Drive, vu hier soir en avant première.
Inutile de vous dire mon excitation face à ce film, avant de l'avoir vu. Nicolas Winding Refn est un cinéaste très prometteur, la trilogie PUSHER étant déjà très maîtrisée, Bronson, un film qui commençait déjà à prendre un autre tournant dans sa carrière. Ryan Gosling, que j'avais admiré dans HALF NELSON et BLUE VALENTINE entre autre, sans parler du reste du casting, lui aussi en or.
La première question que je me suis posée était de savoir si le prix de la mise en scène à Cannes était mérité.
Je redoutais que Refn, cinéaste danois, s'affranchisse de ses codes de mise en scène et nous ponde une oeuvre dont la culture américaine aurait reprit le dessus et nous abattre un shéma narratif basique, des scènes de poursuites rabâchées etc... Et bien ce que j'ai trouvé justement intéressant dans DRIVE c'est la manière d'alterner les codes du genre, s'amuser à surprendre le public en confrontant deux extrêmes. Le danois s'écarte du réalisme des PUSHER, des séquences oniriques surplombent DRIVE, le film se joue de l’invraisemblance et assume ce côté "fictif". Refn fait du cinéma avant tout et nous met en pleine face de beaux, très beaux moments de cinéma. Conjuguant une B.O tout droit sortie des 80's (ah cette introdution avec Kavinsky dont le casting apparaît en rose!!! ).
Il garde ses personnages de truands à la petite semaine, arbore des dialogues toujours aussi impeccables et le canevas reste toujours le même. Sauf que maintenant le petit Refn et bah il est à L.A et que ça va chier!!! Ses habitudes européennes toisent les moyens techniques des States, offrant de véritables hommages assumés. Ce type grouille d'idées à chaque plans.
Ryan Gosling est comme à son habitude impeccable. Silencieux et posé. Le mec, viril et malicieux par excellence. Ça sentait la mouille dans la salle... Ce mec est un gigolo dans l'art de conduire, il fixe ses conditions, s’exécute et repart sans broncher, sans même vous avoir connu... Sa liaison avec Carrey Mulligan peut paraître dénuée de tout érotisme et tension sexuelle, un flirt de collège mignon et nian-nian diront certain. Assumée, je dirai que celle-ci sert l'ambiance du film et vient contrecarrer tout linéarité dans le script.
J'ai essayé de troller pendant tout le film, en tentant d'y déceler certains défauts, en vain...
J'en attendais beaucoup, énormément de ce DRIVE. J'ai été rassasié! Un coup de coeur à tout les étages décidément, que je ne peux que conseiller à tout le monde. J'ai horreur de dire ce genre de chose mais DRIVE à tout pour devenir Culte: B.O d'enfer, un héros charismatique, un cinéaste européen qui fait sa route dans le cinéma de l'oncle Sam mais surtout des scènes d'anthologies et de pur cinéma, rien que ça.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas surtout.
Désolé si j'ai été maladroit dans mon avis.