Je suis droit-de-l'hommiste et fier de l'être : car les droits de l'homme permettent à l'individu de vivre mieux, en tant que personne, et s'opposent par définition aux abus qui ont par le passé, et encore aujourd'hui, ont mené et mènent tant de vies à la ruine et au malheur.
Ce n'est pas une conception occidentale comme se plaisent à les voir les anti-américains, mais bien une charte universelle à laquelle tout membre de l'ONU doit adhérer pour en faire partie. Même ceux qui ne les respectent pas les désignent cependant en théorie comme buts à atteindre.
Intervenir pour protéger ces droits est une chose noble : si comme en Libye la protection des droits de la population va de pair avec notre intérêt, alors l'intervention est une cause profitable à tous.
Quant à Israël, ses abus sont regrettables, mais force est de constater que dans la région, ce pays demeure le plus doux en termes de violence et de crimes, et sa nature démocratique la rend plus susceptible à un changement de mentalité progressif qu'une dictature, par exemple.
Dans le monde occidental, Israël est le bad guy de l'équipe, mais il y a pire à côté, et on perdrait beaucoup à s'en séparer.
L'idéalisme doit se subordonner au réalisme : si on s'allie à une dictature et qu'on en détruit une autre, on a amélioré la situation globale. La guerre pour les droits de l'homme va de pair avec l'intérêt national, et ne peut pas prendre la forme d'une vaste croisade inconsidérée (Irak, 2003), mais d'une action opportuniste, petit à petit (Libye, 2011).
Voilà pourquoi le droit-de-l'hommisme peut selon moi s'allier avec des entités qui y sont contraires, sans se discréditer pour autant.