Enfin, j'ai lu le scripte ! 
Suffit juste de taper "Untitled Scientology PTA PDF" sur Google pour trouver un torrent décent.
ATTENTION SPOILER
C'est vraiment, vraiment un film intriguant.
Le scripte que j'ai lu était certainement le tout premier draft, il y avait vraiment peu de détails (même pour un scripte), des fautes de frappe et certains dialogues étaient écrits sous forme descriptive. Le trailer expose aussi des moments inexistants dans ce draft (une façon pour PTA de dire "fuck you" aux internautes ?
). Le personnage principal interprété par Joaquin Phoenix, Freddie, a l'air moins effrayant sur le papier et le film tourne principalement autours de son alcoolisme et de ses difficultés d'adaptation face au monde qui l'entour (il a un côté purement animal en lui, c'est une bête). Il souffre d'une forme de paranoïa (il à du mal à faire confiance aux gens, il croit qu'on lui veut du mal) et PTA pousse le côté psychanalytique encore plus loin en suggérant un homosexualité latente. Ce personnage est tout simplement fascinant. Le personnage de Philip Seymour Hoffman, appelé tout simplement "Master", est un mélange entre Daniel Plainview et Eli avec le côté faussement aimable en plus. Il a du mal à contenir ses frustrations et il est capable de piquer des crises de nerf si on le questionne trop sur son "culte" (il ne voit pas cela comme une religion mais plus comme une philosophie).
Les dialogues sont d'une très grande qualité, il y a un vrai talent dans l'écriture. PTA fait preuve d'une grande maitrise quand il s'agit d'échange de questions/réponses (c'est en cela que The Cause, la secte du Master, se rapproche le plus de la Scientologie). Je jubilais littéralement devant mon écran face au talent de manipulateur du Master. Tout comme There Will Be Blood, le film n'a pas vraiment d'intrigue, c'est plus un enchainement de scènes qui sont de véritables introspections dans la psyché des personnages. Il y a évidemment un questionnement sur la signification de la foi, de la religion aux yeux de l'humanité mais une fois de plus, ce qui compte ce sont les personnages.
Le film traite des thèmes tels que l'inceste, les espoirs perdues, les valeurs traditionnelles devenues presque inexistantes au profit du progressisme, l'importance qu'une femme peu avoir sur le comportement d'un homme mais aussi l'influence qu'un seul homme peut avoir sur une communauté entière. Mais finalement, le thème fondamental de ce film (et ça se ressent sur la scène finale qui est "anti-climatic" au possible) est le besoin qu'a l'homme de se raccrocher à une croyance. Le héros doute clairement de son "maître" mais il ne peut se résigner à délaisser ses croyances.
PTA peut difficilement foirer un film comme ça, à moins d'avoir un casting de merde (ce qui n'est apparemment pas le cas).
Bref, du très très lourd. J'pensais que la lecture de scripte allait calmer mes hardeurs mais je suis encore plus impatient qu'avant. The Master a dépassé Only God Forgives et est désormais numéro 1 dans la liste des films que j'attends le plus. 