Ça fait déjà quelque temps que j’ai vu cette chose un peu par hasard et pourtant le traumatisme reste encore vivace aujourd’hui. Comme quoi je ne suis pas si résistant que ça face aux daubes de compétition. Boon s’est juste surpassé pour le coup, j’en ai vu des « comédies » pathétiques mais là… Le film est un véritable festival de situations toutes plus grotesques les unes que les autres. Et en prime, il arrive même à être totalement perché. On a donc une action qui se déroule en France pendant que quelque part en Europe de l’Est se déroule une guerre civile dans un pays fictif. Un pays fictif… sorti de l’imagination de Boon… Peut-être pas que de son imagination d’ailleurs quand on voit la gueule du scénario. Alors vu que cela a été écrit par un beauf, on combine tous les pires clichés qu’un français de base s’imagine sur les pays d’Europe de l’Est pour que ce dernier se conforte dans ces clichés et ses préjugés.
Enfin ce n’est pas ça le pire. Le pire c’est ce refus du cinéma, cette accumulation de sketches pas drôles qui est censée constituer un scénario. Et le personnage de Boon… Ce rire forcé… Je n’ai jamais eu autant envie d’égorger un acteur. C’est aussi ce qui m’énerve dans ces comédies françaises de bas étage, ce surjeu permanent qui consiste à faire des singeries pour nous faire entrer dans le délire du film à défaut d’une véritable écriture humoristique. C’est le genre de film qui me ferait presque regretter De Funès qui incarnait au moins un personnage même si c’était le même dans tous ses films et que ce n’était pas forcément top. Là non, il suffit d’aligner deux guignols bankables (on se demande vraiment pourquoi) qui font les kékés en agitant les bras pour essayer d’amuser le chaland friand de divertissement « sans prise de tête ». Et pourtant si, on te la prend bien la tête ici. On te la dévisse, on te l’ouvre et on y fait ses besoins dedans. Mais regardez un Monty Python bordel, regardez un Lubitsch, un Wilder. C’est quand même un autre niveau car il y a une vraie qualité d’écriture, des effets de surprise bien trouvés, des acteurs qui ne hurlent pas. Et du cinéma, une mise en scène, des idées… Et je pourrais encore étendre la liste, les films drôles et divertissants qui ne cherchent pas à abrutir son spectateur sont légion.
Enfin… Le français a les films qu’il mérite s’il continue à payer des places de cinéma pour ces choses, s’il cautionne ce non-cinéma. Parce que là quand même, si Boon ameute encore du monde en salles après ça, on pourra commencer une étude sociologique sur son public. Je veux bien comprendre qu’on puisse aller au cinéma pour se divertir, même si ça me fait tiquer car c’est quand même réduire sa portée. Mais comment peut-on trouver cette chose divertissante ou amusante étant donné qu’elle ne propose qu’une série de gags prévisibles, éculés et surtout grotesques ? Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est « gentillet » car c’est tout le contraire vu que c’est hautement abrutissant. Mais bon, ils en ont parlé à la télé et les comédiens étaient rigolos chez Arthur alors ça ne pouvait être que bien pour les esprits corrompus par les médias qui ont donc payé 10 euros comptant (et contents) pour voir ce film au cinéma. Sauf que ceci n’est pas du cinéma, c’est un outil de plus créé dans le seul but d’endormir le cerveau de quiconque va venir subir cette chose. Supercondriaque est le reflet parfait d’un mal cinématographique qu’il faut absolument éradiquer de nos écrans. Plus qu’une simple merde, un danger culturel.