Conspiration et aliénation ?
Et non, Zeitgeist n’est pas un film teuton traitant de courants philosophiques (néo-) nazis, ni une étude sociologique sur la vie des ouvriers bavarois avant la chute du mur de Berlin. S’agirait-t-il d’un enième document conspirationniste ?
La trilogie Zeitgeist a été réalisée par le réalisateur américain Peter Joseph ; les 3 films sont sortis uniquement sur le web entre 2007 et 2011. Peter Joseph n’a pas voulu signer ses films avec son patronyme pour protéger sa famille en conséquence des nombreuses menaces qu’il a reçues après avoir mis en ligne son film sur la toile.
Cela n’est pas anodin: les films sont gratuits, libres de droits. Preuve d’une volonté d’étendre le domaine de l’open source vers des produits audiovisuels récents.
D’un autre côté, il y a peu de chance pour que vous le voyiez à la télévision, même pas à 3h du matin sur une chaîne ouverte et tolérante comme Arte, pourtant friande d’émissions-chocs et de sensations fortes.
Une petite présentation s’impose :
Zeitgeist
Le premier volet du film traite des religions. Les traits communs entre christianismes et d’autres religions en particulier égyptiennes seront abordés. En filigrane, on peut aussi y lire une critique des églises évangéliques aux Etats-Unis et au marché qu’est devenu la religion dans ce pays, de façon ostentatoire. Les interprétations de la bible sont nombreuses, ce qui a poussé les croyants à se diviser et non à se rassembler au-delà de leurs divergences. Des interprétations astrologiques des écritures y sont également passées au crible.
Le deuxième volet traite du 11 septembre, de toutes les étranges coïncidences qui s’éloignent de la version officielle des faits. De nombreux intervenants, pompiers, entrepreneurs, experts en incendies et démolition des bâtiments, orateur au Commonwealth viennent apporter des témoignages.
Le Monde est représenté d’emblée comme étant mis en scène. Un prétexte nécessaire pour envoyer des troupes américaines au Moyen-Orient et chasser un ennemi introuvable : le terrorisme.
Par la suite, cette version aura été appuyée par Mathieu Kassovitz lors d’une émission télévisée et un certain président iranien à l’ONU.
Le troisième volet fait des rapports entre les guerres et l’économie mondiale.
Il explique que les guerres rapportent de l’argent à certaines élites. Et que les causes qui les ont déclenchées sont fallacieuses.
Zeitgeist Addendum
« Les institutions qui nous dirigent ont été construites sur les vices des hommes : jalousies, avarice, cupidité, désir… Il n’est donc pas signe de bonne santé d’être bien intégré dans une société profondément malade ». C’est par cette citation de Krishnamurti que commence le film. La citation en sera le fil conducteur.
Tout le système d’émission de l’argent est passé en revue, de sa fondation au début du 19e siècle jusqu’aux conséquences plus récentes. Ce système équivaut à une dette, pour chaque euro coulé dans le métal. Et cette dette profite à une élite restreinte. De nombreuses citations parcourent le film, entre autres de Woodrow Wilson qui critique ce système et l’avait même interdit durant sa présidence. Le film confirme que le monde n’est pas dirigé en cachette par des groupuscules. Le système économique est visible et compréhensible pour un curieux en quête de savoir.
Ce métrage est aussi l’occasion de présenter Jacques Fresco, fondateur du projet Vénus. Le projet est volontaire d’un renouveau économique, non pas basé sur la notion de rareté, mais sur celle de ressources. Ici, c’est le fond du projet qui est présenté, un programme pour surveiller les ressources dans chaque partie du globe.
On y explique une autre raison majeure de la présence américaine en Afghanistan, et ce n’est pas le pétrole, ni la condition de vie des femmes et des enfants !
Zeitgeist Moving Forward
Le film présente plusieurs interviews de scientifiques, des chercheurs et professeurs d’université. La première partie explique le phénomène de la génétique appliqué aux comportements criminels. Ce sont les expériences de l’enfance qui réveillent ou endorment certains gènes, elles ne sont donc pas innées. Et pourtant, le gouvernement américain penche pour cette vision au travers de sa politique carcérale, dont les arguments sont réfutés dans le film.
Les illustrations représentées confèrent au film un look futuriste très science-fiction. Mais Jacques Fresco se défie de cette approche, le but est de nous prouver que la création de ce genre de fermes, de villes est possible avec la technologie dont nous disposons aujourd’hui.