Bon déjà à la base je ne suis pas un grand fan de l'animation à gros budget, en tout cas avec les standards actuels, ça doit faire environ 5 ans que je boude les derniers nés de Pixar et de Dreamworks. Mais bon, la série dragon jouissait d'une réputation tellement incroyable que je me suis dit que ça serait peut-être elle qui me réconcilierait avec le genre. Hé bien franchement oui, j'ai regardé le premier dragon et j'ai adoré. Sans être révolutionnaire, c'était joyeux, épique, intelligent, franchement beau, sans jamais tomber dans le niais. C'est donc avec beaucoup d'entrain que je me suis lancé sur cette suite, toute autant plébiscitée que son ainée.
Mon dieu que je suis tombé de haut.
Cette suite tombe dans à peu près tous les travers dans lesquels une suite peut tomber. Ces personnages auxquels je m'étais tant attaché lors du premier films sont devenus des coquilles vides assez méprisables qui baignent dans les bons sentiments, le jeune héros en tête, devenu unidirectionnel au possible. La raison à tout ça est sans doute simple : puisqu'on a un méchant maintenant, plus besoin de donner plusieurs facettes à nos personnages, cet abruti plein de cicatrices qui hurle comme un débile s'occupera d'apporter de la nuance, mais non ça marche pas comme ça, spécialement parce que le méchant est l'un des personnages les plus ratés. Même si la palme de la déception va sans doute à Toothless, l'attachant dragon noir, à la fois bestial, joueur, curieux et attachant dans le premier film, qui vient ici rejoindre la panoplies de personnages déshumanisés.
Au niveau des enjeux, c'est aussi infecte, tant les motivations des personnages sont devenues manichéennes au possible. Si dans le premier on pouvait mettre face à face obscurantisme et savoir, ici, c'est juste du bête "cruauté gratuite contre compassion". Et je ne parlerais pas de la morale plus que douteuse du film, pour ne pas spoiler, mais je dirais juste qu'elle est à la limite du malsain. Le rythme est également loupé, puisqu'au beau milieu du film on doit se taper une avalanche de bons sentiments insupportables qui feraient presque passer le moment tire-larme pour une libération.
Après rendons à César ce qui est à César, les images de synthèses sont quand même assez impressionnantes, et l'action, bien que pas aussi graphiques et enivrante que dans le premier, reste quand même assez grandiose. La direction artistique, qui n'invente pas grand chose (et tombe même parfois dans le plagiat grossier), parvient quelques fois à offrir de jolis visuels.
Bref, de mon point de vue, un ratage total, le premier se suffisait à lui même.