Lost Persons Area
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=145915.html
http://www.imdb.fr/title/tt1405808/
Réalisé par Caroline Strubbe.
Avec Lisbeth Gruwez, Sam Louwyck, Kimke Desart.
Long-métrage belge.
(je vous conseille vivement de ne pas lire le synopsis)
Mon avis :
"Comment diable est ce que je filme mon sujet ?"
Il me semble qu'il s'agit là d'une des questions principales que se pose tout réalisateur lors du processus de création de son film, et tout particulièrement durant la période de tournage. Lost Persons Area met en situation quatre personnes principaux : Bettina et Marcus, un couple éperdument amoureux vivant dans une baraque de chantier au milieu d'une plaine, Tess, leur petite fille de 9 ans, et Szabolcs, un ingénieur hongrois que Marcus engage un jour pour compléter son équipe technique. Caroline Strubbe, cinéaste belge inconnue au bataillon, réalise ici son premier film. Comme tout les metteurs en scène depuis l'invention du cinéma (Louis et Auguste, paix à vos âmes), Caroline Strubbe s'est posée la question du regard à apporter à cette histoire, de la façon dont elle allait faire pour lui donner vie et pour lui apporter un intérêt qu'il soit visuel ou dramatique. Ici, sa caméra est proche des personnages, et filme les espaces et les corps de façon à créer de l'invisible au côté du perceptible, un peu à la manière d'un Depleschin sans son extravagance. On serait plus du côté de Claire Denis avec un cinéma attentif aux petites choses de la vie, aux moments à priori futile de l'existence que la mise en scène s'évertue de mystifier. Du cinéma attentif donc, à l'écoute de ses personnages, permettant au spectateur le temps de les concevoir, de les inventer, laissant libre cours à son imagination. Lost Persons Area est un film tout le temps juste, qui provoque parfois et qui bouleverse toujours. L'on n'oubliera sans doute jamais Tess, la petite fille, un véritable personnage de cinéma, sur le cinéma presque, et sa capacité d'évasion. Caroline Strube nous fait littéralement tomber amoureux, et on sort de la salle sonné, avec l'impression de s'être pris une véritable leçon de vie.
Et j'aimerai finir par cette phrase qui m'a échappé et que j'ai dite à haute voix en sortant de la salle "Putain, c'est exactement pour ce genre de film que j'aime le Cinéma"