Réalisé par Sergei Solovyov
En 1972
Avec Nikolai Pastukhov, Marianna Kushnirova, Nikita Mikhalkov
Nationalité : URSS
Titre original : Stantsionnyy smotritel (СТАНЦИОННЫЙ СМОТРИТЕЛЬ)
Durée : 1h03
Genre : Drame
Synopsis : L'histoire d'un père qui tient un relais de voitures et qui constate un matin que sa fille est partie avec un visiteur.
Mon avis
Second film de Sergei Solovyov et premier coup d'éclat (j'dis ça mais j'ai pas vu son premier film
). On retrouve déjà dans ce téléfilm adapté de Pouchkine et produit pour la télévision soviétique l'essence du cinéma de Solovyov : passion pour la sculpture, la peinture et la musique (magnifique ici et merveilleusement utilisée). En cela, Solovyov se rapproche un peu d'un cinéaste comme Sokourov qui compose toujours dans cette dimension 'interarts'. Alors, on va être honnêtes, sur les cinq que j'ai vu de Solovyov, Postmaster est certainement le moins abouti mais ça reste un film très honnête et une franche réussite. Déjà, premier point à signaler, le film est un délice pour les yeux et les oreilles. C'est magnifique en dépit de quelques mouvements de caméra approximatifs et de cadrages parfois un peu grossiers.
Sur le fond, le cinéma de Solovyov a quelque chose de très expressionniste, de très russe, avec son lot de plans très démonstratifs. On peut ne pas aimer mais je trouve ce cinéma là d'une rare puissance sensorielle et émotionnelle. Mais en même temps (et c'est un peu le paradoxe du film qui témoigne que le cinéaste se cherche encore un peu), cette exagération poétique très slave est compensée par une sorte de pudeur toute bressonienne où se joue l'essentiel de l'émotion. Y a pas à chier, Solovyov sait filmer les femmes et ce n'est pas cette jolie histoire d'amour qui prouvra le contraire. Amour d'un homme pour une femme et amour d'un père pour sa fille. Solovyov n'a pas son pareil pour capter, mine de rien, la puissance évocatrice d'un simple regard.
Mon regret, c'est que passée la première demie-heure (magique et je pèse mes mots), le film perd un peu de vue sa ligne d'intensité, l'émotion se joue encore mais en arrière-plan, et le film devient subitement moins prenant. Et je déplore également que la fin qui est très belle au demeurant, ait tendance à s'éterniser.
Mais ça reste un beau film qui ferait à coup sûr chialer Aro
