Bon j'ai pas eu ma dose de troll depuis samedi, une éternité, j'étais cloué au lit depuis deux jours, faut que ça reparte.
Bien bien bien, un James Bond. Pas n'importe quoi. Signé Sam Mendes. Pas n'importe qui. Alors ça donne quoi ?
C'est peut-être bêtement chronologique, mais je vais surtout m'appuyer sur la première scène (très réussie d'ailleurs) pour avoir un avis global sur le film. Cela commence par une course-poursuite comme maintenant on en a tellement vu dans les James Bond, mais bien foutue, dans un bazar en Turquie si je ne me trompe pas, puis ça avance, et là... patatrac. Ce patatrac, ça été l'instant de joie du film, l'extase, le moment précis où j'ai cru que Mendes allait nous pondre un truc génial. Quoi de mieux que commencer par un James Bond, et, de manière très ironique, en cassant tout le mythe construit depuis tant de temps ? Je parle pas de la pseudo-mort hein, je parle de la manière. Mendes s'y prend à merveille pour rompre les codes et d'emblée nous foutre à la gueule une putain d'intro. Puis le générique, Adèle, plutôt pas mal, je reste finalement éveillé.
What else ? C'est déjà fini (ou presque). L'histoire vient. Et c'est du James Bond tout craché, et malheureusement pour moi là est le problème. Je comprendrai que Mendes s'est pas éloigné de la saga, surtout en voulant lui rendre hommage par les 50 ans, mais justement je m'étais dit que si on avait foutu un tel réal aux commandes de ça, c'était bien pour échapper au train-train habituel. Et même là je suis pas trop déçu. Que peut-on reprocher à un James Bond d'avoir une histoire comme celle-là ? Des James Bond Girl moches où chaque dialogue s'accompagne d'une douce ironie agaçante ? Qu'on retrouve la bonne vieille caisse des débuts ? Rien. Et je vais pas contester ça, je peux pas. J'ai vu un Bond, fallait s'attendre à du Bond, ok. Mais on peut tout de même comprendre mon désarroi. Voilà l'histoire est pas originale (oh oh oh, on s'énerve), mais je me tairai sur ce point, faut pas non plus révolutionner le genre, les puristes sont juste derrières, prêts à dire "Mendes a tué James Bond !" s'il avait tenté un tant soit peu quelque chose d'autre.
En sortant de la salle, je me suis assez facilement laisser prendre dans un schéma simple pour résumer le film : "Quand y a Bardem ça va, quand y a pas Bardem ça va pas". A posteriori c'est un peu réducteur. Mais pas tant que ça... Car oui, Bardem est exceptionnel. Le plan-séquence qui l'introduit est génial, et toutes ses apparitions sont pour le moins très réussies (son île fait rêver putain). Jouer le méchant excentrique, faut avoir les épaules pour le faire, et lui il s'y prend d'une manière époustouflante, enfin bon on découvre pas le talent de ce mec ici...
Pour le reste ? Il y a donc ces dialogues perpétuellement teintés d'ironie, il y a des scènes d'action énormes qui retombent tout d'un coup comme un soufflet, il y a quelques fulgurances trop peu présentes (monsieur Bardem en policier/M qui discute avec la gentille ministre, toute cette séquence est prenante), il y a aussi des petits moments formellement sympathiques comme à Shanghai, il y a un personnage pas du tout cliché comme Q, le boutonneux sans bouton, bref il y a un fourre-tout de bonnes et mauvaises choses, ces choses qui font du Bond et qui m'ont parfois soûlé.
Enfin tout le côté hommage n'est pas génial non plus, oui la caisse est belle, mais revenir à la maison d'enfance pour que Craig dise simplement "j'ai jamais aimé cette maison" et voir le garde chasse barbu, enfin l'entrée en hélicoptère de Bardem est mémorable pour le reste... J'en vois pas l'utilité, encore. On a l'impression que Mendes s'est obligé lui-même a foutre ça (car jusque-là Skyfall on en entend pas du tout parler hein, à part avec le psychologue). Cela fait donc 2 bases auxquelles a été soumis Mendes pour généraliser, et j'ai vraiment trouvé que ça l'a empêché de pouvoir s'exprimer, de se libérer.
J'aimerais voir un truc comme la première scène, annonciateur d'une rupture avec les fondements, pas trop loin non plus sinon les puristes vont râler, mais suffisamment pour sortir de cet espèce de trou où il a essayé de combiner le James Bond "traditionnel" et sa sauce.
Bref moyen (si vous avez aimé et que vous avez pas lu au-dessus contentez de vous de ça).