Le 17 août 2016 à 16:37:48 >Lt-Schaffer a écrit :
Oui mais tu vois, si l'on s'en tient à la famille, bon déjà je ne crois pas que ce soit vraiment un thème particulier du cinéma de Nolan, et en l’occurrence dans Interstellar, il essaye de singer l'esprit de la cellule familial selon Spielberg (d'autant que c'était autrefois le projet de Spielberg, donc). Et chez Spielberg, c'est d'une colossale importance, ça transcende un grand nombre de ses films et son cinéma orbite régulièrement autour. Nolan, lui, le traite platement parce qu'on pourra dire ce qu'on veut, mais ça n'est pas son truc. Il n'y a pas d'âme dans le traitement qu'il en fait, et du coup il fait un mélo mécanique. Suffit de jeter, d'ailleurs, un coup d'oeil sur Midnight Special de Jeff Nichols, pour constater les différences de traitement du thème, comment l'un l'épouse complètement, comment l'autre ne fait juste que l'appliquer, si j'ose dire.
Le type s'amuse quand même à faire des films à thèmes : Je pense en effet qu'il articule les enjeux principaux de ses films avant tout autour de ces uniques thématiques (le super-héros et sa morale, la dualité rêve/réalité, les enjeux temporels et "physiques" des voyages cosmiques, la mémoire ...) Et la famille y est souvent amenée en cause, en prix ou le but de la quête du héros. Tu enlèves Insomnia et The Following (parce que ça fait longtemps que je ne les ai pas vu, et il me semble que ça collerait pas bien à mon propos
) tu as : Guy Pearce qui fait tout pour retrouver le tueur de sa femme, Leo DiCaprio et Marion Cotillard qui s'embrouillent tout le film + leurs enfants, Hugh Jackman énérvé parce que Christian Bale a tué sa femme, finit par "kidnapper" la fille de ce dernier. Le même Christian Bale qui déambule habillé en chauve souris depuis que ses parents se sont fait assassiner, perd lui aussi sa meuf, mais en retrouve une dans le suivant parce que Michael Caine commence à le soûler avec tout ça. Enfin Matthew Mcconaughey sacrifie sa vie pour ses enfants et l'humanité.
Donc ça reste une thématique importante de son cinéma, même si je l'accorde son traitement de la famille est souvent artificiel et il privilégie le spectaculaire amené par son thème principal au simple intimisme. Mais dans Interstellar, la relation père/fille marche plutôt bien je trouve. La scène de traque du signal en 4x4, la scène du départ et celle du message après 20 ans sont vraiment touchantes. Le happy hending est certes de trop. Le reste est foiré : Casey Affleck a qui il manque 20 min de film pour peut être faire autre chose que boire et gueuler, l'ellipse de 20 ans zappe la relation Caine - Chastain (en père de substitution j'entends), John Lithgow le grand père qui fait quelques discours sur le bon vieux temps avant de disparaitre, Jessica Chastain et son mec (oui, elle a un mec à la fin). J'ai tout de même pas l'impression qu'il essaie de singer Spielberg, il fait du Nolan et doit en être conscient. Et c'est peut être justement parce que la relation père/fille sert de levier à son thème de voyage cosmique qu'elle fonctionne. Comme il est plutôt doué dans le développement de son thème principal, ça marche. Et comme la gamine est ultra importante au récit, elle a l'avantage d'être mieux traité. Nolan est paradoxalement cité comme un réalisateur désirant implanter son cinéma le plus possible dans le réel, alors qu'il peine a décrire des rapports humains au delà de la dramaturgie d’événements extraordinaires. Mais après le film de guerre, on aura peut être droit à une comédie romantique. ![]()
Faut prendre en compte que lorsqu'il a commencé à bosser sur Inception, ca fille venait de naître. Je pense que l'accentuation de la relation entre Murph et Coop s'explique par ceci, ce qui rend le film beaucoup plus personnel je trouve.
Quant au cas du fils, il est en paix avec lui, donc il n'a pas besoin d'avoir son pardon, ca me semble tellement évident.
