Le débat reste entier. La plupart des auteurs normatifs et des lexicographes penchent pour la graphie au temps pour moi. Ils y voient une origine militaire (et le calque de au temps pour les crosses) ou musicale (erreur du chef d’orchestre). Toutefois autant pour moi reste revendiqué par certains comme ellipse de c’est autant pour moi.. Dans certaines situations, autant pour moi est même la seule graphie possible !
Sommaire
Exemple
Quand Claude Duneton plaide pour « autant »
La prudence de Grevisse
Conclusion
(Voir aussi les inventions humoristiques.)
L'avis de la grenouille d'Albert Simon Vers Jean Rostand Pour Le Français correct de Maurice Grevisse et Le Petit Robert, la bonne graphie est « au temps pour moi ». L’origine avancée est militaire (« temps » successifs de maniement d’arme, voir l’expression au temps pour les crosses [de fusil]).
L’expression est utilisée par celui qui, investi de l’autorité (quelle qu’en soit la nature), vient de faire commettre une fausse manoeuvre collective et, par extension, par celui qui s’est trompé et s’en rend compte avant les autres.
Adolphe V. Thomas écrit ainsi dans l’article « temps » du Dictionnaire des difficultés de la langue française (Larousse) :
« Au temps - autant. Malgré certaines hésitations [1], le commandement usité à la caserne, dans les salles de gymnastique, etc., pour faire recommencer un mouvement doit s’orthographier au temps ! (et non autant !) : Il avait dit gaiement « Au temps pour moi ! » (J.-P. Sartre, Le Mur, 156). Voici du monde. Au temps ! Le cocktail dans ma chambre (Tristan Bernard, My Love, I, 1).
« En effet, un temps, c’est le « moment précis pendant lequel il fait faire certains mouvements qui sont distingués et séparés par des pauses » : Charge en quatre temps, en douze temps. Se rappeler le populaire En deux temps, trois mouvements. De plus, l’italien possède l’expression équivalente, qui se dit Al tempo ! et reproduit littéralement le français Au temps ! »
Néanmoins, d’éminents participants au forum f.l.l.f. — minoritaires mais déterminés — revendiquent l’usage de autant pour moi (forme elliptique de c’est autant pour moi). On verra plus bas qu’ils ont reçu un appui aussi solide qu’argumenté.
Attention ! En tout état de cause, on doit utiliser autant pour moi s’il est question d’une même chose ou d’une quantité et non d’une erreur, même si l’on a l’habitude, dans ce dernier cas, d’utiliser au temps pour moi.
Sommaire Exemple
Au café avec des amis, on peut avoir le dialogue suivant :
LE GARÇON
— Pour Monsieur ?
PREMIER CLIENT
— Un demi.
LE GARÇON
— Et pour Monsieur ?
SECOND CLIENT
— Autant pour moi [un demi]...
Euh... Au temps pour moi ! Un café.
http://www.langue-fr.net/spip.php?article14