Sauf que les gens ordinaires ne savent pas diriger un pays.
Il faut des études, de la lecture, des années d'intérêt, de passion.
Tu mettrais un étudiant comme moi à côté d'un juge, d'un garagiste, d'un dealer et d'une mère de famille en nous demandant de gérer une grande puissance parce que notre nom était écrit sur la ligne de code qu'un ordinateur a désigné ?
Sur dix citoyens français il n'y en a même pas un auquel je ferais confiance pour gérer ce pays - et je ne fais pas partie de cette fraction.
On aurait une assemblée de 500 personnes avec peut-être trente qui y auraient vraiment leur place.
Et pour éviter que cette foule ne fasse n'importe quoi et n'emmène notre nation à tous les excès, il faudra des conseillers, des experts, à tous les niveaux.
Comme dans notre gouvernement actuel, tu me diras, mais chez nous un élu sorti des plus prestigieuses écoles, avec vingt ans d'expérience de gestion derrière lui, a un tout autre rapport de force à l'expert qu'une caissière.
Ton régime va donner à des spécialistes non-élus, qui sont là parce qu'ils ont été désignés comme bon par leur propre milieu.
Les tirés au sort, pour éviter de donner un pouvoir trop important à quelqu'un qui n'a d'autre mérite que d'avoir eu de la chance, devront avoir des mandats courts. Ils rentreront chez eux alors qu'ils commencent à peine à maîtriser leur rôle et à s'affranchir de la tutelle des conseillers.
Et arriveront alors les prochains, tout aussi influençables que les précédents à leurs débuts...
Un expert, ça le reste : les conseillers durant bien plus longtemps que les tirés au sort incapables de se passer d'eux du fait de leur propre incompétence dans la gestion d'un Etat, sur le long terme on arrivera à ce qu'on appelle couramment une technocratie.
Un gouvernement des experts, des techniciens, des élites.
