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La religion

fatalpicard2
fatalpicard2
Niveau 10
02 mars 2013 à 14:17:36

Au problème cultuel, faut aussi ajouter qu'à partir du IIIe siècle, et encore plus au IVe, soit les périodes majeures de persécutions, l'Empire a besoin de soldats, et a recours à l’enrôlement de force d'une partie de la population (dont, fatalement, des chrétiens). Or, à l'époque, le chrétien se définissait comme celui qui suivait la doctrine absolument non-violente de Jésus. Le métier des armes était ainsi strictement interdit aux chrétiens. Certains ont évidemment trahi leur foi et accédé aux exigences impériales; mais nombr d'autre ont fini en martyrs.
Au début du IIIe siècle, Hippolyte de Rome écrit une réglementation de l'Eglise de Rome, dont on peut tirer le passage suivant: "Ceux qui, catéchumènes ou fidèles, veulent se faire soldats seront renvoyés, parce qu'ils ont méprisé Dieu".
Ainsi, Maximilien, en 295 refuse de porter les armes, ce qui lui vaut le martyr.
Un soldat qui devient chrétien, pour sa part, peut rester dans l'armée mais doit s'engager à ne pas tuer; si on lui ordonne de tuer, il doit refuser, et il ne peut pas prêter serment.
On peut ici citer le cas de celui qui deviendra Saint Marcel le Centurion, qui servait dans l'armée sous Dioclétien et se convertit au christianisme, refuse de prêter serment à l'empereur et de servir les idoles. Il est exécuté en 298. On pourrait citer de nombreux autres exemples; ce qu'il est important de retenir est que c'est le pacifisme total des chrétiens qui leur vaut d'être persécutés en tant qu'ils remettent en cause l'autorité impériale, pas des croyances jugées non-conformes, et encore moins une supposée infidélité à l'empereur. Ce n'est pas un hasard que la plus massive des persécutions, soit celle de Dioclétien, qui est précisément celui qui généralisera les enrôlements de force dans l'armée.

Il ne faut pas croire que les chrétiens étaient foncièrement réfractaires à l'Empire, certainement pas (ou alors en très petit nombre), et les textes le montrent très bien, à commencer les écrits de Paul:

"Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien [...]. Il est donc nécessaire d'être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience." (Romains, 13, 3-5)

L'idée est d'une clarté absolue: le chrétien s'efforce d'être un bon citoyen. Le problème vient du pourquoi il l'est. Jean Flori exprime bien cet accroc: "le chrétien sera donc soumis aux lois de l'Etat par fidélité à Dieu, et non par fidélité à l'empereur en tant que chef d'Etat, moins encore en tant que représentant sur terre d'une quelconque autorité divine [...]." Il en découle que si les lois de l'empereur entrent en contradiction avec celles de Dieu, le chrétien privilégiera celles de Dieu. C'est bien ce qui est mis en avant avec le problème de l'armée: Dieu interdit de porter les armes, l'empereur l'ordonne: le chrétien doit donc refuser, et entre en contradiction avec le pouvoir impérial, le fragilisant, ce qui mène généralement à une mort en martyr.

Mais il est important de noter que le refus de porter les armes des chrétiens ne s'apparente aucunement à des volontés séditieuses: leur fidélité à l'empire ne fait aucun doute.
Le chrétien Origène écrit ainsi au début du IIIe siècle (dans son Contre Celse): "Plus que d'autres, nus combattons pour l'empereur. Nous ne servons pas avec ses soldats, même s'il l'exige, mais nous combattons pour lui en levant une armée spéciale, celle de la piété, par les supplications que nous adressons à la divinité."

Voilà, et @L-Arbrophile: tu fais vraiment de la peine.

Antiochos_Megas
Antiochos_Megas
Niveau 6
02 mars 2013 à 15:29:11

Très intéressant fatalpicard2 je ne connaissais pas ce facteur de persécution plus tardif (et je vais avoir du mal à alimenter le débat, mes connaissances sont bien trop pauvres sur la période). En effet il n'y avait pas vraiment de "volontés séditieuses" parmi les Chrétiens. En revanche leur refus de participer à certains devoirs civiques (dans le milieu cultuel ou comme tu viens de l'expliquer dans le domaine militaire) à déclencher l'hostilité de l'Etat.

fatalpicard2
fatalpicard2
Niveau 10
03 mars 2013 à 10:31:21

Ben fait t'avais déjà tout dit quand t'as parlé de la tolérance dans l'Antiquité: on ne persécute personne sans raison. Ici, la raison, c'est de fragiliser l'autorité de l'Etat (de l'empereur en fait) en admettant l'existence d'une autorité supérieure. Et ce dernier fait est effectivement devenu évident avec différents problèmes civiques qui ont déjà été évoqués ici.

