Eh bien, dans le genre, c'est une relative bonne surprise. Mieux en fait que les deux précédents. Commençons par les éternels défauts de Bay : action illisible (et plus encore les combats entre humains qu'entre robots), à quelques exceptions près (plans larges et quelques ralentis cools); absence totale de notion d'espace et de temps (Bay doit haïr la géographie, c'est hallucinant comme il est impossible de se repérer dans l'espace dans ses films) ; "scénario" étiré au maximum et rapidement "expliqué" par des cours accélérés prodigués par Optimus Prime ; incohérences à foison (disparition/apparition de personnages, changements de lieux dans la même poursuite, ellipses portnawak, etc) ; un bon nombre de scènes trop longues et inutiles (dans le vaisseau alien en particulier), et plus largement longueur du film (2h45 ^^)...Mais, on arrive au bout du compte à trouver quelques qualités, qui font croire en l'humanité - voire en la presque maturité - de Bay (aidés aussi par "Pain and Gain") : un peu de noirceur (mort gore du pote marrant), moins de blagues et de plans beaufs et misogynes (ici la bimbo est la fille du héros, ceci expliquant cela), un Stanley Tucci excellent (et qui a les répliques les plus drôles du film), un Optimus Prime charismatique, un méchant de même (qui a curieusement la gueule de Woody Strode), quelques scènes et plans bien foutus,...Et puis, en creusant un peu, il y a un truc intéressant. La catastrophe qui s'abat sur la Terre vient de l'alliance entre trois camps : Lockdown (l'alien à tête de Strode), et surtout un ponte "black ops" de la CIA et un inventeur génial mais tout autant mégalo capitaliste (Stanley Tucci). Il est assez amusant d'entendre certaines répliques, notamment de l'agent CIA, sur le côté "tout est permis pour sauver le pays, même tuer des Américains", ou sur l'appât du gain sans limite du capitaliste. Bon, si l'agent est châtié (le seul humain tué par Optimus Prime), le capitaliste se rachète (si je puis dire) en découvrant son erreur (offrir la possibilité à Megatron, reréssuscité, de détruire la terre), et en étant drôle. Bay n'est pas encore Cameron.
