Deux commentaires pour un film de cette qualité. Incroyable. Je me lance.
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Avant-propos : Ce billet-là ne pourra être considéré comme une critique. C’est volontaire. Au vu du peu de personne l’ayant vu. Je ne veux en aucun cas en entraver le plaisir que vous procurera ce film en le visionnant. Disons qu’il s’agit d’une non-critique à but promotionnel. Cela sonne plutôt bien.
Billy Brown. Photo avec un chien, il a 7 ans. Il sort de prison. Il appelle sa mère. Il ment. Il a envie de pisser, il cherche des toilettes, il trouve une fille. L’histoire commence, cette fille, incarnée par Christina Ricci sera Wendy. Fait rarissime, le protagoniste est incarné par le réalisateur lui-même, Vincent Gallo.
Les plans se succèdent, Billy Brown parle vite, très vite. Charismatique au possible avec une gueule ordinaire, l’intimité se met en place, un lien se créé. Un lien d’affection pour ce personnage au passé et au comportement non moins troublant.
Ses mensonges sont le produit d’une enfance peu ordinaire. Eduquer par des parents originaux ayant une perception non moins douteuse du cercle familiale. Billy ment. Il se créé un personne pour subsister, pour vivre. Misanthrope, rejeté par ses camarades, le second point induit le premier.
La construction d’une identité ainsi que l’apprentissage des mœurs sociales ne lui ont pas été inculquées. Ce qui amènera à des séquences somme toute coquasses. Ponctué d’humour, on se surprendra à rire de ses attitudes envers ses semblables.
La trame principale, une vengeance. Un prétexte, plutôt. L’histoire d’un adulte sans repère, sans amis, quasi-sans famille. Qui n’a pu se construire.
Une histoire d’amour des plus insolites. Amené d’une manière non moins original que l’est le personnage, c’est certainement l’un des plus belles histoires d’amour du monde cinématographique.
D’un point de vue purement technique, ce film est un bijou. Conceptuel. Les plans saccadés laissent place à de longs plans séquence d’une beauté pure. Le découpage donne l’impression qu’il fut effectué à la tronçonneuse. Des plans coupés, raccourcis, tronqués. Pourquoi ? Vitalité. Ce film file à vitesse grand V par moment. Ralenti lorsqu’il le faut. Mener de bout en bout, totalement maitrisé, on ne s’y perd pas une seule seconde. On respire, on expire, on apprécie, on se délecte de ce découpage.
Les souvenirs renaissent par incrustations de vidéos. Un film à l’intérieur d’un film une mise en abîme qui passe non moins par ces extraits vidéos que par la mise en scène théâtrale apportée par des scènes surréalistes au possible.
Elle, candide d’une violente beauté. Lui, l’adulte sans marque. Tous deux jouent vraies. Leurs prestations sont sans commune mesure. J’en redemande.
S’éloignant de tout carcans, Gallo use de procédés qui pourrait très rapidement plomber sa réalisation ; scène en slow-motion, plans tronqués, arrêt sur image.
Cela fonctionne. Cela fait l’effet d’une bombe poétique et violente que l’on prend en pleine gueule.
Vincent Gallo nous offre un ovni cinématographique trop peu connu du grand public. Pour une raison que j’ignore parfaitement par ailleurs.
Achetez-le. Louez-le. Volez-le. Téléchargez-le. Non, c’est illégal.
Regardez-le. Ce film est une merveille.