Le 27 mars 2016 à 21:35:52 _leRanger_ a écrit :
Ok pas possible de ne pas se laisser convaincre quand on vous lit
Alors fonce !
Surtout que c'est un film que je pourrais conseiller à n'importe qui, même quelqu'un de pas particulièrement cinéphile peut l'adorer je pense.
balai
Bel avis sinon !
Oula oui, j'ai écrit "balai" plusieurs fois en plus il me.semble. ![]()
Très prenant. Mais malheureusement un je ne sais quoi a fait que j'étais trop en distance avec les personnages (et ça s'est renforcé avec ce fameux rythme du film).
Par exemple, j'ai pas été aussi passionné par le "méchant" autant que je l'aurais voulu, même s'il en jette. Et j'ai pas tant senti l'ampleur du conte, enfin plutôt "pas assez".
Faudrait que je le renvoie, ça fait longtemps que j'attendais de le voir.
Mais ça envoie du lourd, c'est indéniable.
Même si très franchement, je préfère Le narcisse noir et même Une question de vie et de mort.
Il est en rediffusion sur Arte depuis quelques jours. ![]()
Je l'ai découvert à cette occasion et je dois dire que j'ai vraiment été séduit. C'est d'une élégance folle, l'esthétique est incroyable et la scène du ballet qui dure 15 minutes est exceptionnelle. On en redemanderait encore pleins de ces scènes de danse.
Foncez vite pour ceux qui voudraient le découvrir, tant qu'il est encore disponible.
Ouah ça fait bizarre de revoir mon avis alors que j ai largement revu le film à la hausse depuis.
Le 22 décembre 2019 à 20:16:56 AllSunny a écrit :
Ouah ça fait bizarre de revoir mon avis alors que j ai largement revu le film à la hausse depuis.
Ah, bien. parce que j'ai eu le même ressenti en le voyant y a pas longtemps. Frustrant, c'est tellement beau et simple — et léger, pour une tragédie musicale... Mais le film m'était distant, humainement.
J'ai l'impression d'être passé à côté de ce film (quand je vois les éloges)...
Toute l'essence du scénario et de sa conclusion sont censés tourner autour de l'histoire d'amour entre Julian et Victoria, et j'ai l'impression que cette histoire d'amour arrive de nulle part au bout de genre 1h40 de film, sans le moindre build up, sans la moindre alchimie entre les personnages, on t'annonce qu'ils s'aiment... Ok?
J'ai que très moyennement accroché du coup, malgré quelques fulgurances au niveau de la réalisation, je ne peux pas dire que j'ai trouvé ça prenant en terme de narration, ou même au niveau de la musique, le jeu d'acteur est d'ailleurs pas toujours à mon goût (sauf pour Anton Walbrook).
Oui c'est pas fifou.
J'ai vu le film hier soir, ça m'a fait comme ce que je décrivais sur le topic du Narcisse Noir, à savoir qu'en revenant sur des passages clés du film j'ai commencé à le lire totalement autrement et voir tous les messages qu'il nous envoie en permanence. C'est vraiment jouissif. ![]()
Je passe sur l'esthétique de ces deux films abusément belle, ça choque encore plus de pouvoir être autant impressionné par un film de 1948. (quelques clichés en très mauvaise qualité et qu'il vaut mieux découvrir sur l'instant:
), car au delà de ça le film est vraiment impressionnant sur sa richesse globale
Le 15 juillet 2022 à 23:25:38 :
J'ai l'impression d'être passé à côté de ce film (quand je vois les éloges)...Toute l'essence du scénario et de sa conclusion sont censés tourner autour de l'histoire d'amour entre Julian et Victoria, et j'ai l'impression que cette histoire d'amour arrive de nulle part au bout de genre 1h40 de film, sans le moindre build up, sans la moindre alchimie entre les personnages, on t'annonce qu'ils s'aiment... Ok?
J'ai que très moyennement accroché du coup, malgré quelques fulgurances au niveau de la réalisation, je ne peux pas dire que j'ai trouvé ça prenant en terme de narration, ou même au niveau de la musique [..]
Parce que justement l'essence du scénario c'est pas ça du tout. ![]()
En fait tout l'enjeu du film tourne autour de l'héroïne du dilemme dans lequel elle est enfermée au fond d'elle-même l'amour ou la danse/l'art ? Julian ou Lermontov ?! . La première partie du film va juste pointer les zones de vulnérabilité du personnage, ses souhaits profonds on va parfaitement sentir qu'elle est séduite progressivement par Julian, mais aussi à quel point elle semble très réceptive à tout ce qui semble lui permettre d'atteindre le graal absolue dans l'art de la Danse. , puis arrive vite la séquence incroyable du film qui ne se contente pas d'en foutre plein les yeux comme j'ai pu le lire mais qui à l'inverse est chargée narrativement en utilisant justement tout ce que le cinéma peut apporter
:
Quelques exemples:
Le balais se termine sur ces images
mais si on remet en perspective le plan concrètement on retrouve ici les 3 personnages clés du film par l'intermédiaire des danseurs: Julian, la meuf, Lermontov. Pendant l'exceptionnelle séquence du balais tout ne sera que metaphore. L'équivalent de Julian ne cherchera qu'à courir après la femme, pendant que le vendeur de chaussure ne cherchera qu'à tirer dans l'extrême opposé. C'est 15 minutes de pur bonheur et d'interprétations liées directement au scénario qui s'offrent à nous où toutes les couleurs, les ralentis, les effets de surinterprétations, les décors ont un sens fort et assez explicite. J'ai du mal à saisir le moment en screen mais ce qu'est marrant c'est que la seule main qu'elle ne lâche pas est celle du vendeur de chaussures, là où l'homologue à Julian elle lui propose d'abord une main tendue mais qu'il semble d'abord rejeter un peu car au fond il sait
La séquence qui suit juste après est d'ailleurs marrante, je l'avais pas captée la première fois car j'avais pas compris la logique du balais à savoir que chacun des danseurs incarnait Julian/Lermontov :

