Date de sortie : 19 février 1997
Durée : 1h44
Réalisateur : Chris Marker
Avec : Catherine Belkhodja &.
Genre : Documentaire
Nationalité : Française
Synopsis
Laura termine l'écriture d'un jeu vidéo consacré à la bataille d'Okinawa (ile du Japon où les civils à l'annonce de la défaite se sont jetés par milliers du haut des falaises). En rencontrant par l'intermédiaire d'un mystérieux réseau parallèle à Internet des informateurs et même des témoins de la bataille, dont Nagisa Oshima, Laura accumule les pièces de la tragédie, jusqu'au moment où elles commencent à interférer avec sa propre vie.
Avis
Marker joue sur plusieurs tableaux avec ce documentaire. Le prépondérant étant le travail sur la mémoire collectif et individuel qu'il amène via cette jeune femme, Laura. Passionné d'informatique comme l'est son mari, elle utilise internet, revête des masques, dialogues avec des inconnus.
Nous sommes en 1996, internet n'a rien de l'influence qu'il a actuellement sur notre vie mais pourtant, C.Marker y voit un extraordinaire objet.
En travaillant sur la mémoire des personnes qu'elle rencontre, Laura perd l'emprise qu'elle a sur sa vie. Elle se questionne, ce qui amène par voie de conséquence des scènes à fort message philosophique si tant est que l'on y accord de l'importance.
Concernant la mise en scène et la narration du récit, il jongle entre les confidences de Laura s'adressant au spectateur et images d'archive ou montages post'prod. A noter également la présence de la voix-off, le mari de Laura qui joue le rôle de narrateur et d'historien.
Certaines scènes en compagnie de Laura sont de pures moments de poésie. Une femme, un texte, de l'émotion vraie, de la beauté.
L'instant, le moment a son importance car nous sommes des être de passé, de souvenirs. Le film pose beaucoup de question.
Je ne sais plus quel réalisateur disait que pour faire un bon film, il fallait qu'il pose plus de questions qu'il ne donne de réponse. C'est le cas pour Level Five, un documentaire plein de poésie qui pousse à la réflexion.