Réalisé par Jerzy Skolimowski
Avec Vincent Gallo, Emmanuelle Seigner
Capturé par les forces américaines en Afghanistan, Mohammed est envoyé dans un centre de détention tenu secret.
Lors d’un transfert, il réchappe d’un accident et se retrouve en fuite dans une forêt inconnue.
Traqué sans relâche par une armée sans existence officielle, Mohammed fera tout pour assurer sa survie.
trailer : http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/essential-killing,186578
6 avril 2011 en France
Vincent Gallo
a obtenu la coupe Volpi à Venise pour ce rôle dans lequel il ne prononce aucun mot.
Surement un film bavard ![]()
J'ai hâte. ![]()
chef d'œuvre flemme d'argumenter ![]()
Vu aujourd'hui, aucun intérêt, flemme d'argumenter ![]()
Ca veut faire dans l'original, dans l'expérimental, ça veut jouer sur les sens, pourquoi pas, dans le même genre j'avais vraiment bien aimé Valhalla Rising l'année dernière. La grosse différence entre ce film et Valhalla Rising, c'est que dans VR, bien que l'aventure soit assez longue à avancer, avec beaucoup de plans fixes, j'avais un intérêt, je voulais suivre la quête de One-Eye, ça m'intriguait. Dans Essential Killing, dès le départ on a compris ce que ça va être, et c'est exactement ce qu'on pensait. De plus le scénario est mauvais, et certaines scènes font trop jouer la chance, ou alors les réactions de certains protagonistes le font pas. Si j'ai quand même apprécié un minimum ce film, c'est grâce à un jeu globalement bon de Vincent Gallo, et surtout de magnifiques paysages enneigés filmés d'une superbe façon. A part ça je m'y suis pas retrouvé niveau engagement émotionnel.
En fait il n'y avait pas que Detective Dee qui valait le déplacement avant Cannes, il y avait aussi cet Essential Killing. De Jerzy Skolimowski je n'ai vu que Travail au noir qui m'avait que moyennement plu et surtout Deep End que j'avais beaucoup aimé. Tout le tintouin de la presse autour de ce film lors des habituels tops de fin d'année m'a motivé pour le voir alors qu'au départ malgré le réalisateur et Gallo que j'aime beaucoup, je n'avais pas forcément super envie de le voir, il faut dire que les chasses à l'homme c'est pas spécialement mon truc.
Enfin bon toujours est-il qu'intrigué je fus. Et que je l'ai vu. Alors honnêtement je ne savais pas à quoi m'attendre, et tant mieux à la rigueur, parce que le film est surprenant sur plusieurs points, déjà sur le personnage de Gallo, complètement mutique. Sur l'absence quasi totale de dialogues, sur la brutalité du film, son austérité, sa beauté pure et brute. C'est un film qui marque, qui travail. Il part d'un principe très simple, un mec se fait arrêter dans un pays qui n'est pas précisé, il tente de s'échapper, on suit sa fuite. On voit non seulement les crimes dont est coupable le personnage de Gallo, mais on voit également, ce que fait l'armée américaine à ses détenus, c'est très ambigüe, on n'est pas dans le manichéisme, j'ai l'impression qu'il n'y a ni bien ni mal, juste un mec perdu dans la neige. Et ce qui est passionnant dans le film c'est la notion de point de vue, on est avec le perso de Gallo mais absolument tout le temps, on a même droit à la caméra subjective, à ses souvenirs, ses visions, sa panique. Et grâce à ce procédé le "terroriste" (j'ose même pas employé ce terme, ça me fait mal, tant je me suis pris de pitié pour le personnage) devient un être humain comme les autres, avec ses faiblesses, avec un visage, des besoins, des raisons qui ont influencé ses actes, c'est un travail admirable pour arrive à un film d'une telle simplicité, un film totalement épuré qui sans dialogue arrive à instaurer une identité à son personnage, sans même que l'on connaisse son nom. Au fur et à mesure que le film progresse, on sent une empathie phénoménale monter envers le personnage, qui souffre, qui gèle, qui saigne, qui mange des trucs bizarre, tout en se rappelant sa vie perdue, il y a une scène magnifique où ses souvenirs rattrapent sa réalité, c'est subtile, bien fait. Pas besoin d'en faire plus.
La bande son est très bonne, et participe totalement à l'expérience qu'est ce film. Vraiment j'ai été sous le charme à fur et à mesure que le film avançait.
Et la fin, j'étais complètement bouleversé. C'est une histoire très simple, mais très belle, très travaillée, et pourtant si brute, c'est un film qui laisse des marques contradictoires, mais c'est un très bon film.
Bon, ça donne envie de le voir ![]()
ça déchire vraiment et je pense que tu peux apprécier (peut-être pas adorer, mais apprécier et sans le générique le film dure 1h16, franchement)
Réso tu m'a donné envie coquin.
