Mickey ou le fascisme à grandes oreilles
Difficile de trouver meilleure incarnation du fascisme cool. A l'inverse de ses potes Dingo ou Donald, Mickey est un être froid et parfait, sans aucun sens de l'humour, dont le seul moteur dans l'existence est la poursuite implacable des «méchants» (Pat Hibulaire, le Fantôme noir), c'est-à-dire de tous les individus qui ne correspondent pas à son idéal de pureté carrément malsain, voire hitlérien.
Sous couvert de défendre une morale publique qui n'existe que dans son cerveau malade, Mickey est une souris hyper-sécuritaire, qui fut tour à tour détective, flic et même soldat dans certaines bandes dessinées, et d'autant plus flippante qu'elle arbore en permanence le sourire détendu de qui a la conscience tranquille.
Plus grave: y compris dans les épisodes où il n'apparaît que comme simple citoyen, Mickey ne peut pas s'empêcher d'aider le commissaire Finot dans ses enquêtes, alors que personne ne lui a rien demandé. Notons que son obsession hygiéniste quasi-pathologique n'a rien d'étonnant venant d'un personnage créé par un détraqué anti-communiste notoire comme Walt Disney. Et dire qu'on crée des parcs d'attractions à sa gloire.
