La collectionneuse je trouve ça sympa moi
Mais Perceval est à voir ![]()
T'entends quoi par moins rohmérien ? Oui c'est vrai que la forme y est soignée donc bon.
Je materai La Femme de l'Aviateur déjà, mais Perceval je pense pas aimer. Enfin je verrai, j'ai d'autres priorités en fait ![]()
Non mais Perceval the go pensait détesté et il a aimé ![]()
Les thèmes ne sont pas les mêmes (pas de marivaudage) le noir et blanc change tout par rapport à la couleur mine de rien, ça rend le film plus austère peut-être, et puis la form est un peu plus soignée.
La principale différence reste les thèmes genre discussions philosophiques omniprésentes qu'on retrouve assez rarement ailleurs dans son œuvre.
Ptain j'ai confondu avec "la cambrioleuse" ![]()
Je comprends pas pourquoi leprod persiste ![]()
Ben après avoir vu 15 Godard il en a trouvé un qu'il aime
Il en faudra peut-être autant avec Rohmer ![]()
Si j'aime pas un film d'un réal il me faut déjà du temps pour continuer, alors 3 ou 4 je crois que j'ai jamais fait ![]()
Je continue à m'infliger les comédie Apatow, les Bay, les Emmerich…
Mais go voir les nuits de la pleine lune leprodiss quoi... ![]()
Non mais reso toi t'es un peu masochiste c'est pas pareil ![]()
Non mais je " persiste " pas. Enfin je trouve le mot inadéquat quoi. J'en avais vu que 3 de Rohmer, avec son oeuvre je peux pas me prononcer sans avoir vu 5 ou 6 de ses films. Et puis même, pour sa propre culture cinématographique, c'est important de voir certains films d'un réalisateur si estimé ( je comprends toujours pas pourquoi d'ailleurs ).
VOIS LES NUITS DE LA PLEINE LUNE !
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Ca n'est pas à l'ordre du jour, désolé ![]()
D'entrée, le thème est posé. Gros plan sur une fille, entre les deux parties du maillot. On parlera de cul, d'amour, mais avec la patte de Rohmer, on parlera de cul couvert par un string de raffinement.
Et le film, c'est juste ça. Un huis clos avec un mec qui veut baiser une fille mais qui ne veut pas se l'avouer, mentant totalement au spectateur pendant une heure et demi en expliquant que la fille n'est pas assez noble pour lui, que sa morale est trop élevée pour faire parti de la collection de n'importe quelle cochonne qui enchaîne les hommes. Pourtant, Rohmer nous fait bien sentir par sa caméra qu'il crève d'envie de se la faire, la petite Haydee. Que son sourire angélique le fait craquer, qu'il est complètement obsédé par elle au point de passer son temps à essayer de mettre au point pseudo-stratagème, sensé être malin, sur analyse à côté de la plaque de la situation. Bref, il se ment complétement à lui même, et finalement, en tant que spectateur, la grande question est: va-t-il enfin prendre conscience de son vrai désir?
Le film mise tout sur ce huis clos oppressant, mais sans la longueur des dialogues de Ma Nuit chez Maud. Ici, l'action est étalée dans le temps, pour que le personnage principal puisse prendre le temps de disserter sur la situation, pour que le suspense s'installe, pour que le rythme chaloupé des vacances puisse s'imposer. Du coup, je me suis un peu reconnu dans le héros, du genre à cacher ses envies derrière une connerie et préférant soi disant la rêverie rousseauiste à l'action pure (pécho la nympho donc), alors qu'il crève d'envie de faire l'inverse.
Et c'est dans la rêverie qu'intervient le petit élément en plus du film: la Provence. Tout change quand ça se produit à l'ombre des grands arbres, entre les grandes battisses sobres et les étendues verdoyantes, entre la terre et la plage. La nature occupe un rôle prépondérant dans le film, et Rohmer excelle quand il faut filmer en extérieur. Et puis voir ces trois personnages bloqués dans cette grande maison, coincés dans le même salon entre lecteurs des œuvres complètes de Rousseau et d'une étude sur le Romantisme allemand, c'est juste jouissif. Une telle concentration de mensonges, de jugements ratés, de pulsions inassouvies, ça génère forcément un intérêt chez le spectateur.
