L'amérique, l'amérique, je la veux et je l'aurai ![]()
J'ai beaucoup aimé. Annie Hall m'a semblé dans la même lignée que Manhattan et Crimes & Délits (j'ai quand même plus accroché à ces deux là). J'adore la vision du monde de Woody Allen, et la façon dont il nous l'a fait partager. C'est peut être un des films les mieux dialogué que j'ai vu - des merveilles de situations, de répliques, de jeux d'acteurs etc.
4/5
Content pour toi.
Après la déception Manhattan, seul grand film d'Allen que je n'ai pas adoré, j'ai maté Annie Hall, nouveau grand film d'Allen que j'ai adoré. Et le mot est faible.
( spoilers ici et là )
Deconstructing Woody.
Avec Annie Hall, Woody Allen réalise un de ses films les plus brillamment construits, dont la structure semble calquée sur celle de Voyage à Deux. Les deux films ont d'ailleurs en commun l'auscultation d'un couple à travers les années, faisant se correspondre diverses périodes de leur vie commune et en en ressortant l'ironie ou la complexité par exemple. L'ironie, celle de simplement voir deux êtres s'aimer puis se déchirer, assister à une rupture puis, par le biais d'un flash-back, revenir à un moment de complicité. Mais il y a aussi beaucoup de tristesse évidemment, surtout que parfois, le film procède à des répétitions qui montrent le caractère unique de la liaison entre Alvy et Annie ( la séquence des homards par exemple, une première fois signe de l'inouïe complicité qui les unit, puis la seconde, révélant la froideur et le manque d'affinités entre Alvy et sa nouvelle petite amie ).
Le scénario du film est un vrai modèle de fluidité dans sa manière d'alterner les époques et de créer des échos entre elles. Woody Allen ( et son co-scénariste ) déconstruit totalement son histoire, utilisant avec brio la grammaire cinématographique ( flash-back et flash-forward en l'occurence ). D'une manière plus générale, Annie Hall est un film qui ne cesse de faire exploser les conventions du cinéma. C'est évidemment les adresses du personnage d'Allen aux spectateurs, manière habile de créer une complicité entre lui et nous en même temps que - à vérifier - détail intéressant sur cet égocentrisme propre à Allen, sa manière caractéristique de ne parler que de lui à tout le monde. Et bien sûr procédé démiurgique - encore une fois narcissique - qui lui permet de dépasser les codes cinématographiques. A plusieurs reprises l'auteur génial du film nous rappelle que ce que nous voyons n'est qu'un film justement. L'étonnant paradoxe, c'est que ce que nous voyons a l'air bel et bien réel, terriblement sincère, donc proche de nous. Annie Hall est un film qui tout en révélant son caractère factice ne fait que creuser davantage sa veine émotionnelle.
Mais l'émotion naît aussi de l'interprétation de deux acteurs tout simplement formidables et de l'écriture des personnages, envers qui le spectateur éprouve un sentiment d'attachement intense tant ils semblent crédibles et grâce à l'alchimie éclatante qui les unit. Diane Keaton est d'une beauté absolue ( je veux une petite amie comme elle ! Enfin, je veux une petite amie
), donnant par ailleurs une consistance à son personnage en même temps qu'une légéreté qui définit à merveille Annie Hall. Woody Allen lui, fait ce qu'il sait faire de mieux : Woody Allen. Son éternel " double " de cinéma lui permet de disserter sur tout et rien ( donc sur rien, Jerry Seinfeld et Larry David sauront s'en souvenir une dizaine d'années plus tard ), avec évidemment un penchant prononcé pour le judaïsme et la culture. Et si l'on peut reprocher au film d'être parfois un peu trop bavard - ce qui est un comble chez Woody - par ailleurs on ne peut qu'admirer la constante inventivité dont fait preuve Annie Hall, dans son travail sur les non-dits, les fantasmes, l'imaginaire, dans sa façon à la fois profonde et simple de révéler la nature de ses personnages, à l'image d'une des premières rencontres entre Alvy et Annie, où les pensées se matérialisent à l'écran en même temps que les mots prononcés. Génialement audacieux. Je finis en parlant de ce questionnement permanent chez Allen de la frontière entre réalité et fiction, et surtout de l'interrogation visant à savoir lequel des deux est le mieux. Le réalisateur américain - comme plus tard dans La Rose Pourpre du Caire ou Harry dans tous ses états - semble suivre les pas de Truffaut en estimant que le cinéma est supérieur à la vie puisqu'il en est une amélioration. Le débat est lancé !
Drôle, intelligent, subtil, profond, bouleversant, sorte de Love Story bien plus réussi - ou de Voyage à Deux new yorkais - Annie Hall est un chef d'oeuvre de plus dans la filmographie d'un auteur incontournable dans le paysage cinématographique mondial. Grandiose et nécessaire.
9,5/10
Très bonne critique.
Dommage que le film n'a que peu de commentaires.