Exter909
Exter909
Niveau 5
03 mars 2013 à 11:29:35

Sa prouve que ma prof d'histoire raconte des conneries elle disait que les chrétien était persécute car il ne croyais pas a l'empereur car ils ne croyaient pas a leur dieu et que ils voulaient convertir les autre peuple au christianisme pour détrôné l'empereur...

maexim
maexim
Niveau 27
03 mars 2013 à 14:38:56

La tolérance du temps de l'antiquité me parait bien plus restreinte que celle du moyen age.
Galilée n'a jamais été exécuté alors que Socrate a été forcé de boire la Cigue.
De plus, l'apparition du christhianisme et du monastère semble avoir pacifié la vie politique, au lieu de tuer les personnes gênantes, on les envoyaient au monastère, rien a voir avec l'empire romain.
Je trouve également que les régimes étaient plus stables que ceux de l'empire ou on avait une guerre civile a chaque génération limite...

Antiochos_Megas
Antiochos_Megas
Niveau 6
03 mars 2013 à 15:05:30

Attention en Histoire de ne pas piocher quelques éléments pour reconstruire un tableau qui nous plaît derrière. L'Histoire comparée, la plupart de mes collègues définissent ça comme le mal absolu (n'en déplaise à Paul Veyne). Je pense qu'elle peut être utilisé pour certaines études mais il faut ne faut jamais comparer directement, seulement récupérer les pistes de réflexions qui émanent de la comparaison.

Socrate a certes été officiellement accusé d'impiéter mais les raisons qui ont amené à son exécution sont plus complexes. Pour faire simple on lui reprochait de s'opposer au régime démocratique et de corrompre la jeunesse avec son idéal de dictature philosophique. Il prônait ses théories (merveille de dialogues argumentés) dans une période où Athènes traversait l'une des crises les plus graves de son histoire, à savoir les troubles politiques qui ont succédés à la guerre du Péloponnèse. Athènes est exsangue et cherche par tous les moyens à se redresser (ce qu'elle réussira à faire en 378 avec sa seconde confédération). Après l'épisode de l'oligarchie instaurée par Lysandre les hauts citoyens athéniens combattent tous ceux qu'ils soupçonnent de conspirer contre la démocratie, ou ceux qui lancent des idées qui ne vont pas totalement dans le sens de l'Etat athénien (qui souhaitait avant tout souder le Démos en vue de redresser le Démos). Socrate arrive au milieu de tout ça et détourne de nombreux jeunes gens de bonne famille de leurs devoirs politiques et militaires. Rien d'étonnant à ce que le cercle des premiers citoyens aient souhaités sa mort.

L'apparition du christianisme et du monastère n'a en rien changé le rapport à la violence. Certes certains furent épargnés et mis en monastère (chez les Francs reçevoirent la tonsure et perdre sa chevelure, signe par excellence de pouvoir, revenait à une humiliation suprême), mais la grande majorité des opposants étaient assassinés (je vous invite à étudier les Mérovingiens, violents et brutaux à souhaits, regardez le sort réservé à la très chère reine Brunehaut... ça doit faire mal, sans compter le frère de Godovar, roi burgonde, qui fut jeté par les Francs dans un puit avec sa famille). La violence fut un outil politique comme un autre, aussi bien à la période médiévale qu'aux temps plus anciens.

L'Empire romain au niveau de la stabilité fut en fait l'exception qui confirmait la règle. Le Principat romain n'a jamais pu fixer les règles de succession héréditaires, ce qui a déclenché d'innombrables conflits entre les partis au moment des successions. Cela vient du droit romain, très compliqué pour le profane (pour l'historien aussi ne vous inquiétez pas) : je vous invite à regarder mon post où j'expose rapidement certains des éléments qui caractérisent le pouvoir impérial (extrait du séminaire de Mme M.-C. Ferriès). Les autres régimes contemporains n'ont pas connu ces dérives et ont été aussi stables, voir plus (la Polis mes amis, la cité, dont les institutions n'ont que peu bougé en plusieurs siècles ! A la période hellénistique, la "loi des ancêtres", autrement dit la constitution de la cité classique, perdure encore avec vivacité (cf. A. Erskine et sa synthèse sur le Monde hellénistique).

