Et moi qui m'attendais à voir un topic sur ce film avec 20 pages...
Bon ce deuxième Bergman m'a réellement fasciné, je dirais même un peu plus que le premier (le Septième Sceau en l'occurrence).
C'est drôle car moi, qui d'habitude aime les scénarios complexes et tout je n'ai pas vraiment été servi, car il faut le dire l'histoire est basique. Mais je me rends compte d'une chose : ce film est un classique, point. Scénario certes classique mais Bergman parvient à le sublimer grâce à des réflexions habiles, une mise en scène toujours aussi poignante, et une symbolique on ne peut plus présente.
La recherche de la complexité n'est vraiment pas nécessaire, ce film en est une leçon flagrante.
Pour la deuxième fois que je vois Max von Sydow encore une fois il parvient nettement à tirer son épingle du jeu, et dans les deux il était confronté à un rôle vraiment compliqué et pourtant s'en sort admirablement bien. Les autres personnages aussi d'ailleurs, Karin qui représente bien la jeunesse et son insousiance - je dirais même la bêtise même, le personnage de Märeta est fascinant, et finalement plus globalement tous les personnages de Bergman sont fascinants. Parmi les 3 tueurs (en fait 2) le vrai barbare, muet, qui s'exprime comme une bête, incarnation même du monstre... Monstre qui se retrouvera en la personne de Töre, le chef du village, qui laissera sa rage s'exprimer, sans pouvoir la contrôler.
Toujours cette volonté de Bergman de montrer une violence cachée, à l'insu des autres, honte de notre société... Et encore une fois poser le cadre au XIVème siècle, en plein Moyen-Age, est doublement payant : la place de Dieu excessive (la fin en ce sens est assez significative), et donc cette barbarie encore mieux retranscrite, barbarie présente partout.
L'enjeu est donc simple, c'est vrai, mais voilà comme je l'ai dit ce film est tout simplement un classique. Ceux qui recherchent une certaine extravagance allez plus loin (d'ailleurs ce film me fait penser pas mal à I Saw The Devil, je me demande si Kim Jee-Woon n'a pas réalisé ce film en pensant à la Source, car dans le fond c'est identique finalement), ce film, qui a pourtant un sujet extrêmement dur, se regarde avec une facilité assez troublante, et surtout, comme a su si bien le faire Bergman, nous faire réfléchir dans ce qui est le plus dur dans l'être humain. Et le faire avec une telle efficacité et une telle maîtrise en 1960, ba qu'est-ce que vous voulez que je vous dise...
Chapeau Monsieur Bergman.