A travers plusieurs affiches intrigantes et une réputation qui grandissait de jour en jour, The Master était clairement le film le plus attendu du début d’année 2013. A en juger par les critiques venues d'outre-Atlantique, The Master ne déçoit pas. 5 ans après There Will Be Blood, PTA revient (enfin) derrière les caméras en prenant au passage un autre revenant : Joaquin Phoenix. Ce duo qui s’annonçait explosif n’a laissé, au final, personne de marbre.
En effet, je vous le dis, The Master est un grand film qui confirme (s’il y avait besoin) la réputation de Paul Thomas Anderson. La mise en scène, complètement immersive, repose tout le long du film sur cet acteur de génie qu’est Joaquin Phoenix. De ses pertes de réalité à ses moments de vie les plus intenses, Freddie Quell est l’objet le plus captivant du film. Nous sommes happés par son déséquilibre pendant qu’il nous dévoile au compte-goutte ses doutes et ses espoirs.
Reposant sur le thème de l’influence psychologique (avec une référence certaine, mais non assumée, avec la Scientologie), The Master dévoile un jeu de rôle complètement oppressant entre Le Maître Lancaster Dodd (Hoffman) et son disciple Freddie Quell. L’envie de se détacher, l’envie de replonger, tout y passe dans cet affrontement obscur mais distant entre les deux protagonistes.
Cette histoire affolante sur la destruction et la reconstruction de la personnalité ne pouvait se faire sans le nez de Paul Thomas Anderson qui ne s’est visiblement pas trompé en engageant ces deux acteurs. Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix montrent à eux deux qu’une très grande interprétation n’est jamais bien loin (même si nous sommes habitués à cela avec ces deux acteurs.)
The Master, qui n’est finalement pas celui qu’on croit, s’impose dès ce début d’année 2013 comme un monument incontournable.
9/10