Et puis les thèmes abordés, juste géniaux. Entre le dialogue introductif qui nous explique posément que les gens moches sont une insulte à l'humanité toute entière, et les scènes où Adrien disserte sur sa prétendue camaraderie avec Haydee en se faisant repoussé par elle, il y a toute cette réflexion sur le jugement moral, qui finalement se révèle être encore une fois l'arme du faible qui n'agît pas.
J'adore les contes moraux de Rohmer, mais celui-là, il arrive à déployer une tension érotique grâce à la simplicité du dispositif, mêlée à une ironie permanente, et ça lui confère une identité propre.
Rohmer est un génie. C'est incroyable à quel point il parvient à décrypter et à expliquer ce qu'il se passe dans nos têtes. On lui reproche d'ailleurs souvent de faire jouer ses acteurs de manière non-naturelle, pourtant ils sont on ne peut plus naturels, dans le sens où ils décrivent à haute voie tout le cheminement qui s'opère intérieurement. Tout tient donc dans ce qu'ils disent donc, et, comme toujours chez Rohmer, La Collectionneuse est formidablement bien écrit. Tout est extrêmement intelligent, terriblement vrai... Rohmer est un génie.
Un superbe film ! Très bien écrit, et donc, très bien dialogué. Nous assistons effectivement à un véritable conte moral.
Dans cette quête eudémonique, la sagesse stoïcienne et le plaisir épicurien s’affrontent, en quelque sorte. Nous spectateurs, sommes guidés par Adrien (qui guide le film par la bonne utilisation de la voix-off) par sa vie monacale, sage, intellectuelle… Le narrateur est Adrien, ici, il n'est pas omniscient. Et Adrien va voir son idéal moral être confronté à un autre idéal moral, qu’Adrien juge, à l’origine, comme étant un idéal dénué de moral. A quoi bon les plaisirs accumulés ? Mais le film est intelligent, et malgré le fait que ce soit à la première personne, jamais Rohmer ne sombre dans un certain dogmatisme, car il évite le piège du manichéisme et ne tranche pas la question. Deux idéaux moraux sont présentés, mais les deux sont légitimes. Et c’est en cela que le film est intelligent : tout est moral. Ce qui est frappant, c’est de voir à quel point l’idéal moral d’Adrien semble tenir sur un fil… Son ami, Daniel, est finalement plus sage dans la mesure où il a une conviction morale (du moins, avant qu’Adrien pousse Haydée dans ses bras), là où Adrien ne semble qu’happé par un désir de convenir à son idéal moral, sans en être totalement convaincu. Il est l’archétype du bourgeois. Il aimerait être cette personne plus qu’il ne l’est. Pas Daniel. J’aime quand Daniel affirme que ça lui plairait de déplaire à Haydée, cette collectionneuse d’amant, car cela renforce encore plus sa conviction morale ; en lui déplaisant, il constate qu’il s’inscrit directement dans sa ligne de conduite morale, et c’est presque une réussite de lui déplaire, réussite personnelle quant à son idéal morale. Et pourtant, Daniel ne condamne pas pour autant Haydée, puisque lui-même deviendra un énième amant dans la collection de Haydée. Car comme ne cesse de le rappeler Nietzsche, tout est moral… Mais, l’une des grandes questions posées par Rohmer est la suivante : qui a raison ? Personne, finalement. Et si l’eudémonisme devait s’affranchir d’un idéal moral ? Mais ce n’est pas possible. Ce qui est sûr, c’est que ni la sagesse stoïcienne, ni le plaisir épicurien ne gagne ce combat. Car la vérité n’existe pas ; encore une fois, comme ne le cesse de le rappeler Nietzsche, la vérité n’est que normative. Les valeurs sont normatives, elles sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont, pour le paraphraser. Il n’y a pas de vérité. Et la morale participe à la création d’une vérité illusoire. Mais pour Nietzsche, le sens moral précède La morale, qui aurait tué ce sens moral. Et ici, le personnage de Haydée ne réagit pas à l’aune de la morale (de même que Daniel), mais à l’aune de son sens moral, qui n’a pas encore été détruit car elle ne suit pas forcément les canons moraux instituées. Adrien, lui, semble plus ancré dans la réalité morale, et donc dans l’aliénation morale. Est-ce une question de classe ? Peut-être. Le