Je l'ai vu y a un mois, c'est un bon film, où s'identifie facilement au personnage. La bande son est excellente.
Si on kiffe les chasses à l'homme, ça peut vous intéresser, ça m'a rappelé Rambo 1 (eh ouais) par la situation. Mais on verra pas Stallone avec une mitraillette et le méchant shérif.
J'ai aimé la longue séquence de l'hélicoptère sur l'immensité que le fugitif a face à lui.
Par contre, j'ai situé ça dans une région perdue en Russie, pas super important, mais je me pose la question si c'est indiqué dans le film... ![]()
C'est pas indiqué. Sur allociné ils disent que c'est en Afghanistan, ce qui semble plausible.
Allez je me procure le BR ![]()
J'espère que tu vas aimer, il le mérite.
Je vais ptet bien le mater juste après là.
S'il ne fallait retenir qu'une image d'Essential Killing, laquelle serait-ce? Voilà une pratique à laquelle je me prête couramment après avoir vu un film.
Dans le cas du film de Skolimowski, la première à surgir du flot de représentations mentales virevoltant dans mon esprit bouleversé, fut un magnifique plan large sur une silhouette perdue dans l'immensité d'un paysage enneigé, dont les forme se dessine devant un ciel orangé par le crépuscule. Un tableau bucolique admirable, mais pas vraiment représentatif de la nature du métrage.
Car Essential Killing n'a rien de poétique, ne se nourrit pas d'idylle picturale. Au contraire, la brutalité des images, la véhémence froide des paysages caractérisent cette chasse-à-l'homme sans concession. Pas de mise en situation, un personnage que l'on découvre en fuite dans l'immédiat face à une horde de marines en pleine Asie Centrale, pas de partis-pris moralisateurs ni message politique. Il s'agît de mettre en scène l'homme dans toute sa bestialité, de lâcher un être au sein d'une nature hostile et le confronter à ses prédateurs.
Ainsi, le protagoniste magnifiquement interprété par un Vincent Gallo étonnant d'authenticité incarnatrice, fait face à des situations éprouvantes et par un principe d'empathie nécessaire au genre du Survival, le spectateur se retrouve projeté dans cette course effrénée et ressent chaque souffrance endurée par le personnage de Gallo.
Il n'y a pas à théoriser sur un film du genre, il n'y a qu'à se contenter de le ressentir, puisque Essential Killing se concentre sur la métaphysique de l'organique, déjoue toutes les attentes du spectateur pour le désorienter, à l'instar de son héros totalement perdu.
Le dernier film de Skolimowski ne ressemble donc à rien de ce que vous avez pu voir jusqu'à présent et ne brille que par la puissance de son Cinéma.
9/10
J'avais pas mal d'appréhension avant de mettre le bouton "play"... Peur de l'ennuie, d'un scénario vide... Mais toutes ces peurs se sont envolées d'elles-même lorsque le film commença.
On se retrouve prisonnier d'un personnage interpreté magnifiquement par Gallo qui cherche à s'évader de son enfer.
Le scénario est simpliste: 3 meurtres, une capture, une évasion, une survie.
Dis comme cela, ça ne casse pas 3 pattes à un canard mais la force de la réalisation nous fait complément oublier cela et nous plonge véritablement dans une sorte de course à la vie.
Aucun parti pris, aucuns préjugés, aucune condamnation d'une religion ou d'une politique... On assiste simplement à l'homme dans toute sa bestialité, ce qu'il fait de mieux depuis la nuit des temps: sa survie.
Corrélé à une photo magnifique dans la neige infiniment froide et un bande son simpliste mais totalement maîtrisé, Skolimowski nous sort un film profondément humain et très attachant.
Bravo!
8.5/10
Ben voilà ![]()
Plaît-il? ![]()
Ce film est excellent. On m'avait vendu une oeuvre lente et contemplative (why not) mais finalement Skolimowski revient avec un film dynamique, sans temps mort qui a l'intelligence de ne pas porter de jugement ce qu'il filme. Le cinéaste évite en effet les principaux écueils du sujet : montrer la chasse à l'homme pour le plaisir du survival, ou tomber dans l'essai politisé lourdingue. Non, Skolimowski préfère ne pas porter de jugement sur son personnage campé par un (mé)Gallo bluffant. Pendant tout le film, on le voit en effet lutter pour sa survie, ses actions sont amorales, et non pas immorales. S'il tue, c'est uniquement par nécessité. Les rares flashback sur le passé de Mohammed se justifient par la volonté inverse de préserver au personnage une certaine humanité, et non pas de le considérer comme un simple loup pour l'homme. Le dernier plan est magnifique.
Du grand cinéma.