Quant au projet quand il était sous la coupe de spielberg... Mouais, j'ai lu le script qui avait fuité, ca parlait de méchant chinois et de méchants aliens, tout ce qui me débecte quoi. Interstellar est plus qu'un film sur la famille, c'est surtout un film sur l'humanité et sa capacité à avancer. C'est d'ailleurs pour ca que j'adore le dernier plan de cooper et le dernier plan avec Hataway. Les deux héros font face à l'inconnu, à l'aventure ![]()
Le 18 août 2016 à 02:41:34 Pol0k a écrit :
Le 17 août 2016 à 16:37:48 >Lt-Schaffer a écrit :
Oui mais tu vois, si l'on s'en tient à la famille, bon déjà je ne crois pas que ce soit vraiment un thème particulier du cinéma de Nolan, et en l’occurrence dans Interstellar, il essaye de singer l'esprit de la cellule familial selon Spielberg (d'autant que c'était autrefois le projet de Spielberg, donc). Et chez Spielberg, c'est d'une colossale importance, ça transcende un grand nombre de ses films et son cinéma orbite régulièrement autour. Nolan, lui, le traite platement parce qu'on pourra dire ce qu'on veut, mais ça n'est pas son truc. Il n'y a pas d'âme dans le traitement qu'il en fait, et du coup il fait un mélo mécanique. Suffit de jeter, d'ailleurs, un coup d'oeil sur Midnight Special de Jeff Nichols, pour constater les différences de traitement du thème, comment l'un l'épouse complètement, comment l'autre ne fait juste que l'appliquer, si j'ose dire.
Le type s'amuse quand même à faire des films à thèmes : Je pense en effet qu'il articule les enjeux principaux de ses films avant tout autour de ces uniques thématiques (le super-héros et sa morale, la dualité rêve/réalité, les enjeux temporels et "physiques" des voyages cosmiques, la mémoire ...) Et la famille y est souvent amenée en cause, en prix ou le but de la quête du héros. Tu enlèves Insomnia et The Following (parce que ça fait longtemps que je ne les ai pas vu, et il me semble que ça collerait pas bien à mon propos
) tu as : Guy Pearce qui fait tout pour retrouver le tueur de sa femme, Leo DiCaprio et Marion Cotillard qui s'embrouillent tout le film + leurs enfants, Hugh Jackman énérvé parce que Christian Bale a tué sa femme, finit par "kidnapper" la fille de ce dernier. Le même Christian Bale qui déambule habillé en chauve souris depuis que ses parents se sont fait assassiner, perd lui aussi sa meuf, mais en retrouve une dans le suivant parce que Michael Caine commence à le soûler avec tout ça. Enfin Matthew Mcconaughey sacrifie sa vie pour ses enfants et l'humanité.
Donc ça reste une thématique importante de son cinéma, même si je l'accorde son traitement de la famille est souvent artificiel et il privilégie le spectaculaire amené par son thème principal au simple intimisme. Mais dans Interstellar, la relation père/fille marche plutôt bien je trouve. La scène de traque du signal en 4x4, la scène du départ et celle du message après 20 ans sont vraiment touchantes. Le happy hending est certes de trop. Le reste est foiré : Casey Affleck a qui il manque 20 min de film pour peut être faire autre chose que boire et gueuler, l'ellipse de 20 ans zappe la relation Caine - Chastain (en père de substitution j'entends), John Lithgow le grand père qui fait quelques discours sur le bon vieux temps avant de disparaitre, Jessica Chastain et son mec (oui, elle a un mec à la fin). J'ai tout de même pas l'impression qu'il essaie de singer Spielberg, il fait du Nolan et doit en être conscient. Et c'est peut être justement parce que la relation père/fille sert de levier à son thème de voyage cosmique qu'elle fonctionne. Comme il est plutôt doué dans le développement de son thème principal, ça marche. Et comme la gamine est ultra importante au récit, elle a l'avantage d'être mieux traité. Nolan est paradoxalement cité comme un réalisateur désirant implanter son cinéma le plus possible dans le réel, alors qu'il peine a décrire des rapports humains au delà de la dramaturgie d’événements extraordinaires. Mais après le film de guerre, on aura peut être droit à une comédie romantique.