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 03 mars 2013 à 16:32:34

En même temps, quand tu vois que les Athéniens ont voté l'exécution des stratèges victorieux aux Arginuses, juste parce qu'ils n'ont pu récupérer les corps de leurs morts à cause d'une tempête.......... Je plussoie entièrement à l'argument de leur défenseur quand il disait que les Athéniens distribuaient leurs jugements selon leur humeur....... N'empêche qu'ils se sont tirés une belle balle dans le pied ces idiots :gni:

Quand on voit que Miltiade, le vainqueur de Marathon, est emprisonné et meurt de ses blessures pour un échec militaire...

La tolérance dans le monde grecque..... une notion toute relative en somme :sarcastic:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 03 mars 2013 à 16:40:58

Enfin il ne s'agit pas de "tolérance" à proprement parler, on pourrait parler plutôt de stupidité (han le vilain jugement de valeur !!!! :sournois: )

Antiochos_Megas
Antiochos_Megas
Niveau 6
03 mars 2013 à 18:51:12

Certes RTS_Gamer, mais je ne parlais ici que de "tolérance religieuse". L'épisode des Arginuses est le plus fameux de la dérive ultra-démocratique de l'Etat athénien, lorsque l'Ekklésia n'avait quasiment plus aucun contre pouvoir, d'où un vote fait à chaud par l'Assemblée du Peuple : peu après la bataille de nombreux citoyens avaient perdu des membres de leurs familles, des amis et des proches, morts noyés car les stratèges n'étaient pas allées les récupérer avant la tempête. Il paraît normal que sous le coup de l'émotion la foule ait décidé la condamnation à mort. Il fallut en fait les archontes et certaines bouleutes pour calmer cette fureur et faire analyser la situation : les stratèges n'avaient pu intervenir après les combats car la tempête s'était levée trop tôt et avait jeté la flotte athénienne sur le rivage (et les malheureux marins tombés à la mer au fond). Une fois la tension redescendue et les faits expliqués au Démos, l'Ekklésia vota un contre-ordre pour annuler la mise à mort des stratèges. Celui-ci arriva trop tard...

C'est cet évènement qui a en effet accéléré la chute d'Athènes qui avait pourtant effectué un redressement spectaculaire après la lourde défaite de 413 en Sicile. Il montre avant tout comment tout régime, aussi démocratique qu'il soit (car nous sommes ici dans l'épisode le plus démocratique de la cité athénienne, lorsque le Démos s'empara des quasis pleins pouvoirs suites aux échecs des stratèges à Syracuse), est imparfait.

Pour Miltiade, à son époque le stratège est plus un meneur d'homme qu'un génie militaire. Il combat en première ligne avec ses hoplites et n'influe sur la bataille que par les mesures prises avant le combat. Il ne faut donc pas exagérer son rôle outre-mesure. En revanche je ne connais pas les circonstances qui ont conduit à sa mort, tu m'apprends quelque chose, il faut que je me renseigne.

maexim
maexim
Niveau 27
03 mars 2013 à 19:10:15

Ce dont tu parle concerne surtout les mérovingiens mais semble s'être grandement calmé avec les Carolingiens je pense.
Le monastère a également permis d'évincer quelques empereurs byzantin mais dans ce sytème impérial ca a surtout été le bordel...

Xxdiablotin
Xxdiablotin
Niveau 7
03 mars 2013 à 19:58:16

Mort aux hérétiques ! :)
Toléra: le bucher c'est nous qui le préparions Pou les gens comme toi
:sournois:

Helios90
Helios90
Niveau 7
21 juillet 2013 à 18:56:58

J'espère qu'on pourra exterminer des Monothéistes *_*

B-BCK
B-BCK
Niveau 7
21 juillet 2013 à 19:53:45

Hum... Interessant sinon vous penez qu'on pourra jouer avec la religion alors ?.

sangnom
sangnom
Niveau 9
21 juillet 2013 à 19:58:30

Personnellement je penses pas. La religion de Shogun II et FotS ser tout simplement remplacée par la culture voilà tout.

Même principe mais avec la culture

Ambroise_Megas
Ambroise_Megas
Niveau 4
21 juillet 2013 à 20:14:15

Je me demande sérieusement si le Bouddhisme sera de la partie :(
il était a l'époque du jeu présent dans les régions de Bactriane et d'Arachosia.

laatre
laatre
Niveau 5
30 août 2013 à 15:11:14

helios90: Hum ? Sérieusement ?

farlhane
farlhane
Niveau 8
30 août 2013 à 15:13:13

il n'y a pas de religion c'est la culture qui la remplace

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