Des portes déjà utilisées, des chemins maintes fois arpentées. A trop tirer sur la corde, elle se brise et emporte avec elle le souvenir des vastes espérances que l’on portait à son égard. Car oui, le dernier né de chez Pixar a de quoi fait pâlir de honte son aîné.
Faire peur ? Cela s’apprend, monsieur.
- Je veux devenir une terreur !
- Pour ça mon petit, la Monster University est la meilleure école !
Faute d’y apporter un regard intéressant, Monstres Academy est un parfait d’école. Des stéréotypes à la pelle, des scènes d’une niaiserie sans commune mesure, des personnages moulés dans des archétypes dénués de toute profondeur ou travail psychologique. Avec toute la finesse d’un American Pie et l’intensité dramatique des séries B américaine, le parcours universitaire de Bob et Sully est à vomir de clichés - jeux universitaires, groupes de gothiques, matheux, fraternité populaire, découverte de l’amitié au bord d’un lac - il vous en reste encore un peu ? Pas d’inquiétude, attendez quelques scènes et vous pourrez continuer à régurgiter le trop plein de redite dont on vous gave gracieusement. Offert par la maison. Un petit supplément peut-être ? Je vous comprends, il manquait une bonne dose de moralisme pour se vider complètement.
- Je me sens rejeté, je n’ai pas le potentiel pour réussir.
- Mais si, tu réussiras mon enfant ! Avec de la motivation, du courage et du travail d’équipe tu y arriveras !
Oups, il m’en restait encore un peu entre les dents.
Leçon suivante. Pour faire du fan-service, expliquer tous les événements et relations entre les personnages du précédent épisode. Pour des points supplémentaires, ne surtout pas hésiter à intégrer le plus grand nombre de personnages du premier film afin de combler le vide scénaristique et le manque de charisme des personnages. Essayez tout de même d’insérer un idiot dans la bande, il en faut toujours un.
Alors que Monstres & Cie apportait un vent de fraîcheur, un univers original et des personnages attachant, sa suite n’a pas su reprendre le flambeau, à mon grand désarroi. Un film plat, moraliste, du fan-service poussé à son paroxysme.
Heureusement, avec le pop-corn acheté par mon petit frère avant la séance, une figurine nous a été offerte. Elle me rappellera de ne jamais me bercer d’illusions.
Il est rare que je conseille de ne pas aller voir un film mais si vous avez appréciez Monstres et Cie, ne gâchez pas votre souvenirs et abstenez-vous de ressentir un sentiment plus fort que la peur, la déception.