J'avais vraiment une qualité TVRIP dégueulasse pour ce film qui n'aide pas à apprécier la mise en scène et l'esthétique générale du travail de Solovyov. Reconnaissons toutefois que pour ce téléfilm en deux parties, il fait preuve d'une certaine paresse stylistique, la mise en scène étant assez quelconque, dépourvue des expérimentations du Pigeon sauvage ou de Assa et de la rigueur de Cent jours après l'enfance.
Néanmoins, Solovyov peut compter sur une belle histoire qu'il adapte avec succès et sur des personnages vraiment intéressants. Comme d'habitude, on est ici dans l'emphase émotionnelle, les plus belles scènes étant sans aucun doute les séquences romantiques avec Tatyana Drubich (la muse de Solovyov). Ce que j'aime avec ce cinéaste, outre sa parfaite utilisation de la musique discrète et efficace, c'est qu'il n'est jamais dans le cynisme mais toujours un lyrisme romantique très touchant, et sans artifices. Solovyov mériterait vraiment d'être plus reconnu dans la frange de ces réalisateurs russes post-tarkovskiens. Toutefois, je ne m'explique pas vraiment cette fin brutale (que je ne spoilerai pas) et l'intrigue emprunte quand même des sentiers assez communs ou téléphonés.
Probablement le moins bon Solovyov sur les 7 que j'ai vu. Et pourtant, un beau film. Bancal certes. Mais beau.