Le thème du couple (et plus précisément de la femme morte, disparue, perdue (Tdk, Inception, memento)) est quelque chose de crucial chez Nolan en effet, mais c'est très différent du thème de la famille, et d'autant plus de la famille "Spielbergienne" qu'essaie de singer Nolan dans Interstellar.
Pourquoi comparer Nolan à autre chose que Nolan ? Il a créé un genre de cinéma qui est bien à lui, que beaucoup cherchent à copier. C'est le michel-ange de la pellicule. Pourquoi chercher à le rabaisser à des Kubrick surcôtés par exemple ?
Le 18 août 2016 à 13:08:07 levichetrousse a écrit :
Pourquoi comparer Nolan à autre chose que Nolan ? Il a créé un genre de cinéma qui est bien à lui, que beaucoup cherchent à copier. C'est le michel-ange de la pellicule. Pourquoi chercher à le rabaisser à des Kubrick surcôtés par exemple ?
2/10
Le Michel-Ange de la pellicule ?
Kubrick surcôté ? Face à Nolan ? ![]()
Evidemment que Kubrick est surcôté, Les oiseaux et Psychose c'est mauvais.
Le 18 août 2016 à 13:16:34 levichetrousse a écrit :
Evidemment que Kubrick est surcôté, Les oiseaux et Psychose c'est mauvais.
La tentative de trop ![]()
Le 18 août 2016 à 13:16:34 levichetrousse a écrit :
Evidemment que Kubrick est surcôté, Les oiseaux et Psychose c'est mauvais.
Fallait s'arrêter avant
C'est fascinant de vous voir disserter des pages sur la récurrence chez Truc ou Bidule de thèmes comme " le couple " " la famille " " le sacrifice " alors que ce sont des trucs qui reviennent dans la majorité des films de 95% des réalisateurs.
J'ai du mal avec le "singer Spielberg" je crois. C'est pas parce qu'Interstellar est passé par les mains de Spielberg que Nolan essaie de le singer. Et c'est pas parce que la gamine a 12 ans, qu'elle a des jouets navettes spatiales dans sa chambre et que c'est de la SF que c'est E.T non plus. Nolan fait son truc et on peut penser que ça ne marche pas très bien, je l'admet.
Je vois pas du tout le rapport avec Spielberg non plus.
Puis ce n'est pas parce qu'on retrouve certains thèmes dans plusieurs de ses films que ça rend ces derniers intéressants. Il peut très bien vouloir parler d'un thème qui lui est très personnel, le faire dans tous ses films, mais mal le faire à chaque fois.
Le 18 août 2016 à 15:39:06 Lt-Schaffer a écrit :
La vision de la famille à travers le perso de McConaughey, c'est très spielbergien, et le contexte aussi. On te place l'action du premier acte dans une sorte d'Amérique profonde et sa ferme perrave, une Americana poussiéreuse, et c'est quelque chose que Nolan n'assimile pas très bien, parce que ça n'épouse pas son côté britannique à balais dans le fion et cinéma tout lisse. Et quand tu plaques la comparaison avec Midnight Special (qui traite aussi de la cellule familiale), c'est encore plus flagrant.
Ben autant je suis pas fan d'Interstellar autant j'ai trouvé Midnight Special d'un déjà vu et d'un inintérêt presque total donc je vois pas trop en quoi la comparaison est si violente pour Nolan m'enfin si tu le dis.
Pour l'intro j'avais absolument pas pensé à Spielberg mais au Cimino de Voyage au bout de l'enfer (passer une heure avec la communauté avant que l'action à proprement parler débute). Et je vois toujours pas ou est le problème spécifiquement lié à Nolan là-dessus.
Le 18 août 2016 à 15:37:28 KID__ a écrit :
Puis ce n'est pas parce qu'on retrouve certains thèmes dans plusieurs de ses films que ça rend ces derniers intéressants. Il peut très bien vouloir parler d'un thème qui lui est très personnel, le faire dans tous ses films, mais mal le faire à chaque fois.
