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Corridor

-Zappa-
-Zappa-
Niveau 10
14 juillet 2014 à 06:07:50

Un film de Sharunas Bartas
Réalisé en 1995
Avec Daiva Ksivickiene, Mantvydas Janeliunas, Viacheslav Amirhanian ...etc
Nationalité : Lituanie
Titre original : Koridorius
Genre : Drame
Durée : 1h21
Images disponibles ici : http://www.cinelounge.org/?page=film&num=11374

Synopsis : Euh ... Sérieux, je sèche, je sais absolument pas comment expliquer. Disons, en gros, que c'est des gens qui vivent dans une petite province et qui savent pas quoi foutre.

-Zappa-
-Zappa-
Niveau 10
14 juillet 2014 à 06:20:45

Assurément l'un des plus beaux Sharunas Bartas. Un poème désespéré, minimaliste, qui mise tout sur la grâce de l'image. Bartas fait partie de ces auteurs qui voient le cinéma comme une profession de foi, une offrande sincère et mélancolique qui porte le regard du cinéaste sur le monde. Pas ou très peu d'effets de cinéma ici, pas de dialogues, pas de musique, pas de mouvements de caméra, toute la beauté du film réside dans l'austérité des décors, dans la sécheresse déprimante que convoque le lituanien sur tout ce qu'il filme. Un noir et blanc aride, des longs plans fixes, une absence totale de formalisme, cela suffit-il pour faire un grand film ? Il faut croire que oui, à moins ce soit la foi palpable du cinéaste dans ce qu'il montre qui fasse la différence, du visage androgyne de Katerina Golubeva aux marécages boueux dans lesquels un enfant se complaît. La délicate attention avec laquelle Bartas filme pendant plusieurs minutes ses visages burinés, ses corps malingres et ses paysages désertés évoque beaucoup Pasolini, l'épiphanie tarkovskienne des quatre éléments (eau, terre, air, feu) en plus.

Au fond, peu importe les inspirations et les références. C'est du cinéma profondément hanté et dépressif, extrêmement contemplatif mais qui n'ennuie pas une seule seconde. Et là me vient une dernière réflexion : pourquoi Michael Bay et consorts qui multiplient les explosions et l'action spectaculaire m'emmerdent-ils autant alors que je ne vois absolument pas passer l'heure vingt de ce film sur lequel la durée des plans semble ne pas avoir d'emprise ? La réponse est toute simple : l'honnêteté et l'humilité de la démarche. Elle est palpable ici, elle ne l'est pas dans Transformers.

En tous cas, on en sort avec l'impression d'avoir vu un pur morceau de cinéma, et pourtant, Dieu sait que c'est fait avec trois fois rien.

CosmoCraneur
CosmoCraneur
Niveau 10
14 juillet 2014 à 16:20:56

Je note!

-Zappa-
-Zappa-
Niveau 10
14 juillet 2014 à 17:27:23

Haha, ca devrait te plaire, mon grand

_Vanaheim_
_Vanaheim_
Niveau 10
14 juillet 2014 à 18:05:49

Bartas est acteur dedans, il a en plus la qualité d'être physiquement bg.

-Zappa-
-Zappa-
Niveau 10
14 juillet 2014 à 19:42:40

Je me disais la meme chose, quel bel homme putain !

Schwitz
Schwitz
Niveau 10
30 août 2014 à 01:05:14

Film vu dans le cadre de mon échange avec -Zappa- sur le topic des échanges.

Il s'agit d'un film dramatique lituanien de 1994, réalisé par Sharunas Bartas

Avec notamment:

Sharunas Bartas himself, Yekaterina Golubeva, Viacheslav Amirhanian, Mantvydas Janeliunas

Pas vraiment de synopsis à décrire pour ce film, pour la simple raison que ça ne servirait à rien, explication: Ce film s'ouvre sur un plan extérieur de Vilnius, la capitale de la Lituanie, avec ses maisons empilées les unes sur les autres et la fumée des usines omniprésente. Accompagnant cette image plutôt sombre, une voix masculine douce fredonne ce qui ressemble à un croisement entre une mélopée triste et une berceuse.

Avec une entrée en matière comme ça, on sait d'emblée à quel genre de film on aura affaire, Le fameux "Corridor" symbolise la chambre secrète de l'inconscient collectif du peuple lituanien. Il représente aussi le passage étroit dans lequel s'engouffre l'esthétique de Sharunas Bartas, qui négocie ici un acte d'équilibrage pour dépeindre le sens profond de la mélancolie gravée sur les visages durs et brûlés, ainsi que dans les yeux lugubres des personnages et de leurs espoirs pour l'avenir, un espoir impossible à décrire avec des mots, mais qu'on ressent très fortement tout au long du film.

Ce film a été réalisé en 1994, dans les années qui ont immédiatement suivi l'effondrement de l'Union soviétique et l'indépendance de la Lituanie. Il est à noter que Satantango de Béla Tarr, réalisé avec un style assez similaire et abordant des éléments thématiques proches, a également été produit dans la même année. Tout comme dans le film de Béla Tarr, la tristesse imprègne l'air du fameux corridor d'un immeuble délabré ainsi que le cœur de ses habitants. Le film et ses personnages semblent sombrer dans une sorde d'idéologie désabusée et insaisissable. Ce n'est pas simplement une question de sobriété des événements, car cela a déjà été mis au point dans différents films d'auteur très réussis. Ce qui donne sa patte à ce film, c'est clairement ses personnages, qui sont tous atteints d'une forme contagieuse d'aphasie métaphorique et de catatonie.

Mais même au milieu de ce pessimisme, nous assistons à des petits moments de joie. Dans ce qui pourrait être la scène la scène "d'action" de ce film, nous voyons les résidents d'un immeuble danser sur des chansons latino comme "Puerto Rico" de Vaya con Dios et "Escucha Me" de Gypsy Kings. Histoire de démontrer que dans les cœurs et les esprits de ces gens accablés par le poids de leurs vies quotidiennes et du ciel gris et froid, existe une âme qui aspire à la chaleur et à l'exotisme.

Bartas livre ici un grand film politique sans faire explicitement référence à la politique. Corridor est une franche réussite, qui a trouvé sa place dans un coin aux accents doux-amer un peu entre Satantango de Béla Tarr, et The Mirror de Tarkovski, quelque part entre les expériences collectives et les souvenirs personnels. Bartas parvient à fusionner les souvenirs personnels de l'enfance dans le cadre de plus grandes implications sociologiques. Et c'est bien la le signe d'un réalisateur qui croit en ce qu'il fait.

Très bonne découverte :ok:

-Zappa-
-Zappa-
Niveau 10
30 août 2014 à 01:41:18

Schwitz :d) Epouse moi, je t'aime :coeur:

Et je regarde tes films ce WE, désolé encore du retard !

Schwitz
Schwitz
Niveau 10
30 août 2014 à 02:06:41

Bah, ça fera jamais que la 3ème demande en mariage que je reçois ce mois-ci :noel:

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