Mon avis ( avec quelques spoils , mais révélés assez tôt dans le film )
Très difficile de parler de ce film dans les moindres détails , je pense que d'autres critiques me completeront , surtout que je ne fais jamais de critique , alors pour un film comme celui-ci , je m'escuse d'avance si le tout peut sembler foireux
Peking Opera Blues représente le summum de ce qu'a pu faire Tsui Hark tout au long de sa carrière , paradoxalement c'est le ( ou l'un des ) seul film du réalisateur à n'a pas avoir été édité en france ( on est dans l'obligation de l?acheter en import , tout de même sous titré anglais , ou bien se le procurer par des moyens moins légaux en blu-ray et sous titré français ), incompréhensible .
Film historique (1913 après la 1ere révolution démocratique ) , avec pour intrigue de base une conspiration politique ( association avec des banques étrangères afin de dominer le sud du pays et prôner un retour à la monarchie ) , avec toute une partie d'espionnage sous fond de critique sociale : les méthodes peu scrupuleuses de la polices , les limites de la liberté d'expression , les côtés néfastes de l'occidentalisation ( comme dit plus haut les conspirations avec les pays étrangers ) mais aussi ce qu'elle peut apporter de positif ( l'enseignement à l'étranger , techniques médicales occidentales ) , la peur d'un futur incertain et l'envie d'émigrer ... ( encore une fois un très bon parallèle avec la rétrocession de 1997 qui approche à grand pas ).
Le tout dans une intrigue exaltante , passionnante , animée , le rythme va à 100 à l'heure , comme dans sa précédente oeuvre ( le réalisateur laisse très peu de répit aux spectateurs ) ou se mêlent habilement scènes comiques purement burlesques ( avec des quiproquos en tout genre) , dramatiques , déchirantes ( limite insoutenable ) , de l'action ( dont une séquence de gunfight dessus et sous les tables qui force le respect ) , de l'infiltration , des enjeux politiques , historique , un peu de romance et d'Opera ( dance , chant ... ) .
Ouais ce film est un peu la quintessence du cinéma de hong kong , tous les genres y passent , mais sans que le récit ne paraisse brouillon et incompréhensible , le tout reste d'une fluidité exemplaire et je pense que seul un réalisateur comme Tsui Hark aurait pu réaliser un tel film.
Film 100% féministe , le réalisateur dresse 3 portraits de femmes , chacune dans un registre différent : Brigitte Lin (Swordsman ) perdu entre sa mission anti-conspiration et l'amour pour son père , la démocratisation du pays , sera le vecteur dramatique du film , Sally Yeh (Shanghai blues ) est le vecteur comique et féministe du film , en jeune fille en avance sur son temps qui aimerait se produire sur scène dans un monde réservé aux hommes et non pas être cantonnée à son rôle de jeune femme modèle et obéisante , et Cherie Lung en jeune femme vénale et maladroite ( à qui on doit la majorité des scènes comique du film ) , mais au grand coeur , qui n'hésiterait pas à risquer sa vie pour sauver son amie .
Les rôles secondaires ne sont pas en restes , la palme d'or revient sans aucun doute au général Tsao , interprété par Kenneth Tsang ( The Killer , Le syndicat du Crime ) qui livre une prestation des plus touchantes : seigneur de guerre tyrannique , n'hésitant pas à tuer quiconque lui manquant de respect , caractère controversé par la relation qu'il entretient avec sa fille , où il laissera exploser son côté paternel lors d'une scène plus déchirante tu meurs ...
Pour finir sur les décors , uniquement en studio , incroyable de réalismes et de beautés , avec une photographie à tomber , d'ailleur le film change complètement en dvd , la photo parait beaucoup plus translucide , les couleurs beaucoup plus éclatantes , c'est un tout autre film .
Non vraiment , c'est le film parfait pour moi , les genres y sont distillés tout au long du film , il n'y en a ni trop , ni pas assez , les changement de tons sont
perpétuels , je peux comprendre que le film laisse dubitatif lors d'une 1ère vision , comme chez tous les Tsui Hark à vrai dire , mais ne pas aimer ce film , c'est quelque chose d'impossible pour moi .
Et tout ça en 1h40 , comme quoi ...