"La révélation horrifique du moment, c'est Meat Grinder, un film thaïlandais sur une vengeance qui se mange froid, relevant un pari très audacieux : réaliser un plaisir coupable digne des catégories III d'Herman Yau avec une esthétisation proche du giallo.
Peu connue en France, la production fantastique thaïlandaise repose sur une variété de petits films qui racontent souvent la même histoire : la présence d'esprits vindicatifs («phii» en thaïlandais) qui viennent harceler des hommes et des femmes écrasés par la culpabilité. Encore aujourd'hui, le genre reste dominé par des cinéastes comme les frères Pang (The Eye) ou Songyos Sugmakanas (Le Pensionnat). Le plus prometteur, c'est Nonzee Nimibutr qui a beaucoup fait parler de lui à la fin des années 90 avec Nang Nak, ravivant le mythe d'une femme morte en plein accouchement qui cessa de tourmenter les vivants lorsqu'elle eut l'assurance de retrouver son mari. Ces réussites trahissent cependant des influences occidentales, reprenant des ficelles éprouvées pour les réactualiser dans un contexte local. D'un autre côté, ce sont les plus exportables parce qu'elles ne confrontent pas les spectateurs étrangers à une barrière culturelle.
Récemment, Thosapol Siriwiwat et Peerapan Laoyont ont essayé de dynamiter cet attrait pour le cinéma Thaïlandais avec Sick Nurses, un divertissement psychotronique, d'une violence inouïe, prenant le contre-pied d'une mouvance fantastique subtile où la suggestion prend le pas sur la représentation littérale de l'horreur. Dans un registre encore plus extrême, on peut se contenter de la série des Art of the devil. Récemment, il y a eu mieux : Meat Grinder, l'impressionnant mets de Tiwa Moeithaisong produit par Phranakorn Film, dont le style abrasif peut évoquer les films d'exploitation de Herman Yau (Ebola Syndrome).
Le scénario retrace le parcours d'une femme bafouée qui se venge des hommes l'ayant martyrisée en les cuisinant dans des soupes de nouille. Le style visuel très esthétisant témoigne d'une volonté d'expérimenter et de se démarquer du tout-venant. L'indonésie suit le même chemin que la Thaïlande avec le récent Macabre, des Mo Brothers (Timo Tjahjanto et Kimo Stamboel) qui constitue actuellement un phénomène. Remarqués par Brian Yuzna (Society) avec deux courts métrages (Alone en 2003 et Dara en 2007), les deux cinéastes suivent la mouvance du "frat pack" en s'aventurant entre le survival et le torture-flick à travers une histoire proche de Massacre à la tronçonneuse."
Source : dvdrama.com
Trailer : http://www.dvdrama.com/news-35278-preview-gore-meat-grinder.php
Affiche : http://www.dvdrama.com/galerie/meat_grinder_/1/