Tout à fait d'accord.
Que Nolan soit un cinéaste pragmatique et trop rationnel pour que son utilisation du " pouvoir de l'amour " et compagnie ne soit pas génante, c'est quelque chose que je pense également. Mais de là à faire de l'humilité une valeur en soi comme si un cinéaste devenait meilleur parce qu'il était humble... ça me rappelle un peu Yannick Dahan ce genre de trucs.
Pour les rednecks ma théorie est la suivante : dans le futur d'Interstellar, 2001 est totaleement has been. C'est plus la référence de la SF que c'est à notre époque. Et non seulement leur classique à eux c'est Armageddon (probablement renforcé par l'élection de Michael Bay président des USA en 2024) mais c'est considéré comme un film tellement bon qu'il a éclipsé tous les autres. Et le truc, c'est qu'ils ne le voient pas comme une fiction mais comme un documentaire. Du coup, dans l'inconscient collectif du futur, il faut soit Bruce Willis (mais il est parti dans le passé enfin regardez Looper c'est plus clair dedans) soit un random travailleur manuel pour aller dans l'espace. C'est ce qu'on appelle la cohérence avec le monde décrit.
J'ai envie de dire que ça dépend un peu du "niveau" du cinéaste.
L'humilité permet d'avoir du recul sur la qualité du film que l'on produit et donc d'adopter le bon ton. Nolan lui, n'a aucun recul. Il semble persuadé de révéler des vérités cachées dans chacun de ses films. Et donc il dirige ses acteurs ou utilise sa musique d'une façon on ne peu plus pompeuse. Et lorsque ce ton grandiloquent se heurte à la banalité du propos, on se retrouve avec des films prétentieux et énervants.
Ce n'est pas 100 % faux mais je ne crois pas que Nolan fasse uniquement des films pour délivrer un message ou un propos. Il y a dans Interstellar des choses qui échappent au discours (les vagues géantes ralenties, le passage dans le trou) et qui me semblent suffisamment spectaculaires, non pas pour aimer réellement le film mais pour ne pas le réduire au stade de plagieur ou de gros con moralisateur. Je n'en dirais pas autant de certains types comme Haneke ou Von Trier qui me semblent totalement correspondre à ta définition.
Ta tentative de faire passer tout élément de Interstellar pour un plagiat a quelque chose de, comment dire, pathétique de la part de quelqu'un aussi prompt à défendre les cinéastes hollywoodiens.
Cette façon de reprendre chaque élément pour le relier à tout ce que tu peux trouver à droite à gauche pour justifier ton " idée " selon laquelle Nolan est un gros nul est d'autant plus grotesque quand je mets ça en comparaison avec ta défense acharnée d'un film aussi audacieux qu'original nommé Prometheus.
Le 18 août 2016 à 16:33:37 BuzzMeeks a écrit :
Ce n'est pas 100 % faux mais je ne crois pas que Nolan fasse uniquement des films pour délivrer un message ou un propos. Il y a dans Interstellar des choses qui échappent au discours (les vagues géantes ralenties, le passage dans le trou) et qui me semblent suffisamment spectaculaires, non pas pour aimer réellement le film mais pour ne pas le réduire au stade de plagieur ou de gros con moralisateur. Je n'en dirais pas autant de certains types comme Haneke ou Von Trier qui me semblent totalement correspondre à ta définition.
Haneke je ne sais pas. Pour ma part, j'ai été plutôt touché par Amour. Von Trier correspond peut-être plus oui, ce qui rend sa dédicace à Tarkovski à la fin d'Antichrist assez consternante je trouve.
Après je peux comprendre qu'on soit impressionné ou même touché par certains passages d'Intestellar, mais à côté on a des passages comme celui sur "l'amour" qui sont trop grossiés pour pouvoir passer, bien qu'il y avait matière à faire quelque chose d'intéressant.
" et j'en trouve même trois très bons."
The Dark Knight, Insomnia, et lequel ? Following ?