Bon, je pense que ma note parle d'elle-même, j'ai adoré le film. Jane Campion parle d'un postulat assez académique, du moins en apparence, pour livrer une oeuvre réussie d'un bout à l'autre. Le film est beau, non seulement d'un point de vue formel, mais également dans sa manière à créer et renouveler l'histoire naissante entre les deux protagonistes. La réalisatrice évite à la fois le sentimentalisme indigeste et l'académisme un peu lourd qu'on aurait pu craindre (film en costumes traitant de l'amour, du deuil, de l'émancipation d'une jeune femme etc...), et au final l'oeuvre est habitée par une légèreté et une grâce constante. Cette légèreté est introduite dans le récit grâce à la photographie, très belle, à la composition soignée des plans et surtout à la mise en scène, par laquelle tout va passer. Campion parvient à rendre une certaine pureté et une certaine noblesse dans les sentiments qu'elle décrit. Bien sûr par les séquences en intérieurs, mais aussi par les quelques - superbes - séquences extérieures, bucoliques et poétiques (scènes presque malickienne d'ailleurs, ou rappelant les jardins privés de Marie-Antoinette dans le film éponyme de S.Coppola).
Et c'est en tout cela que le film est très beau : aucune gratuité, mais un regard (féminin ?) qui laisse constamment la violence des sentiments envahir l'écran sans jamais que ce ne soit explicite, hormis quelques scènes de baisers relativement chastes. Le film est très érotique mais à aucun moment vulgaire, tout passe par la suggestion. Et la relation entre Keats et Fanny gagne ainsi en épaisseur. L'actrice est très bien, je ne la connaissais pas avant ce film, mais à elle seule elle parvient à restituer une palette de sentiments de façon très noble et poignante. Bref, pas grand chose à redire. Grand et beau film.