Date de sortie: 7 juin 2011
Réalisé par: Hannes Stöhr
Avec:
Paul Kalkbrenner, Rita Lengyel, Corinna Harfouch ...
Genre: Drame, Musical
Nationalité: Allemand
Trailer: http://www.you*ube.com/watch?v=drdf8OeBUUM
Berlin Calling est l’histoire d’un homme auquel la vie semble sourire. Le succès, l’argent, une femme et manager, Mathilde qui l’épaule à chaque instant, la passion de la musique qui les fait vibrer tout ceci résume le quotidien de DJ Ickarus, alias Martin. Mais dès les premières minutes du film, le masque tombe et le joli tableau se craquelle. Ickarus est accro aux trips. Coke, amphet, MDMA… tout y passe, excepté l’héroïne. Alors qu’il prévoit de sortir un nouvel album, tous ses projets s’effondrent à la suite d’un bad trip. Comme il le dit lui même « je me suis vu mourir ». En pensant à Icare, mort après avoir brûlé ses ailes pour avoir volé trop près du soleil, on pourrait penser que l’aventure se termine dans ce club berlinois pour Ickarus.
Mais au lieu de se noyer, il est envoyé en clinique psychiatrique par son label. C’est la déchéance du héros. Dès sa première sortie, il replonge et finit par retourner en désintox. Le film aurait été un cliché si Ickarus avait persisté dans cette spirale infernale. Mais Berlin et la scène électro ne sont pas nécessairement synonymes de perdition.
Quel intérêt peut avoir un film ayant pour sujet la descente aux enfers d’un célèbre DJ ? A la différence de Mozart, Kurt Cobain, Johnny Cash ou Ray Charles, il est toujours en vie et sa notoriété ne nous semble pas si évidente. Hannes Störh nous l’explique : « Berlin Calling n’est pas la biographie romancée du DJ Paul Kalkbrenner, il s’agit avant tout de faire le portrait de cette génération Youtube avec un fond d’électro berlinois ». Dès lors, l’avantage du film est d’avoir en guest un célèbre DJ. La présence de Paul Kalkbrenner donne du poids au pathétique du personnage qui refuse la vie réelle, son âge, les limites imposées par son corps, la banalité, la vie réglée telle que la mène son père, un pasteur luthérien. Les émotions d’Ickarus sont particulièrement bien transcrites par la musique du film, entièrement composée par Paul Kalkbrenner.
En parfaite adéquation avec ce milieu de la musique, la prestation du DJ est criante de vérité. Il le dit lui même : « je me sens très proche d’Ickarus, de sa passion pour la musique, de ses moments de faiblesses, beaucoup plus que ce qu’a pu le croire Hannes Störh ». Le charme du film tient à ça, la musique qui porte acteur, personnage et scénario.