Salut tout le monde !
De tous temps, l'affiche de cinéma a...hum bon on va la jouer moins formel. Voici un topic qui servira à parler des affiches, à en faire une analyse pour voir comment elles se rattachent au film qu'elles sont censées représenter.
On commence avec celle de Public Enemies que voici :
http://www.allocine.fr/film/galerievignette_gen_cfilm=128515.html
1-L'époque mise en avant
2-L'Amérique
3-Johnny Depp isolé
1-L'époque mise en avant
Les vêtements de Dillinger, son arme, les voitures à gauche et à droite : l'affiche de Public Enemies ancre le film dans une époque passée. Le spectateur qui n'aurait pas lu le synopsis ne peut tout de même pas éviter l'affiche du film. En la voyant, le contraste entre l'époque contemporaine et un passé lointain est évident, et dès lors le film intègre le spectateur dans sa diégèse.
2-L'Amérique
Deux référents à l'Amérique : les drapeaux qui apparaissent sur la gauche, et les immenses buildings, trop immenses pour être vus entièrement. Si le commentaire social et politique de Mann n'est pas aussi poussé que dans Ali ou Révélations, un film comme Public Enemies s'attache néanmoins à décrire une certaine Amérique. Nous sommes au début des années 30, le Krach boursier hante encore le pays. Le contexte est évidemment très important ; le film se situe à un moment-charnière, et le personnage de Dillinger symbolise bien cela, lui qui continue à braquer des banques quand d'autres s'organisent de manière plus structurée. La nostalgie qui imprègne le film naît aussi de cet espèce d'âge d'or révolu pour les braqueurs. L'Amérique semble passer à autre chose, mais Dillinger résiste tant qu'il peut.
3-Johnny Depp isolé
Sur l'affiche apparaît le nom des trois stars qui jouent dans le film, soit Depp, Christian Bale et Marion Cotillard, dont il est précisé qu'elle a gagné un Oscar au cas où on l'aurait oublié. Le nom de Michael Mann est aussi présent bien sûr, mais la police d'écriture est beaucoup plus réduite pour lui. Ce qui est intéressant ici, c'est de constater la seule présence du mec de Vanessa Paradis, star internationale reconnaissable de tous ( les gosses ont vu Pirates des Caraïbes ). Ce qui étonne sur cette affiche est le passage d'un duo à une figure isolée. Depuis Heat, film tournant dans la carrière de Mann, la majeure partie des affiches de ses films était composée d'au moins deux personnages, du moins quand ces films avaient pour postulat de départ l'affrontement ou la coopération entre plusieurs personnages ( c'est pour cela que nous excluons Ali )
http://www.allocine.fr/film/galerievignette_gen_cfilm=14046.html
L'affiche de Heat en contient beaucoup plus, dont trois identifiables : Al Pacino, Robert De Niro et Val Kilmer.
Révélations réunit Russell Crowe et Al Pacino
http://www.allocine.fr/film/galerievignette_gen_cfilm=22767.html
Collateral associe Tom Cruise et Jamie Foxx le temps d'une infernale virée nocturne, mais seule la jaquette du DVD les réunit. Le film fait exception, et peut-être devons-nous attribuer cela à la figure de Tom Cruise
http://www.allocine.fr/film/galerievignette_gen_cfilm=53042.html
Jamie Foxx, absent sur l'affiche de Collateral, prend sa revanche en accompagnant Colin Farrell sur celle de Miami Vice
http://www.allocine.fr/film/galerievignette_gen_cfilm=34437.html
L'affiche de Collateral ( du moins en France ) est assez étonnante puisqu'elle exclut l'interprète oscarisé de Ray Charles ( au cas où vous l'auriez oublié ). Pourtant, le film repose sur son duo d'acteurs. Ici, comme nous l'avons dit, c'est certainement le statut de star absolue de Tom Cruise qui bouffe Jamie Foxx, au point de ne pas l'inclure sur l'affiche. Il est compréhensible de ne voir que Will Smith sur l'affiche d'Ali, puisque le film s'attache au portrait du boxeur. Dans Collateral ça n'est pas le cas. Mais revenons à Public Enemies.
L'histoire du dernier film de Mann est celle de John Dillinger, célèbre gangster américain, traqué par l'agent du FBI Melvin Purvis dans les années 30. Avant de voir le film, on comprend l'intérêt que Mann a trouvé dans cette histoire. Deux personnages principaux qui se complètent et/ou s'opposent, comme dans Heat, Révélations, Collateral et Miami Vice. Seulement le film s'attache plus à Dillinger qu'à Purvis, personnage que l'on peut tranquillement qualifier de " sous-développé ". Dans Public Enemies, c'est bien Johnny Depp qui crève l'écran. L'acteur y livre une prestation magnétique, amène à son personnage une beauté et un romantisme impressionnants. L'affiche semble donc faire écho au contenu intrinsèque du film ; elle ne trahit pas l'histoire, ni la manière dont Mann traite son sujet. Elle n'est pas l'émule de Collateral, et même si Depp est au moins aussi (re)connu que Tom Cruise, il est moins question de marketing ici. On pourrait chercher plus loin et se dire que Bale n'est pas sur l'affiche pour la bonne raison que le spectateur moyen ne le connaît pas ( Bale qui plus est, est un acteur-caméléon ). Certes les deux derniers Batman ont connu un succès phénoménal, mais dans les deux Nolan, Christian Bale porte un masque, alors comment le reconnaître ici ?
Finalement l'affiche de Public Enemies est représentative, et il est cohérent qu'à la manière d'Ali, elle ne présente qu'un seul personnage puisque c'est du destin de ce personnage dont il va être question principalement. Public Enemies est moins l'histoire d'une confrontation entre deux hommes qu'un portrait de John Dillinger. Sa " solitude " à l'affiche s'inscrit donc dans la logique du film de Michael Mann.