Je reposte ce que j'ai mis sur les forums des Cahiers du Foot:
"Y en a qu'ont vu le Polanski? J'en ressort sans être chamboulé mais sans le sentiment d'avoir perdu mon temps non plus.
On m'avait présenté ça comme le film d'une déchéance politique faisant écho aux récents déboires de Tony Blair, rapport à la guerre en Irak. En fait il s'agit d'un thriller géopolitique efficace et bien filmé, qui fait énormément penser aux Trois Jours du Condor. Avec effectivement une dimension humaine plus poussée, une sorte d'intrusion de l'autre côté du miroir de la politique.
Le scénario est très bien huilé, peut-être un peu trop d'ailleurs, les retournements de situations manquent de surprise, y compris le gros coup de théâtre de la fin. J'en dis pas plus pour ne pas gâcher la découverte, on se laisse quand même facilement emporter.
Polanski utilise au mieux des décors magnifiques, les mets au service d'une ambiance assez particulière, assez malsaine et pessimiste en fait, mais sans trop en faire, à tel point que certaines scènes a priori alambiquées passent très bien (la course-poursuite, par exemple). Ce qui ne veut pas dire qu'il ne s'autorise pas un peu de virtuosité "gratuite", comme le premier plan avec le bateau et le dernier plan avec les pages qui s'envolent, ou la scène du papier (il faut voir pour comprendre).
Au niveau des acteurs Ewan McGregor est au top dans son personnage de ghost writer (tellement ghost qu'on ne connaît pas son nom!) un peu paumé qui doit se débrouiller au milieu d'une situation qui le dépasse.
Belle surprise pour Pierce Brosnan, que je n'avais pas vu depuis ses James Bond.
De même, belle surprise pour les rôles féminins, Olivia Williams que je voyais pour la première fois, et Kim Cattral assez loin de son rôle de pimbêche nymphomane de Sex and the City (car oui, j'ai vu ce film, comme quoi tout arrive).
Le principal reproche est que c'est un peu lent et assez froid (bien que très engagé) finalement, on peut avoir du mal à s'investir dans le film. Mais ça reste intéressant, et de très bonne facture."
Si je devais noter, 8/10, des films de cette facture on en voit pas souvent.