pas plus de cent. Nous n'avons aucun moyen de savoir avec précision.
-Nous les écraseront dans tous les cas."affirma le Roi-Dieu avec suffisance."Mais cela nous coûtera, ne serait-il pas plus simple de menacer de tuer la populace s'ils ne se rendent pas ?
-Grand Roi..."commença Thorek de son ton le plus calme"nous ne pouvons pas...
-Oui, oui, vous ne le feriez pas. Mais moi, qu'est-ce qui m'empêche de le faire ?
-Roi des hommes, le nain qui s'est nommé Consul n'a aucune compassion pour ses semblables. C'est un misérable qui tuerait son propre fils s'il avait la certitude qu'il y gagnerait quelque chose. Vous pourriez menacer de brûler la ville et ses habitants qu'il ne se sentirait pas concerné. Et ses gardes lui sont fidèles au-delà de la raison. Ils sacrifieraient leurs vies pour lui.
-Je vois. Eh bien, si ces nains veulent mourir pour leur maître, ils n'auront pas à attendre longtemps !"Se tournant vers un de ses hommes, il donna un ordre simple."Rosmic.
Entraînant Thorek avec lui, le souverain recula pour laisser le champ libre à ses hommes. Ayant enfin un ennemi qu'ils pouvaient regarder dans les yeux et à qui ils pourraient faire payer les pertes qu'ils avaient subies, ces derniers chargèrent avec un cri reprit par les milliers de gorges des soldats demeurés à l'extérieur.
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"-Ils arrivent !"
Le cri résonna dans les oreilles des nains gardant la porte du Consul comme une sentence irrévocable. Tous cessèrent ce qu'ils faisaient et saisirent leurs armes, essuyant leurs paumes moites sur leurs habits imprégnés de sueur. Au premier rang, Bomrek Kazadror fixait le couloir d'où venaient les cris avec l'air sombre de celui qui se prépare au massacre. Lokast dans une main, un lourd bouclier de fer dans l'autre, il faisait machinalement des mouvements avec la hache. Il se tourna vers les jeunes nains qui l'accompagnaient et sourit.
"-Ils sont là. Montrez-leur qu'un vrai nain ne se rend pas."
La fin de sa phrase fut noyée par la clameur de la charge trompoise. En quelques secondes, le couloir vide se remplit de plus d'humains que ces guerriers n'auraient souhaité affronter. Des dizaines de barbares vêtus de façon primitive couraient vers eux en une colonne grouillante et infinie qui n'était limitée que par la largeur du couloir, qui était bien le meilleur avantage que les nains avaient.
Enfin, dans un maelstrom de rage et de sang, les deux groupes se rencontrèrent. Les pointes usées des armes humaines glissaient sur les armures des Miliciens et se fichaient profondément dans les chairs des Cuirs Noirs. Avec des cris bestiaux, les nains répliquaient avec toute la rage de la montagne. Leurs haches tranchaient la chair exposée, les os explosaient sous l'impact brutal de leurs marteaux, leurs lances se coinçaient dans les cages thoraciques et déchiraient tous les organes sur leur chemin, les boucliers eux-même heurtaient les corps avec assez de force pour briser les os. Naviguant dans une tempête de membres et d'organes, les combattants s'entre-tuaient avec une ardeur malsaine.
Les nains étaient armés par les forgerons de leur race, les meilleurs de ce continent. Leurs armes étaient assez affûtées pour qu'un coup puissant brise les métaux primaires dont étaient faites les armes des hommes. Si les Cuirs Noirs n'avaient que peu de protections, les miliciens jouissaient d'une armure forgée d'un acier comme seuls les nains savaient le faire, et qui était suffisamment robuste pour qu'il faille le plus brutal des coups pour les traverser.
De leur côté, les Trompois étaient une foule au nombre infini. Survivants des guerres de réunification, ils étaient forts de l'expérience de dix années de batailles incessantes. Ils étaient devenus experts dans l'art de submerger les rangs ennemis et de briser leur formation. Plus encore, ils avaient observé avec impuissance leurs camarades tomber victimes de ce qu'ils ne pouvaient en toute honnêteté qualifier de batailles, et avec eux nombre d'animaux sacrés. Brûlant de rage à ce blasphème, ils avaient enfin l'occasion d'accomplir la vengeance que leurs dieux et leurs morts réclamaient.
Les deux armées s'affrontèrent quelques minutes avant qu'un ordre soit transmis dans les rangs humains. Peu à peu, ceux-ci reculèrent, laissant sur place un spectacle insoutenable. Debout au milieu de plus de cadavres qu'il ne pouvait en compter et couverts de blessures, Bomrek regarda autour de lui. S'il se fiait au nombre de corps qu'il voyait, les trompois avaient payés un prix immense pour les dégâts qu'ils avaient infligés aux nains. Mais quels dégâts, se dit le guerrier, effaré devant l'étendue de leurs pertes. Derrière lui titubaient une douzaine de nains relativement intacts. D'autres rampaient sur le sol glissant, et certains pleuraient en essayant d'empêcher leur mort inévitable. Épuisé au-delà du concevable, la vue trouble, Bomrek ne valait guère mieux que les autres survivants. Malgré cela, il refusait d'abandonner. Les Kazadror étaient une famille de guerriers, et il préférait mourir que de baisser les armes. Il jeta un regard aux autres, qui semblaient trop choqués pour décider d'eux-mêmes. Soufflant bruyamment, il profita du mieux qu'il pouvait du repos qu'il lui était offert.