Il semblerait que l'auteur de Greenberg ait compris les défauts de son film précédent : spleen déjà vu 100 fois sur un adulescent bourgeois à la dérive… Et il nous offre Frances Ha qui si ce n'est pas un chef d'oeuvre reste malgré tout un film profondément aimable et respectable.
On a là quelques tranches de vie d'une femme/fille de 27 ans qui a ce charme fou des filles qui ne correspondent pas forcément aux canons habituels de beauté, mais qui par leur naturel inondent l'écran de leur présence et de leur charme. Du coup c'est un réel plaisir de la suivre dans cette histoire sans réelle trame narrative autre que sa vie. Et ça suffit, pas besoin de plus pour faire un beau film. On n'a pas besoin de se toucher la nouille, d'être moralisateur, juste montrer la vie, ça suffit.
D'autant que le film va enchaîner pendant presque 1h30 les scènes de vies plus vraies les unes que les autres et le film dure juste assez longtemps pour que ce sourire final nous mette la larme à l'oeil. Ce n'est pas trop, juste bien, juste ce qu'il faut.
Et que dire de l'interprétation magique de Gerwig qui inonde l'écran ?
Le film semble malgré tout bien plus long qu'une heure trente, peut-être parce que certaines scènes se ressemblent trop sans être exactement les mêmes. Par contre j'ai beaucoup aimé cette scène où les deux amies ivre se confient sur la fin et cette lettre au matin. Tellement vrai, tellement triste. Le film est emprunt de la douce folie de son personnage principal, mais aussi de l'amertume de la réalité, ce qui en fait un film unique, avec une réelle cohérence visuelle, et réellement prenant.