J'aime beaucoup ce que j'ai vu de Laika, ces gars sont un peu les sauveurs du stop-motion et peut-être les seuls à pouvoir proposer une alternative à Aardman pour le grand public, tout en navigant dans des sphères différentes, en piochant dans le fantastique, le cinéma de genre, le gothique. On est jamais très loin de Tim Burton et justement le début de ParaNorman m'a fait penser à celui de Frankenweenie avec cet hommage assumé au cinéma de genre, au bricolage.
ParaNorman ne m'intéressait pas plus que ça à sa sortie, j'avais l'impression que ce serait une simple parodie de film de zombies mais le film parvient à faire bien plus. Dès le début, l'ambiance a une certaine mélancolie, le personnage de Norman a quelque chose de très triste, typique du gars rejeté de tout le monde, victime des moqueries, et pour le coup on a vraiment de la peine pour lui, on veut qu'il s'en sorte. Je regrette que les autres personnages ne soient pas aussi réussis et soient un peu trop enfermés dans des archétypes : la brute, le meilleur pote gros, la soeur superficielle, le bodybuilder mou du crâne... Pour le coup j'aurais aimé quelque chose d'un peu plus riche, même si le focus reste sur Norman, c'est dommage que les seconds rôles soient si plats. Mais en fait, ce sont les "monstres" les personnages les plus intéressants du film et c'est là qu'est son tour de force : il fait plus que reprendre les codes du film de Zombie mais les détourne, pas (seulement) de manière parodique mais surtout pour livrer quelque chose, une vraie idée. Le message est un peu le même que celui de Boxtrolls, mais amené de manière bien plus fine. Du coup, le troisième acte est sincèrement surprenant et amène à une scène de résolution que je trouve tout bonnement magnifique, je m'attendais pas à ça en lançant le film.
Visuellement, c'est encore une fois très beau. L'animation reste épatante et d'une fluidité exemplaire et, en dehors de ça, il y a de vraies belles idées de mise en scène, des choix de cadrage intéressants, des séquences qui envoie le pâté, un éclairage coloré bien 80's lors des scènes nocturnes... Et un vrai hommage à tout un pan du cinéma de genre (que je connais assez peu), les références ne sont pas les mêmes que Burton pour le coup, on est dans quelque chose de plus récent, Carpenter n'est jamais loin avec la grosse musique au synthé.
Je pense que j'ai préféré Coraline pour son expérience fascinante et angoissante mais ce ParaNorman est d'un très bon niveau. C'est sans doute le film le plus intelligent et le plus touchant du studio jusqu'à présent, en tout cas je reste persuadé que ces gars ont du talent et je ne peux qu'attendre avec impatience leur prochain film.