Date de sortie cinéma : 20 janvier 2010
Chaud comment ce film passe inaperçu
Réalisé par Frederic Mermoud
Avec Gilbert Melki, Emmanuelle Devos, Nina Meurisse, plus
Interdit aux moins de 12 ans
Long-métrage français, suisse. Genre : Policier, Thriller
Durée : 1h33 min Année de production : 2008
Distributeur : Pyramide Distribution
Synopsis : Dès leur premier regard échangé dans un cybercafé, Vincent et Rebecca se sont aimés. Ils sont jeunes, à peine 18 ans, et regardent la vie avec insouciance.
Voici ma critique, si ça peut vous aider :
Qu'on soit clair : les cardiaques ne rencontreront aucun problème majeur durant la projection de "Complices". En effet, le principal défaut de ce thriller à la française (comme on en voit trop peu) réside dans son absence totale de surprise. La faute à une narration peu audacieuse (flashback attitude) qui, en plus de ne laisser aucune place à l'imaginaire, dévoile les moments clés et les enjeux de l'intrigue. Pour les rebondissements, on repassera. Mais en dépit de ce flagrant manque d'ingéniosité scénaristique, "Complices" s'avère être un film plutôt honnête, là ou le style "policier" n'est qu'un pretexte à une histoire d'amour poignante entre deux ados à la dérive. Ici, les deux enquêteurs ne sont que deux faire-valoir qu'on tentera de rendre intéréssant. C'est pas mal joué, cependant deux unijambistes mexicains auraient fait l'affaire.
Filmé sans chichi, on est directement plongé dans un monde démaquillé auquel on peut croire si Transformers ne nous a pas bouleversé. L'actrice principale peut étonner de par son physique disgracieux, qu'on a pas l'habitude de voir sur grand écran. Elle est grosse, mal foutue, mais tellement émouvante qu'on a envie de la prendre dans nos bras. On assiste donc aux émois d'un jeune couple pas comme les autres. L'amour en entrée, la perversion en plat principal et l'horreur en dessert, avec supplément chantilly. En dépit du caractère convenu de ce long-mètrage, il ne vaut mieux pas s'attendre à une happy-end rose bonbon.
La Fin, justement, parlons-en : Arrivé au quart du film, on a droit à une scène improbable, vraiment mal placée et surtout en parfaite incohérence avec ce que l'on a vu jusqu'ici : Le flic, brillament interprété par un Gilbert Melki sobre et efficace, fume une cigarette et contemple le soleil couchant. Déjà, on sait que c'est le moment de la remise en question, là ou le protagoniste va nous réveler un truc de fou, ou mieux : faire un bilan sur sa vie d'inspecteur torturé. Sa collègue débarque et, posant la main sur son épaule, lui demande si quelque chose ne va pas. Gilbert tire sur sa cigarette et fait part de sa plus grande blessure. Bouche bée, la collègue ne trouvera rien de mieux à dire que "Hé ben, on en apprend tous les jours avec toi." On sera d'accord avec elle, surtout qu'à priori on s'en fout royalement. Mais en prenant du recul sur cette scène déstabilisante, on se dit qu'elle va bien servir à quelques chose, et ça nous énerve. Surtout qu'il ne s'agit là que d'une manière un peu enfantine de faire passer des informations pour donner de la consistance à ses personnages. Raté.
Un film inégal, porté par un réalisme intriguant et une bande-son bien dosée, mais descendu par des maladresses scénaristiques qui contribuent à décrédibiliser le long-métrage d'une manière générale, sans pour autant en altérer la portée dramatique. On pourrait presque considéré l'essai comme transformé. Presque.
- scénario : 2/5
- interpretation : 4/5
- émotion : 3/5
- Mise en scène : 2,5/5
TOTAL : 11,5/20