Marrant je viens de finir Hannah and her sisters.
film bien construit et bien mis an scene
Dans ma quête de découvrir un tas de cinéastes et un tas de films, je suis donc tomber sur Annie Hall.
Mais pourtant à la base j'avais des gros a prioris : Allen me paraissait, de loin, faire des films ennuyeux, avec que des dialogues, sans véritable fond...
Et c'est le cas. Mais le problème, c'est que c'est juste merveilleux. Donc ce n'est pas un problème en fait. Dès le début on est pris avec ce monologue énorme. Puis l'histoire arrive. C'est décousu, très décousu, et donc on suit une relation entre Woody Allen et cette Annie Hall. Déjà ce que j'adore, ce sont les petits "trucs" dans la mise en scène, très osés, mais parfaitement réussis.
Je pense évidemment aux confrontations réel/présent qui se font comme ça, lui Allen devant son passé et le commentant, ou alors demander son avis aux gens dans la rue... Puis genre la séance chez le psychanalyste des 2, avec l'image coupée en 2, et les 2 personnages qui se répondent... C'est énorme ça !
Voilà ces trucs ça me plait, c'est osé. Allen qui dit se souvenir de sa première copine, et bam on part dans 15 minutes dessus à tout va... Osé mais super. Et puis la discussion entre les deux, avec les doubles sous-titres ! Un sous-titre pour traduire leurs paroles, et un autre pour suivre leurs pensées en même temps... Qui peut faire ça à part Woody Allen franchement ?
Puis c'est aussi très drôle. Enfin lui surtout, au-delà du rôle qu'il joue (et au-delà de son côté très dépressif), il a le don de sortir des vannes dans le film vraiment énormes, qui m'ont littéralement plié...
Et puis, c'est aussi triste, et nostalgique, avec la fin par exemple. C'est beau également, comme lorsqu'on suit au début le couple se balader sur la rive avec le coucher du soleil au fond, donc là on est un peu dans ces "instants de vie" reconstitués, mais c'est superbement bien fait.
A la fois inventif et original sur la forme et profond dans le fond, sans de véritables ambitions mais traitant de superbe manière la simple relation d'un couple, ses drôleries, ses mésaventures, cela est surtout très réaliste. Jamais pompeux, toujours drôle, Allen choisit la dérision, et ça lui va à merveille.
Un excellent film donc, bourré d'idées, de New York à Los Angeles on est dedans, réaliste mais raffiné, drôle du début à la fin, léger mais qui a de vraies idées, autant sur le plan formel au niveau "cinéma" que sur les thèmes qu'il aborde, donc voilà une réussite sur tous les points, un très grand Allen, fascinant de bout en bout.
9/10.
Ah que ça fait plaisir ce genre de critiques
Tu as vu d'autres Allen ?
Match Point (très bien aussi) mais c'est tout pour le moment.
Les deux meilleurs pour moi
Si tu as aimé ces deux là, je te conseille Manhattan, Hannah et ses soeurs, Crimes et délits, Harry dans tous ses états et éventuellement Whatever Works (après y'en a un paquet d'excellent, il a une filmo très fournie).
Oui j'ai vu ça. Et oui là priorité ça va être Manhattan je pense, façon j'hésitais déjà entre Annie Hall et celui-là, donc après l'un c'est l'autre...
Mais vraiment très intelligent et très inventif, c'est un pur régal que de voir ça.
Manhattan est spécial, ce n'est pas mon préféré mais j'ai bien apprécié quand même.
Après Annie Hall faudrait que je le revois, ça fait longtemps et je crois ne pas avoir autant apprécié que ça. ![]()
Sérieux IMDbis ?
Oui faudrait que tu le revois, enfin il est vraiment génial, le style Allen est énorme je trouve. ![]()
Perso Annie Hall la première fois aussi ne m'avait pas plus plu que ça (mais ça date). Mais c'est vraiment du Allen a l'état pur !
Manhattan est peut-être un poil moins créatif, mais esthétiquement très réussi.
D'Allen j'avais seulement Blue Jasmine. Et c'était vraiment pas le grand kiff. Du coup je me disais qu'Annie Hall serait dans le même style, mais en mieux. Et franchement c'est assez éloigné. Ça joue beaucoup sur la diégèse et la non-diégèse, la relation avec le quatrième mur, etc... Et franchement c'était juste génial !
Ce film est très bon mais de là à gagner l'oscar à la place de 2001... ![]()
C'est pas comme s'il était sorti 10 ans après 2001
Tu dois confondre avec SW, et il l'a amplement mérité son oscar d'ailleurs.
Skymen
J'approuve
et Blue Jasmine c'est du Allen plutôt dramatique, or il a surtout fait des comédies, et Annie Hall c'est un peu sa comédie par excellence !
Merde attendez je me suis trompé dans mes calculs quantiques...
Oh mon Dieu, la blague, c’est ce truc qui a gagné face à 2001 ?
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=19987.html