propre du bourgeois, c’est de se conformer à un mode de vie généralisé. Il désire la bonne conduite morale, et là est toute la différence avec Haydée. Le véritable combat serait plutôt celui de la morale, incarnée par Adrien, face au sens moral, qu’incarne Haydée. Et dans ce cas là, c’est le sens moral qui l’emporte, car il se préserve des normes. Et Haydée n’intellectualise pas trop son sens moral, ce qui le rend d’autant plus authentique. Car en l’intellectualisant, comme à pu le faire Nietzsche, on ne peut arriver qu’à l’impasse de la déflation du vrai. Si plus rien n’est vrai, alors tout est permis ! C’est l’une des grandes idées de Nietzsche. D’autres thèmes sont très intéressants… J’ai adoré le passage où Adrien affirme qu’il n’aime pas penser, que pour lui, prendre un bouquin (Rousseau en l’occurence) ce n’est pas penser par son prisme mais par le prisme de Rousseau. Pour lui, il n’y a rien de plus douloureux que de penser uniquement par soi-même… J’arrive à le comprendre, même si je pense que parfois, il n’y a rien de plus beau, même si c’est effrayant. Il y a tout un tas de dialogues intéressants, qui abordent de grands thèmes… Les discussions sur la paresse et le loisir, avec Sam, à la toute fin du film, sont passionnantes également. Il y aurait tellement de choses à dire sur ce film !
Il y a donc un combat, comme dit plus haut, entre le sens moral de Haydée et la morale d’Adrien. Mais ensuite, ce combat entre Adrien et Haydée devient dialogue, devient un jeu. La confrontation presque brutale devient à la fois la douce et cruelle. Et tous deux ont ce point commun : la recherche du bonheur, quête eudémonique donc. Adrien se questionne, tous ses préjugés moraux et politiques sont remis en cause. Et le mépris se transforme alors en jalousie. L’écriture du film est brillante, vraiment brillante. Car c’est aussi un film avec une grande tension. On est propulsé dans une sorte de huis-clos, avec une importance capitale du dialogue, mais nous assistons aussi à des plans du beauté solaire, profonde, sans artifice... Les scènes non-dialoguées peuvent presque rappeler Pialat, quand il filme la nature. Les jeux de lumières, notamment, sont une grande réussite photographique. Et la tension du film est crescendo, car l'écriture dramaturgique est géniale ; dès le début, alors que Adrien méprise cette femme, en tant que petit bourgeois, on croit savoir comment cela va finir... Adrien succombera et tombera dans les bras de Haydée. Mais il n'en est rien. Chacun reste dans son rôle. C'est finalement Adrien qui a voulu transgresser sa morale, mais Haydée le refuse, pour rester dans sa liberté. Les dernières minutes sont magnifiques. La conquête eudémonique devient conquête de liberté, d’affranchissement moral pour Adrien. Mais qu’est-ce que la liberté totale ? Dostoïevski donne une définition assez juste de la liberté totale dans Les Frères Karamazov : « La liberté totale, c’est-à-dire envers soi-même. » Adrien arrive-t-il vraiment à être libre envers soi-même ? Arrive-t-il à s’échapper du dogme moral qui l’entoure ? Il le désire certainement, à la fin… Mais désirer, ce n’est pas acquérir.
La seule vérité de ce temps : « rien n’est vrai, tout est permis. », Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
De quoi me réconcilier avec Rohmer, un réalisateur que je n'appréciais guère il y a quelques années.
Rohmer est bien trop habile pour faire de son film une thèse en philosophie. Un essai sera toujours infiniment supérieur à du cinéma sur un même sujet, tout simplement parce que cette forme n'est pas adaptée, le cinéma reste le cinéma et cela Rohmer l'a bien compris alors il fait autrement. Il met tout sur la table comme à son habitude et montre comment les individus et non les personnages s'accommodent de la moralité, c'est à dire comme ils peuvent. La fin en est d'ailleurs une leçon de choses, Adrien pense avoir enfin triomphé mais le regardeur se rend compte que c'est une illusion.
Sinon dans les qualités de montage : le monologue en terrasse où la caméra pointe des femmes qui passent dans la rue puis toute la suite est magistrale.