Y'a un truc trop bizarre c'est qu'ils sont à 2 doigts de s'embrasser, et l'autre les sépare de sa canne, comme le fait/fera Lermontov entre elle et Julian justement dont leur amour va se révéler juste après l'apothéose et symbiose du balais. Et on voit que celui en arrière plan ne quitte pas de yeux l'héroïne, c'est son obsession. Ils assument le parallèle jusque dans les dialogues où le mec vient lui faire des compliments mais sans arriver à être très mélioratif, il peut pas s'empêcher de dire "c'était pas trop mal" en gros
Les séquences suivantes ne s'arrête jamais non plus de porter des messages en continue, exemples encore:
La séquence s'apparente comme à une banale 'mise en scène brève de l'ascension des héros' à la façon d'un Scarface. Sauf que ce qui semble être superflu ne l'est pas, par exemple ils montrent qu'ils jouent pleins de pièces et que ça s'enchaîne, mais si on s'arrête sur les pièces en question:
Quand j'ai tapé "Coppelia" sur google j'ai rigolé:
l'histoire d'un mec qui tombe amoureux d'une meuf contrôlée par un vieux savant qui a su insuffler la vie en elle. ![]()

Et on rappelle que l'héroine est aussi soutenue par sa tante comme Cendrillon "afin de pouvoir assister au bal organisé par le Prince" et que plusieurs fois dans le film elle regarde l'horloge peut avant qu'il ne soit minuit.
Ce plan est juste sidérant tant il incarne tout le film, je pense que c'est mon utilisation de surimpression préférée avec le film L'Aurore:

Y'a tout dedans:
-le parallèle fait grâce à la vitrine qui fonctionne comme un faux reflet, comme un miroir entre ces deux couples dansant. L'un ayant l'héroine + Julian-like. L'autre ayant l'héroine dans ses chaussons rouges + Lermontov-like.
-l'héroine à l'extérieur de la vitrine désireuse à n'en plus finir d'être à la place de son fantasme derrière la vitrine/miroir ; et aussi qui tente vainement de danser aussi bien que son reflet.
-le Julian-like qui la retient avec peine pendant que son reflet lui tend les bras et semble libre de toute retenue
-le vendeur on le voit pas mais je crois qu'il danse avec un couteau en mains, qu'il donnera d'ailleurs à l'héroine pour se défaire des chaussures dans le balais. Seul moyen de rompre le maléfice j'imagine.
Bref, grand film malgré moi (car j'étais pas très réceptif mais j'suis forcé d'admettre que c'est incroyable
)
C'est sympa de voir ton enthousiasme sur les deux films.
D'ailleurs, pour les parisiens, rétrospective Michael Powell à la Cinémathèque à partir de mercredi prochain pour un mois
Et concernant Les Chaussons rouges, je l'ai découvert au cinéma plein air La Villette. Magnifique film, les séquences de danse sont remaquables et les couleurs, somptueuses ![]()
Franchement cette cinémathèque pour ceux qui habitent là bas c'est le pied !
Le 20 octobre 2024 à 11:41:51 :
C'est sympa de voir ton enthousiasme sur les deux films.
Faut remercier la qualité de ces films qui savent travailler nos sens et nos émotions.
On a vraiment de la chance de pouvoir découvrir tout ça, aussi facilement, dans une qualité aussi belle, avec des sous-titres... Autant on naît 30 ans trop tôt on passe à côté, et peut-être que dans 30 ans ce serait pas bien mieux (genre de film serait perdus dans les limbes ou internet serait cloisonné ou... pleins de choses.
)