bonjour tout le monde,
Alors voici une critique acide d'un film et d'un réalisateur : Au delà
alors le film de Mr. Eastwood (heureusement qu'on nous dit que l'homme se nomme Clint Eastwood)
Déjà, il faut noter que nombre de réalisateurs qui souhaitent se rapprocher le plus possible de la réalité se prennent les pieds dans le tapis... pour venir s'exploser la gueule au sol (permettez-moi l'expression!),
A-t-on déjà vu film 'réaliste' où les protaganistes, entre une séquence un peu dramatique, se raconteraient une anecdote rigolote, un fait cocasse. La réponse est évidemment non, ou bien alors le phénomène serait marginal. Pourtant la réalité n'est pas avare de ces décalages, alors pourquoi?
Tout simplement car il existe un mot spécifiquement humain, la 'cohérence', plus particulièrement l''esprit' d'un film. En effet, il faut que le public suive un sillage bien spécifique, qu'il comprenne dans quel état d'esprit suivre le film. Autrement il ne comprend pas, il se perd dans ce(s) fils(s) conducteur(s) entamé(s) de façon récursive par des événements contingents dans un souci de réalisme sincère. La majorité n'y trouvera pas son compte, pour diverses raisons, la première étant l'accessibilité, puis vient ensuite la recherche de sensation particulière spécifique au film grand public, etc. Voilà pourquoi la plupart des films ne s'écartent pas des concepts du métier.
'Au delà' ne déroge pas à la règle. Et pourtant, si un film aurait dû avoir ce décalage, c'était bel est bien ce dernier.
Quoi qu'il en soit, notre ami Eastwood a décidé de nous faire croire à ce film, je dis 'faire croire', pour souligner le caractère impersonnel de celui-ci.
Le discours du film est explicite : l'au delà existe. Et à nous d'être inquiet ensuite. En effet, cette sentence associé à un homme comme Eastwood a de quoi effrayé même les plus téméraires d'entre nous, connaissant le sérieux de l'homme et son esprit sclérosé. Républicain nationaliste convaincu, Eastwood se filme pourtant en personnage tolérant malgré son esprit épais il le reconnait de façon plus ou moins involontaire dans gran torino. Pas étonnant qu'un personnage aussi contradictoire nous assène des films aussi peu pourvu de bon sens.
Pour tout dire, je sentais déjà le navet, mais un facteur qui ne dépend pas de ma volonté ma contraint à être spectateur de ce film en retard intellectuellement. Dans un divertissement, on prend le recul, on rigole. Mais devant un film qui se veut aussi sérieux, aussi rempli de patos et porteur d'un discours aussi idiot que 'Au delà', on ne peut qu'abdiquer, ou supporter le supplice infligé si on est de nature courageuse (ou masochiste).
Pourtant le début du film démarre fort, tourné de façon crédible et réaliste, on suit le quotidien d'un des protagonistes de l'histoire joué par Cécile De France, tout sourire. Pas de chance, un raz de marais s'invite à la fête, détruisant tout sur son passage, et emportant la jeune femme et divers habitants impuissants et contraints d'accepter cet état de fait. Tel un petit chien tenu en laisse, Cécile De France, apeuré, est obligé de suivre le désastre, au sens propre puisque le courant la contraint. Son parcours s'achève quand sa tête rencontre un tronc d'arbre débordant sur le parcours. Vu la violence du choc, il est étonnant de ne pas la voir défigurer par la suite. La dame inconsciente, perçoit alors ce qui s'apparenterait à l'au delà, des formes humaines vaguement perceptibles dans un espace immaculé de blanc (sic).
Le reste du film se contente d'une complaisance consommé d'une 'vie après la mort' à travers le quotidien de trois personnages (qui ne se croiseront qu'à la fin du film) et ayant comme seul lien, un rapport étroit avec la mort. Malheureusement le sujet n'avance pas, et on se rend compte que le but premier du réalisateur est de nous sensibiliser, de nous toucher, mais le film est insipide et vain. Il n'y' a aucun style, aucune chaleur. Et il est surtout d'un ennui mortel.
À éviter coute que coute.